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LES COUPS D'OEIL DU JOUR              
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L'année Exmed 2010
Voici les coups d'oeil du jour de juillet, août, septembre 2010 déjà parus sur le site Exmed.




1 juillet 2010
La Sécu devant les tribunaux
Notre vieille dame nationale jouit depuis 1945 du monopole de l’assurance maladie. Cette assurance unique est imposée par la loi à tous les travailleurs, salariés comme indépendants.
Or, depuis 1992, les directives européennes interdisent toutes les situations de monopole dans ses états membres. Nous avons ainsi connu en France l’ouverture à la concurrence des télécommunications, de l’électricité, du gaz, et bientôt des postes et des chemins de fer.
Un certain nombre de ces << évadés de la sécurité sociales >> ont fait l’objet de poursuites et de condamnations. le Parisien du 30 juin qui évoque ce dossier parle de << tribunaux spécialisés >> sans préciser s’il s’agit des tribunaux des affaires sociales.
Un travailleur indépendant a osé saisir le procureur de la République de Paris pour porter plainte contre le directeur de la Sécu au motif de << discrimination >> du fait qu’on lui interdit de s’affilier à un autre régime d’assurance maladie que celui de la Sécu.
La justice devra donc dire si la situation de monopole de l’assurance maladie obligatoire reste toujours fondée quand les règles communautaires s’imposent aux nations.
La question est d’importance pour des millions de citoyens. Elle l’est aussi, c’est évident, pour les assureurs privés ou mutualistes. Elle l’est enfin pour tous les professionnels du soin de santé, qui ont bien trop largement tendance à considérer que la Sécu est leur unique employeur qui peut se permettre de les mener à la baguette. Pour le pouvoir politique, la gigantesque tirelire des cotisations de sécurité sociale conserve un pouvoir de fascination majeur.
Affaire à suivre, les intérêts en jeu sont explosifs.
Dr F-M Michaut

2 au 4 juillet 2010
Le dessin de Cécile Bour: Sauver et se sauver

5 juillet 2010
Non, ce n’est pas déléguable LEM 660
Quand on voit faire une stupidité, deux options sont possibles. Soit se taire, soit s'exprimer au risque de passer pour un mauvais esprit.  Quand il s'agit d'amputer le champ professionnel des médecins généralistes, sous le prétexte de les soulager d'une partie accesoire de leur travail, impossible de se taire.  Lisez la LEM 660 pour avoir la suite...  Dr FM Michaut

6 juillet 2010
Les virus doivent bien se marrer
A la une du Quotidien du Médecin du 01/07/2010
Ordonnance pour temps pandémique
Dans son rapport, qui précède ceux de l'Assemblée et du Sénat, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques propose 32 mesures pour améliorer la gestion des pandémies et restaurer la confiance du public. La mise à l'écart des généralistes est sévèrement jugée, de même que la participation du ministère de l'Intérieur à la campagne. Des états généraux de la vaccination, le renforcement de la place de la vaccinologie dans les études, un pilotage unique, la création d'un Haut Conseil de lutte contre le risque épidémique ou biologique et le développement de la recherche sont, entre autres, jugés souhaitables.
Une mesure supplémentaire eût enthousiasmé le corps médical, habitué à demander aux patients: " dites 33…33".
Curieux, quand même, que les dits rapports, de cet Office parlementaire, de l'Assemblée et du Sénat, aient mis si longtemps pour être pondus alors même que, dès les débuts de la gestion de la pseudo-pandémie, qui ne fut, finalement, qu'une épidémie somme toute plutôt banale, abondaient les critiques les plus virulentes, émanant de sommités du monde infectiologue !
On attend donc toujours que les erreurs, attendues, soient dénombrées, quantifiées, pour en faire état en sorte de mea culpa, mais, pendant cet étalage de regrets, la ministre est toujours là,indifférente semble-t-il aux critiques, soutenue mordicus par son patron, mais essayant de retrouver quelque audience en supprimant, valse mélancolique, un pas en avant, un pas en arrière, certaines obligations qui faisaient hurler le corps médical…en attendant peut-être un cruel remaniement ministériel à l'automne ! Mais, qui dit remaniement, dit aussi reclassement généreux, on déplace un pion ici pour le mettre là…
Gabriel, qui fait partie du public mais n'a plus du tout confiance, risque pandémique ou autre.
Dr G. Nahmani

7 juillet 2010
Si on économisait nos échecs
Une fois de plus, une fois de trop, la sécurité sociale annonce un plan de 2,2 milliards d'économie afin de réduire le déficit des dépenses de santé. Au passage dont nous chargeons sans états d’âme particulier le règlement à ceux qui viendront après.
Source : QDM du 6 juillet.
Que d’argent et d’énergie dépensons-nous en pure perte depuis tant et tant d’années. Que de bricolage hasardeux pour laisser croire qu’on peut encore sauver un système déjà mort.
Nous ne savons que trop qui paiera la note.
D’abord les assurés sociaux, ce qui, en toute inégalité, éloignera encore un peu plus les plus modestes d’entre eux des soins élémentaires.
Et puis, comme d’habitude, les professionnels de la maladie ( et non de la santé comme on le dit faussement ) qui subiront encore plus de contraintes et d’atteintes à leur liberté clinique de décision.
Le temps des illusions politiquement entretenues du modèle d’un système inadaptable fait bien des dégâts.
Toujours plus de la même chose diagnostiqueraient les systémiciens.
Dr F-M Michaut

