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 N° 531
 
 
 
    31 décembre - 4 janvier 2008

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Exmed fête ses dix ans

Photo de l'auteur Docteur François-Marie Michaut lui écrire

Vous vous rendez compte ? Dix ans de présence active sur la Toile, quel bail ! Autant dire une quasi éternité dans le monde non virtuel. Rassurez-vous, ce ne sera pas l’occasion de vous infliger un bilan digne d’un conseil d’administration. La masse des documents publiés sur ce site, et consultables par tous, se suffit à elle-même pour raconter toute la richesse de notre aventure passée.
Si nous avions constaté que nous avons retrouvé la confiance, restauré la conscience et renforcé la compétence dans le domaine de la santé, nous n’aurions qu’à nous retirer discrètement sur la pointe des pieds avec le sentiment d’avoir achevé notre rôle.
Nos milliers d’échanges avec les Internautes vont tous, hélas, dans le même sens : nous restons encore fort éloignés de ces trois idéaux. Il n’est pas question pour autant de baisser les bras. Exmed, loin de cultiver quelque passéisme que ce soit, se tourne vers l’avenir, celui des professionnels de la santé comme celui des utilisateurs de notre système de soins.

retrouver la confiance

Que regrettent principalement nos correspondants quand ils vivent ou voient vivre l'expérience de la maladie, et des soins de santé qui sont alors administrés ? Qu’est-ce qui met finalement le plus mal à l'aise les soignants eux-mêmes, ou, du moins, un grand nombre d’entre eux ? C’est ce qui est ressenti comme l’érosion du contrat de confiance qui semblait être un fondement indispensable de la rencontre entre soigné et soignant.
Certes, la complexification constante des méthodes d’investigation et la nécessaire spécialisation des interventions dans les méthodes de soins ont une tendance naturelle à mettre au premier plan des préoccupations des soignants la qualité technique de la médecine.
Autant il semble exister une confiance bien affirmée dans les possibilités thérapeutiques dont nous disposons, autant une plainte revient trop régulièrement pour pouvoir être écartée d’un revers de main. On peut la formuler ainsi : il existe dans tous les rouages de notre système de santé un déficit criant, non pas en argent, non pas en personnel mais tout simplement en humanité.
Si vous êtes considéré comme un robot, donc une chose, si vous êtes entre des mains qui ont tendance à se comporter comme des robots, la confiance ne veut strictement plus rien dire.

restaurer la conscience

Instruire sans fin le procès des défaillances réelles ou supposées de telle ou telle catégorie, avec des médias toujours en quête de juteux “scandales” ne mène à rien d’autre que des réformes de détail. Leur seul résultat est la réduction en peau de chagrin de la fragile liberté individuelle des soignants. Et la conséquence de ce climat général de défiance systématique est inévitable : les soignants, toutes catégories comprises, se dégoûtent de leur travail. L’épuisement professionnel, le fameux burning out, fait des ravages. Des spécialités médicales, comme la médecine générale, des modes d’exercice comme les praticiens hospitaliers, les infirmiers, les paramédicaux - et tant d’autres - connaissent un déficit démographique croissant. Comment s’étonner que nos jeunes ne veuillent plus consacrer leur vie à des métiers si peu valorisants quand ils sont sans cesse dévalorisés par nos zélés censeurs ?

renforcer la compétence

Le drame est qu’aveuglés et submergés par les aspects techniques et scientifiques de la santé nous n’avons encore jamais fait l’effort de définir dès le début des études quel est le sens des soins que nous donnons aux autres. Tout projet de quelque importance est inconcevable sans que l’on ait pris la peine de commencer par rédiger un cahier des charges.
Soigner les humains n’est pas une activité comme une autre, elle ne peut intervenir que dans un cadre avec des valeurs humaines bien définies. Ce cadre éthique doit être général - et non réservé aux seuls médecins - simple - pas comme le code de déontologie médicale avec ses 150 articles - et enseigné avec soin avant tout engagement dans des études, puis tout au long de celles-ci. Pas comme le serment d’Hippocrate, récité presque à la sauvette, quand le carabin a déjà achevé sa dizaine d’années d’études supérieures et qu’une grande partie de ses comportements professionnels est bien ancrée. Les jeunes doivent savoir sans ambiguïté quelles sont les valeurs humaines qu’il s’engagent à respecter tout au long de leurs études puis de leur future vie de professionnel. Aucune règle, nous disait un ami d’Exmed, ne peut être respectée si elle n’a pas d’abord été formulée, enseignée, comprise et acceptée.
Seulement voilà. Si sur les principes qui viennent d’être énoncés, un large accord peut probablement s’établir entre toutes les parties concernées - des plus officielles aux plus privées - une question demeure : comment établir ce cadre ? Et qui doit le faire ?

Et bien, puisqu’il faut que quelqu’un ait le courage de se jetter à l’eau ( au risque accepté ou d’être ignoré ou d’être descendu en flammes ) , avec l’aide active des amis d’Exmed pour son élaboration, nous allons avoir le culot de proposer à ceux qui le voudront un document intitulé la Charte d’Hippocrate dans la LEM spéciale qui paraitra ici la semaine prochaine.
Voilà comment nous voulons fêter dignement nos dix ans d’âge.



Pour ceux qui ne connaissent pas encore notre Charte d’Hippocrate.

Lien : http://www.exmed.org/archives08/circu532.html




Os court :« Appuyez-vous sur les principes, ils finiront bien par céder. »
Oscar Wilde ( transmis par Soize )


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