8 juillet 2010
Cure d'austérité pour se soigner
Nous évoquions ici hier les tentatives de maîtriser les dépenses de soins en France.
Un travail du très officiel CREDOC montre qu’en 2010, ce sont 13% des Français qui réduisent leur recours aux soins de santé. Ce taux monte à 18% pour les ménages disposant de moins de 900 euros par mois. Source : Quotimed.com du 7 juillet 2010.
Aurions-nous pris conscience que nous avons tendance ( parfois) à abuser de notre système de soins ?
Ou bien, beaucoup plus vraisemblablement, le désengagement de la sécurité sociale pour rembourser ce qu’elle nomme le << petit risque >>, pour les patients le plus fréquent, exclut de fait des cabinets médicaux une partie de plus en plus importante de la population ?
N’importe quel médecin sait pourtant avec quelle discrétion s’installent les maladies les plus graves et quelle est la fréquence de la découverte de pathologies majeures au cours d’une consultation pour un motif bien banal.
A titre de comparaison, au début des années 1980, seuls 3% des Français étaient dans ce cas.
Dr F-M Michaut

9 au 11 juillet 2010
Le dessin de Cécile Bour: Au cabinet de radiologie

12 au 14 juillet 2010
A chacun son feu d'artifices LEM 661
Qui peut s’étonner que sur ce site, ce ne soient pas la poudre, les explosions sonores ou les effets visuels qui soient appelés en renfort pour célébrer la fête nationale ?
Nous nous appelons << expression >> ? Et bien suivons les traces de notre ami et complice Jacques Grieu, romancier et poète, pour vous offrir son bouquet délicat de mots précieux.
Pour notre plus grand plaisir, emboîtons-lui le pas vers la LEM 661.
Dr F-M Michaut

15 juillet 2010
Au rapport
C'est pas bien de rapporter, disait ma maman à l'adorable gamin que je fus un temps… très court !
Au Rapport, gueulait l'adjudant de service …
Nos politiciens ont dû recevoir, enfants, les mêmes reproches de leurs mamans, ils ont dû tous subir la hargne de certains petits gradés, c'est pourquoi, peut-être, en France, ON est si prodigue en rapports, autres que sexuels, en commissions, en élaborations (les plus saugrenues ! ): Le QDM du 12 juillet nous met au parfum:"  … Le Premier ministre a chargé le Dr Denis Jacquat, député UMP de la Moselle,« d’élaborer des propositions concrètes susceptibles d’assurer un déploiement national rapide et pérenne des programmes d’éducation thérapeutique ». Car « certaines incertitudes, concernant notamment le mode de financement ou l’organisation pratique de ces programmes, semblent de nature à entraver l’émergence de programmes de qualité ».
Le rapport du député confirme ces « incertitudes ». S’agissant du financement des programmes, « les dispositifs actuels, par leurs caractères expérimentaux et non pérennes, ne sont pas adaptés à une généralisation du dispositif », conclut clairement le député, qui suggère la rémunération par un forfait en ambulatoire et en établissement de santé, et écarte l’idée d’un fonds de concours spécifique à l’éducation thérapeutique du patient (ETP), « lourd administrativement et non attractif pour l’industrie pharmaceutique et biomédicale ».
Par ailleurs, l’enseignement de l’ETP doit être absolument développé dans les formations initiales des professionnels de santé. « Le médecin traitant doit trouver une place centrale dans le dispositif en orientant et en évaluant les besoins des patients concernés. L’offre devra être accrue en secteur ambulatoire afin d’offrir une offre de proximité, facilement accessible pour les patients, réalisée par des professionnels formés, selon des programmes conçus par des équipes pluridisciplinaires en associant les représentants de patients et approuvés par les ARS ………………"  
OUF, (comme aurait pu dire le chanoine KIR), les longues phrases ci-dessus ont un épouvantable pouvoir hypnotique pour moi, accompagnées de force bâillements à m'en luxer les mandibules.
Donc, un RAPPORT de plus pour montrer l'inanité de toutes les tentatives passées depuis des lustres pour essayer d'améliorer l'éducation clinique et thérapeutique des médecins et celle, nécessaire, des patients (dont se chargent depuis si longtemps bien des journaux et périodiques aux femmes, aux seniors, aux enfants, destinés.
Comme on ne voit quasiment jamais de résultats probants après toutes ces gesticulations oratoires et scribouillardes, n'est-on pas en droit de demander vers quelle énorme déchetterie sont recyclées les tonnes de papier, et aussi, alors que l'on met en avant, et en permanence, un certain déficit et la nécessité de faire des économies, combien est rémunéré le député en question ? Si quelqu'un le sait, peut-il nous le RAPPORTER, en douce ?
Gabriel-le-cafteur
Dr G. Nahmani

16 au 18 juillet 2010
Le dessin de Cécile Bour: Au pied de la lettre

19 juillet 2010
Il y a connaissance, connaissance et ... connaissance LEM 662
Avec les choses concernant la santé, qui que nous soyons, nous tournons toujours autour de l’énigme de la connaissance.Ou pour parler plus exactement, des différents types de connaissances. Connaissance de ce que nos organes des sens nous permettent de percevoir, cela va de soi. Connaissance de ce que les sciences et leurs alliées les techniques nous disent des médecines et des maladies. Pour simplifier, peut-être à l’excès, ce qui vient de notre cerveau ( hémisphère ) droit et ce qui nous vient de notre cerveau gauche.
Mais aussi, les complétant parfois, et ce qui reste largement négligé, connaissance d’un troisième type, capable d’intégrer et de transcender les deux premières. Permettez-moi de ne pas risquer d’hypothèse sur le siège neurophysiologique de cette capacité humaine. En tout cas, quelque chose qui a certainement une relation avec l’établissement de connexions entre toutes les structures de notre système nerveux central.
Tel est le thème fort complexe, à partir d’une histoire simple pour ne pas dire banale, que nous conte Max Dorra.
Son titre est déjà tout un programme à qui veut bien ouvrir ses oreilles, sa capacité de comprendre et son coeur :<< Enfance. Ralentir. >>
Bonne lecture
Dr F-M Michaut

20 juillet 2010
<< Les chaussettes >>
Vous qui prenez plaisir à fréquenter régulièrement ce site, vous savez combien nos amis et complices << exmédiens >> ont plus d’une corde à leur arc et aiment naviguer de discipline en discipline, comme en se riant des frontières.
Hier en fin d’après-midi, à la médiathèque Michel Crépeau, juste à quelques encablures du Musée maritime et de l’aquarium de la Rochelle, notre ami Armand-Paul était sur les planches avec la compagnie Nicodème. Il jouait, avec deux autres acteurs amateurs comme lui, un courte pièce de Pierre- Yves Millot, auteur contemporain ayant un faible pour les minimonologues et une appétence pour les situations loufoques.
Émile Chaussette, l’inventeur farfelu et méconnu, nous a persuadés que tout était dans la couleur des chaussettes qu’on choisit chaque matin. Chaussettes blanches, chaussettes bleues, chaussettes vertes, ou chaussettes noires, finalement tout est dans la chaussette.
Armand-Paul s’est tellement pris au jeu que, nous qui le connaissons bien, avons été pris au même jeu. Et, tel un pro, il a réussi à chauffer la salle, parvenant même, avec la complicité d’un délicieux musicien accompagnateur à faire chanter au public les vertus des différentes chaussettes.
Ce fut certainement un gros travail de monter ce spectacle, ce fut un beau cadeau que nous ont fait ceux qui ont mis tout leur coeur pour en faire un instant de bonheur simple et frais. Chaussettes noires... espoir !
Dr F-M Michaut

21 juillet 2010
Les épouses des polygames
La tradition de la polygamie demeure vivace dans de nombreux pays. Qu’elle puisse être tolérée par certaines religions comme l’islam ou interdites par d’autres comme le judaïsme ou le christianisme ne change rien aux conséquences psychologiques pour les femmes impliquées dans ce système.
Lola Shoneyin, poétesse née au Nigeria, a le mérite de rompre la loi du silence.
Dans The Guardian ( Londres ), elle démontre que ce sont toujours les femmes qui finissent par être broyées par ce système. Avec l’ordre chronologique des mariages, c’est toute une hiérarchie féroce qui se met en place pour évincer les autres, ou simplement pour ne pas périr, les enfants, demi-frères de sang, n’étant pas les derniers à être impliqués dans de complexes recherches de pouvoir et de reconnaissance.
Les symptômes décrits dans ce courageux témoignage - qui ne peut que heurter le machisme bien installé - ressemblent fort à ce qu’un médecin occidental diagnostiquerait comme des états dépressifs sévères. Bien entendu, non solubles dans une quelconque chimiothérapie, n’importe comment hors de prix pour elles.
Hélas, l’indifférence chronique pour ce qui se passe au delà de notre petit horizon national joue son rôle d’étouffoir.
Ces femmes ont-elles fait la moindre chose justifiant que personne, ou presque, ne se soucie de leur sort ?
C’est à découvrir dans le Courrier International n°1028 du 15 au 21 juillet 2010.
Dr F-M Michaut

22 juillet 2010
Ils ont osé joué la confiance
Le saviez-vous ? L’Amérique latine, depuis des années, enregistre une diminution des inégalités sociales qui ont toujours été son lot dramatique. La recette de ce recul de 1,1% par an entre 2000 et 2007 ?
Le fossé entre riches et pauvres ( qu’on se plaint de voir se creuser en Europe) s’est réduit de façon significative dans 15 des 17 pays étudiés par le programme des Nations unies pour le développement ( PNUD ).
Au lieu de faire appel à des agences bardées de consultants grassement rémunérés chargées de répartir à des gouvernements les fonds destinés au développement, comme la France le fait si invariablement en Afrique, une toute autre option stratégique a été choisie.
On a simplement donné de l’argent ( souvent fourni par des organismes caritatifs nord américains) directement aux familles les plus démunies. Libre à elles de le dépenser à leur guise pour améliorer leur sort.
Parallèlement, de grands efforts ont été faits pour développer les écoles et les rendre accessibles aux plus démunis.
Le résultat est spectaculaire, la qualification professionnelle a fait un bond en avant. Le niveau général d’instruction s’élevant en même temps que les possibilités financières, le recours aux soins de santé devient moins problématique. Sans parler du recul de la sous alimentation.
La commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes des Nations unies, malgré la crise vient même de relever son estimation du taux de croissance pour cette année de 4 à 4,50%. Source : Courrier international n°1028.
A méditer par les simples citoyens que nous sommes.
Dr F-M Michaut

23 au 25 juillet 2010
Le dessin de Cécile Bour: Augmenter les crédits aux hopitaux

26 juillet 2010
Suggestion estivale, LEM 663

Méfaits et bienfaits des usages et mésusages des rayons de notre étoile solaire hantent en cette saison les colonnes un peu vides des magazines.
Faire travailler ses mélanocytes pour engranger une précieuse vitamine D, pourquoi pas ?
Mais nos neurones ont également besoin de changer d'air.
Alors, voici une recette concoctée par un chef reconnu de la plume, et également, pour ne rien vous cacher, auteur d'un certain nombre de nos LEM.
Voici la présentation, pas du tout impartiale, du dernier roman de Jacques Grieu.
A vous de le découvrir, si ce n'est déjà fait, en consultant la LEM 663.
Dr F-M Michaut

27 juillet 2010
Avec quelle assurance
Et bien, avec l'assurance maladie obligatoire et unique made in France. Dans la capitale nationale des rillettes et des 24 heures à quatre roues réunies a été créé, admirez la dénomination, un << Club santé active >>.
Les assurés volontaires sont convoqués à un entretien de motivation, rien de moins que pour décrocher un emploi. Une fois la candidature acceptée, là, ça ne rigole plus du tout. Il y a obligation de participer à des ateliers animés par des spécialistes.
Comme l'objectif clairement annoncé est, une fois encore, de réduire les dépenses de santé, la Caisse primaire d'assurance maladie annonce sans rire qu'en extrapolant les économies réalisées à la nation toute entière, on réduirait de 200 millions d'euros les dépenses de soins. Source : Le Monde du 23 juillet.
Nous n'aurons pas la méchanceté de comparer ce chiffre taillé à la serpe, et bien optimiste, aux 27 milliards de déficit attendus pour l'année 2010.
L'histoire ne dit pas quel est le coût, pour les payeurs que nous sommes, de ce genre d'initiative.
Elle reste étrangement muette également sur le biais que constitue la sélection de ces clubmen, dont le comportement est probablement fort différent de l'ensemble des assujetis sociaux. Quant à la question de savoir si les gens soumis à ce coaching comportementaliste se sentent ou non en meilleure santé, elle semble hors sujet.
Dr F-M Michaut

28 juillet 2010
Notre monde est foot
<< A deux mois d'un remaniement probable du gouvernement, Roselyne Bachelot reste très bas dans plusieurs études d'opinions publiées à la veille du départ en vacances des membres du gouvernement. La ministre de la Santé et des Sports pâtit du désastre du Mondial de football. Mais cette petite cote rend sa position peu confortable pour la rentrée. >> , c'est ce qu'a écrit le 26 juillet 2010 Le Généraliste
On appréciera la formule << pâtit…>> ! à force de pâtir, elle finira peut-être par… PARTIR ?
Désastre du mondial de football ? Les étoiles des Bleus et de la Rose se terniraient, rapidement pour les uns, lentement pour la Dame ?
Désastre << sportif >> infiniment plus préjudiciable pour l'honneur du pays et d'une ministre de la Santé et des sports que la désastreuse campagne de vaccination ?
J'imaginais naïvement que les marées noires du Golfe du Mexique, que les crues de Vendée et du midi PACA, que l'assassinat programmé d'un vieil homme dévoué à l'humanitaire et que tant d'autres abominations et catastrophes pouvaient justifier le mot <<désastre>> ! Certains perdent leur poste pour avoir fumé trop de cigares aux frais des contribuables, d'autres par maladroits coups de pieds sur un ballon rond qui ne leur a rien fait, entre nous !
Notre monde est bien Foot !
Dr G. Nahmani

29 juillet 2010
Pas morte du tout la dive bouteille
Les ayatollahs de la santé publique vont en sauter au plafond, le docteur Rabelais dans sa tombe va s'en tordre de rire.
Voilà que des chercheurs britanniques viendraient de démontrer qu'une consommation régulière d'alcool nous mettrait un peu à l'abri de la redoutable polyarthrite rhumatoïde. Et même que ceux qui sont atteints de cette maladie seraient améliorés par les boissons fermentées ( Quotidien du médecin du 28 juillet).
Information scientifiquement démontrée ou non, ce n'est pas le propos ici, c'est une fois encore la preuve que diaboliser une molécule comme on a coutume de le faire, est s'exposer à des démentis cruels.
Dont, bien entendu, profitent sans vergogne ceux qui vendent ces boissons alcooliques comme ceux qui ne rateraient pour rien au monde un louable prétexte à vider leur verre favori coutumier.
A notre santé, lecteurs.
Dr F-M Michaut

30 juillet au 1er août 2010
Le dessin de Cécile Bour: Comme des sardines

2 août 2010
Pas question de trêve estivale LEM 664
La technique envahissante permet de pouvoir suivre ce qui se passe sur la Toile même en vacances.
Alors, comme on a quand même un peu plus de temps pour penser tranquillement, nous proposons une LEM qui cherche à aller au delà de la course aux événements et des actions éclair spectaculaires pour réfléchir calmement au devenir de notre médecine de tous les jours.
Son titre ? << Le prix du mépris >> . A découvrir, et surtout à ne pas hésiter à faire suivre aussi largement que possible si cette analyse vous semble pertinente. Et, comme toujours, à la disposition de chacun pour échanger des avis.
Dr F-M Michaut

3 août 2010
Vous avez dit inégalité?
Samedi 31 juillet 2010, régulation téléphonique de 12 à 20h aux Urgences de Verdun, pour toute la Meuse ( département étendu). 
Grève des pharmaciens: QUATRE pharmacies ouvertes pour le week-end pour TOUTE la Meuse.
Comment doivent faire les patients dont l'état a conduit le médecin de garde à se déplacer chez eux, parfois de 40 km…pour avoir les médicaments prescrits…quand la pharmacie de garde est aussi très éloignée et à l'autre bout du secteur ?
Paris, boulevard Edgar-Quinet: une pharmacie en face du cimetière Montparnasse est ouverte 24 h sur 24, 7 jours sur 7. 
Les patients de la région verdunoise, eux, devaient aller à quelque 20 km pour être servis…
Égalité pour tous les citoyens ? Grandes agglomérations, pas de problèmes, petits patelins ou autres cambrousses, gros problèmes, démerdez-vous!
Rages dentaires ? UN dentiste de garde uniquement le dimanche matin…
Inégalité avérée.
Dr G. Nahmani

4 août 2010
Carabins, ce qu'on vous cache
Tant qu'on n'osera pas apprendre aux apprentis médecins la vérité dès leur première année en faculté on n'aura strictement rien fait pour que les choses changent.
Esquisse rapide des conflits d'intérêt dans lesquels nous sommes empétrés jusqu'au cou.
n°1 : un médecin n'a qu'un seul et unique employeur : la personne à qui il donne ses soins. Donne et pas vend, nuance majeure.
n°2 : la direction des hôpitaux publics comme privés n'a aucun droit d'interférer dans les décisions et agissements des soignants
n°3 : les assureurs, et en premier lieu la sécu et les mutuelles, n'ont aucun droit de se poser ouvertement ou indirectement comme les employeurs des médecins
n°4 : les industriels du médicament n'ont aucun droit d'interférer dans les décisions médicales, notamment en tenant sous perfusion financière quasiment toute la presse médicale dans notre pays.
La liberté et la qualité d'information, comme toute chose, doit se payer à son juste prix.
Mais, un corps enseignant aux mains exclusives de fonctionnaires de la fonction publique peut-il parler aussi librement ?
J'en doute fortement, dix mille fois hélas !
Au fait, ce monopole soviétiforme de la formation des médecins est-il acceptable par les citoyens européens au 21 ème siècle en France ?
Dr F-M Michaut

5 août 2010
Un si petit moustique
La Côte d'Azur est colonisée, outre par ses touristes, par un nouvel insecte piqueur bruyant. Nos anophèles habituels, capables de transmettre le paludisme comme chacun le sait, sont concurrencés par leurs cousins ( c'est le cas de le dire ) les Aedes. Et nos autorités sanitaires de craindre la survenue de cas de chikhungunya en Provence-Alpes-Côte d'Azur, comme en ont connu des départements d'Outre-mer ( Pratis TV du 3 août 2010).
Le portail officiel du gouvernement de Côte d'Ivoire en date du 28 juillet 2010 nous informait qu'il avait quelques soucis avec le même Aedes. Là, il s'agit d'une double épidémie, encore modeste mais scientifiquement démontrée de dengue et de fièvre jaune, deux redoutables maladies virales pouvant être mortelles dans 10 à 20 % des cas.
Ont été atteintes les régions d'Abidjan, de Grand-Bassam et de Bouaké.
Quelques heures d'avion, il n'y a pas de quoi faire peur à un moustique.
Nous attendons avec la plus grande curiosité comment sera appliqué le trop fameux principe de précaution.
Une grande campagne nationale de vaccination contre la fièvre jaune, par exemple ? Ou un nouveau vaccin antigrippal new look et anti fièvre jaune développé en quelques semaines par les industriels du médicaments en mal de nouveau marché ?
Affaire qui ne manque pas de piquant, n'est-ce pas ?
Dr F-M Michaut

6 au 8 août 2010
Le dessin de Cécile Bour: En guise de réponse

9 - 10 août 2010
Vacances studieuses LEM 665
C'est au coeur de l'été que se passent souvent des choses de grande importance, bien souvent de nature à ne pas faire plaisir aux citoyens.
C'est ainsi que nos élus nationaux, qui semblent en l'occurrence avoir fait part d'un esprit critique auquel il ne nous ont guère habitués, vont dire ce qu'ils pensent de la façon dont le gouvernement a agi au cours de la pandémie grippale.
Gabriel Nahmani nous en livre sa vision très personnelle, et musicale, dans la LEM 665.
A déguster sur la plage avec une bonne glace à ce que vous aimez !
Dr F-M Michaut

11 août 2010
Auto-dérisoire
Entendu à France Info le 5 août. Deux pauvres automobilistes se sont fait poursuivre par des véhicules de police gyrophare et sirène en action. Dûment arrêtés, ils ont été menotés séance tenante. Pour s'entendre accuser d'être au volant de deux véhicules volés en Italie. Et de tomber des nues car ils étaient propriétaires des autos en question.
Effectivement les plaques d'immatriculation étaient strictement semblables. A un détail près, bien difficile à percevoir dans une course poursuite de ce genre.
Le système de numérotation des véhicules est le même en France qu'en Italie. Nous avons juste en France, en plus, deux petits tirets séparant les deux groupes de trois lettres encadrant les trois chiffres centraux.
Qui a copié l'autre, qui a oublié de penser à ce type de confusion ? En tout cas, et sans même sourire, les autorités policières ont annoncé que dans quelques mois le logiciel européen d'enregistrement des immatriculations des voitures volées tiendra compte de la présence ou de l'absence des ces fameux tirets.
En médecine, il serait question de diagnostic différentiel.
En matière de police et d'administration à l'heure de l'Europe, il est plutôt question de se tirer le moins mal possible de cette affaire de tirets qui ne peut qu'attirer quelques quolibets pas tirés par les cheveux.
Dr F-M Michaut

12 août 2010
L'eau du bain
Vous vous souvenez du mensonge autour du nuage de Tchernobyl qui se serait arrêté aux frontières de notre pays ? Quelques années plus tard, on avait appris que le nuage ne s'était pas gêné pour traverser la France et qu'il aurait été à l'origine de nombre de cancers de la thyroïde.
Le mensonge à la Tchernobyl se réitérerait avec la qualité des eaux de baignade du littoral méditerranéen après les inondations sans précédent du Var du 15 juin dernier. C'était à quelques jours avant le début de la saison estivale. Après avoir relaté les inondations en long et en large, depuis le 30 juin, les médias locaux et nationaux restent étrangement muets sur les possibles effets sanitaires de ces intempéries dans le Var et le département limitrophe des Alpes Maritimes. Car avant la santé publique, c'est d'abord une histoire à la Picsou.
La préfecture a fait état d'un bilan 234 morts dans cette catastrophe naturelle. Des milliers de bêtes ont été englouties par les eaux. Un cheval puant s'est échoué sur les plages de Saint Aygulf ainsi que des carcasses d'animaux sur les plages de Saint Raphaël. Sans compter les débris d'habitations, de carcasses de voitures, et de composants chimiques hautement toxiques charriés par ces pluies diluviennes qui se sont également déversés dans la mer à quelques jours de l'arrivée des vacanciers.
Et ainsi que le souligne la journaliste Annabelle Hautecontre « oui, tous ces morts - humains et animaux - ont la plupart du temps fini dans la mer. »
Le drapeau rouge avait bien été hissé sur les plages mais sous la pression des commerçants qui font surtout leur beurre l'été, il passa au vert le 30 juin. En 15 jours la pollution aurait été éliminée? Difficile à croire…
Les autochtones, eux, observeraient depuis le 15 juin les dommages collatéraux de ces intempéries sur la santé de ceux qui sont en contact avec les eaux de baignades du littoral entre Saint Raphaël voire Mandelieu et Cannes.
Les urgences de l'hôpital intercommunal de Fréjus-Saint Raphaël battraient des records de fréquentation en pleine saison estivale. Du jamais vu ! 1000 pour cent de cas de staphylocoques dorés, hépatites en rafale, gastroentérites, boutons et cloques en pagaille et autres joyeusetés. Ce sont principalement les enfants, plus enclins à boire la tasse et à mettre la tête sous l'eau, qui sont touchés par ces troubles. Certains médecins hospitaliers recommandent à qui veut l'entendre de ne pas se baigner entre Sainte Maxime et Saint Raphaël. Pas un seul Raphaélois ne se baignerait dans la mer et les courants portant à l'est, il semblerait que ceux qui se baignent dans les eaux de Mandelieu soient aussi touchés par ces troubles.
Rumeurs ou réalité? Lorsqu'on regarde les commentaires rattachés à la source (parfois controversée) de ce CO "Scandale dans le Var et quarantaine oublié", ils recoupent en partie ce qui vient d'être écrit les conséquences sanitaires.
La propreté, la salubrité et la qualité des eaux de baignade relèvent des pouvoirs publics. Et lorsqu'on regarde les sites officiels sur la qualité des eaux de baignade du coin tout est idyllique. Pas de conflits d'intérêt avec les politiques de la région PACA, les commerçants?
Le principe de précaution brandi pour la grippe AH1N1 n'aurait-il pas été justifié ?
Nicole Bétrencourt
Sources
Annabelle Hautecontre, Scandale dans le Var et quarantaine oubliée
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article7196

13 au 15 août 2010
Le dessin de Cécile Bour: A chacun ses ailes

16 août 2010
Lettre ouverte à Elisabeth Hubert LEM 666
Utilisons sans vergogne le vide que provoquent les bien nommées vacances pour tenter de faire entendre une autre voix à la personne qui est chargée de faire remonter au plus haut niveau de l'Etat des idées pour sauver notre médecine d'exercice dit libéral ou << de proximité >>.
Chacun de ceux qui nous font l'amitié de suivre régulièrement nos publications sait parfaitement que nous ne faisons ici aucune distinction de nature entre les différents modes d'exercice, et que ce qui peut être envisagé pour la médecine de ville ne peut qu'être salvateur, par ricochet, à la médecine salariée et à la médecine hospitalière dont l'état clinique n'est guère brillant.
Alors, à vous de lire la LEM 666 : Si on veut des médecins demain, et si cela vous semble le mériter, de faire lire aussi largement que possible autour de vous. Comme les virus les plus méchants, les idées fécondes peuvent aussi, si le terrain est favorable, présenter une remarquable contagiosité.
Dr F-M Michaut

17 août 2010
Les bactéries font du terrorisme
   Lu ce jour 12/08 dans le NouvelObs du soir et dans FuturaScience: " Une bactérie résistante à presque tous les antibiotiques a été découverte dans des hôpitaux du Royaume-Uni, d'après une étude publiée mercredi 11 août par la revue britannique The Lancet Infectious Diseases. 37 patients britanniques contaminés ont été identifiés. Certains avaient voyagé en Inde ou au Pakistan pour y subir une opération de chirurgie esthétique.
   Le premier cas d'infection par une entérobactérie, productrice d'une enzyme de type "New Delhi métallo-beta-lactamase" (NDM-1), a été identifiée en 2009 par Timothy Walsh, chercheur à l'université de Cardiff (Royaume-Uni), chez un patient suédois qui avait été hospitalisé en Inde.
 Propagation mondiale:   Une éventuelle propagation rapide et massive de cette nouvelle génération de bactéries inquiète la communauté médicale. "Le NDM-1 a un fort potentiel de se transformer en problème de santé publique mondial et une surveillance coordonnée est nécessaire", avertissent les auteurs de l'étude.
"L'Inde offre de la chirurgie esthétique à d'autres Européens et Américains et il est probable que le NDM-1 se répandra dans le monde" ont-ils ajouté.
 "Superbactérie":    Le NDM-1, qui touche les poumons et l'appareil urinaire, résiste à pratiquement tous les types d'antibiotiques, y compris les carbapénèmes, généralement réservés aux urgences et au traitement des infections multi-résistantes.
"Avec ce genre de bactérie, nous avons presque épuisé les antibiotiques. Seuls deux peuvent les combattre et l'un d'entre eux n'est pas très efficace. Il n'y aura pas de nouveaux antibiotiques disponibles dans dix ans. Si l'ont permet à ces infections de se poursuivre sans traitements appropriés, on verra sans doute une certaine mortalité", a souligné Timothy Walsh dans une interview à la BBC.
   Pourvu que cette inquiétante information échappe aux responsables ONUsiens et aux Ministres de la Santé ( je n'ai cité personne), sinon nous aurions droit très rapidement à une déferlante de messages accrocheurs et un excès de conseils préventifs:
Si vous voulez subir une plastie nasale ou mammaire ou même "monpaire", choisissez de la faire exécuter ailleurs que dans ces pays, d'autant que la saison actuelle avec les pluies diluviennes et les crues qu'elles génèrent, n'est guère propice aux déplacements à visée esthétique.
Pourquoi vous faire opérer ailleurs que chez vous ? Pour payer moins cher ? Mais, le prix du voyage et celui de l'hébergement et des suites médicales avec la surveillance qu'elles imposent !! et le coût des hospitalisations ici en cas d'atteinte NDM-1 !
Quoi dire de plus ?  Déplorer l'excès de nouvelles à sensation, de dithyrambes journalistiques repris alors par toutes les communautés scientifiques avec bénédiction onusienne et intervention ministérielle et éventuelle épidémie de névroses anxieuses…En aurait-on l'habitude en France ?.
Dr G. Nahmani

18 août 2010
Imaginaire et science
En apparence, rien n'est plus antinomique, et nos sociétés qui se veulent gouvernées par les sciences sources de toutes les techniques, professent un mépris implicite pour tout ce qui est du domaine de l'imaginaire.
Et pourtant, plus que jamais, ce qui est nommé science-fiction gagne peu à peu des galons dans le domaine de la ( faut-il dire des ) littérature(s). En particulier dans le continent sud américain.
Besoin de pouvoir imaginer un avenir ? Nécessité d'exorciser nos peurs devant l'envahissement des techniques ? Réservoir d'associations nouvelles entre des connaissances déjà établies ? Soupape de sécurité pour un rationalisme sclérosant ?
Les questions abondent. Courrier International en a fait de façon très significative et mondiale son supplément d'été ( 1030 à 1032 ).
Laissons le mot de la fin à Eugène Ionesco qui se réservait << le droit de douter de l'esprit critique de ceux qui sont incapables de justifier pourquoi Racine est supérieur à Conan Doyle >>.
Notre confrère Watson eût alors répondu : << Elémentaire, mon cher Sherlock Holmes >> !
Dr F-M Michaut

19 août 2010
Le salaire de la peur
Dans son édition du 12 Mai 2010 le journal Nice Matin a rapporté une décision de la Cour de cassation concernant le versement d'indemnités de plusieurs milliers d'euros par personne aux 17 employés d'une société papetière pour le fait que:
ces salariés se trouvaient dans une situation d'inquiétude permanente face au risque de déclaration à tout moment d'une maladie liée à l'amiante et étaient amenés à subir des contrôles et examens réguliers propres à réactiver cette angoisse.
   Il est intéressant d'essayer de comprendre ce qui a conduit les magistrats à prendre cette décision de justice et ce d'autant qu'elle a été peu commentée par les médias et qu'elle peut désormais faire jurisprudence .
   L'amiante est un minéral à texture fibreuse utilisé depuis le XIX siècle dans l'industrie et connu depuis le début du XX siècle pour induire chez les travailleurs et leur entourage soit des signes d'imprégnation thoraciques sans conséquence médicale mais témoignant du contact avec la fibre (plaques pleurales détectées par la radiographie du thorax) soit des pathologies chroniques sévères de l'appareil respiratoire (Fibrose pulmonaire, Cancers Broncho-pulmonaires et Pleuraux). Dans ces cas l'installation des symptômes est habituellement longue en moyenne 25 à 30 ans. La détection des pathologies liées à l'amiante est donc tardive, particulièrement anxiogène puisque le risque encouru est '' tout ou rien'' et que par ailleurs la contamination peut se faire sans que le sujet ait connaissance de son exposition au risque. L'interdiction d'utiliser l'amiante a donc tardé à se généraliser, d'une part du fait  de ses propriétés remarquables (flexibilité, légèreté, résistance à la chaleur, aux agressions électriques et chimiques, résistance à la tension) et de ses multiples applications industrielles, d'autre part du fait de l'absence de matériaux de substitution, et de l'influence de puissants lobbies miniers intéressés à maintenir son exploitation. Ainsi, ce n'est qu'à partir des années 1980-90, sous la pression des Associations des victimes de l'amiante, que de nombreux pays interdiront définitivement son utilisation. Durant toutes ces années, l'indemnisation en France des victimes de l'amiante a souvent failli , et toujours tardé, nul ne peut le contester, mais conjointement à cette reconnaissance tardive, et malgré la mise en place d'un suivi au long cours des personnes exposées au risque , de lois sur le désamiantage des bâtiments anciens, ou la création d'un registre exhaustif des cas (1996,) la suspicion s'est installée dans tous les esprits.
Aujourd'hui un doute potentiel persiste et dans la décision de la cour de Cassation que nous rapportons. C'est bien la persistance de ce doute et ses conséquences psychologiques qui sont reconnues aux victimes. Cette décision peut surprendre le monde médical par ses raisons et ses conséquences car la justice reconnaît pour la première fois un risque potentiel futur permanent.
Comment comprendre ce jugement sans prendre en compte le préjudice lié à l'hypothèque d'une vie, à l'épidémie de ''névrose anxiogène'' créée par tant de confusion ? Mais comment ne pas penser aussi que la justice vient d'ouvrir là une nouvelle boite de pandore ?
   Si on cherche dans ce gâchis ce qui à conduit à cette décision, on peut évoquer des raisons économiques ou le défaut de connaissances médicales, les manquements au respect du droit, de l'éthique ou de la morale. C'est surtout, comme dans beaucoup d'autres affaires voisines (sang contaminé..), avant tout un défaut dans la qualité de la communication et de l'information.
Un nouveau mode de communication avec les citoyens, les patients comme avec et entre les professionnels de santé, doit être réinventé aujourd'hui si on veut renouer la confiance entre patients, prestataires, institutions.
   En corollaire ces citoyens << éclairés>> pourraient orienter les politiques lors des choix nécessaires permettant d'adapter notre système de soins aux nouveaux besoins .Cela pourrait bien être un des objectif sprincipaux des Universités Professionnelles Virtuelles des Soins de Santé ( UPVSS) qui sont été évoquées dans la LEM 666.
Dr Bruno Blaive

20 au 22 août 2010
Le dessin de Cécile Bour: As trop logique

23 août 2010
Enfoncer le clou LEM 667
 La rédaction de nos LEM ( lettre hebdomadaire d'Exmed) est volontairement limitée au format d'une page A4, afin d'en rendre la lecture plus aisée aux internautes pressés.
 Certains sujets sont d'une telle importance à nos yeux que nous avons le besoin d'y revenir en les étudiant sous un autre angle. Ainsi en est-il de la LEM 667 de Bruno Blaive qui vient compléter la LEM 666 parue la semaine dernière.
Nous continuons à travailler ensemble ce que pourrait être une université virtuelle des métiers du soin de santé, et à la faire sans nous enfermer dans des enceintes interdites au public.
A vous de juger L'éducation thérapeutique par le web.
Et de donner votre point de vue, si vous voulez bien faire cet honneur aux auteurs qui, vacances ou pas vacances, travaillent pour vous.
Dr F-M Michaut

24 août 2010
De plus en plus dengue
Il a déjà été question ici ( CO du 5 août : Un si petit moustique ) d'un certain Aedes Aegypti. A la Martinique, ce moustique tigre, est responsable d'une épidémie de Dengue qui dure depuis des mois. Il s'agit en fait de fauve d'un insecte domestique qui se reproduit remarquablement dans la moindre eau stagnante laissée à leur disposition par les humains à la courte mémoire.
Jadis on n'hésitait guère à bombarder d'insecticides, genre DDT, des contrées entières. C'est ainsi souvenons-nous que le littoral languedocien est devenu vivable pour les touristes.
Puis est venue, pour de sérieuses raisons écologiques, l'interdiction des insecticides organo-fluorés.
Cela a-t-il modifié pour autant le comportement des hommes pour éviter de se faire massacrer par ces bestioles ? Même pas. Nous nous sommes jettés sur de nouveaux produits, de plus en plus chers, proposés par l'industrie chimique, alors que les bestioles mettaient en oeuvre toutes leurs ressources d'adaptation pour survivre à ces nouvelles armes.
Vous avez dit bêtes ?
Dr F-M Michaut

25 août 2010
Les yeux plus grands que la bouche
 A Taiwan, on mange des hamburgers impressionnants. Le seul problème est que celui qui veut mordre à belles dents ce chef-d'oeuvre du fast-food chinois, doit disposer d'une capacité d'ouverture de la bouche de 8 centimètres ! Les stomatologistes et autres rhumatologues constatent de sévères lésions des précieuses ( et si facilement luxables ) articulations temporo-mandibulaires ainsi surmenées. Monsieur Hsu Ming-lun de l'université nationale Yang-Ming ( selon le China Daily, cité par le Courrier International n° 1033 ) est très en colère.
Personne ne semble cependant se préoccuper de la vérification de l'acuité visuelle des clients de ces restaurations rapides avant tout achat de ces sandwitchs géants.
A défaut de certificat médical d'aptitude à un pareil sport, bien entendu.
Dr F-M Michaut

26 août 2010
Généralistes de sa très gracieuse majesté
Nos amis généralistes anglais ne sont pas contents du tout, et le font savoir dans le très sérieux British Medical Journal. Ils ne veulent pas de la réforme dite << Excellence and Equity >> qui leur confie la responsabilité de la gestion financière des soins de santé des patients.
Source : Pratis TV du 25 août.
   Ces confrères n'ont pas du tout envie de remplacer ce qui chez nous est assuré ( à grand frais ) par l'assureur public obligatoire ( la sécu).
Nous voilà étrangement dans une situation à l'exact opposé de la leur.
Et pourtant, dans les deux cas, la même réalité jugée aussi inadmissible d'un côté et de l'autre du Channel : la confusion des rôles entre les assureurs et les soigneurs.
Les Britanniques savent s'unir pour le dire d'une voix, nous demeurons ici dans un tohubohu inaudible pour l'opinion publique, pour la plus grande satisfaction des services publics tricolores et de leurs alliés.
Dieu sauve la Reine
Dr F-M Michaut

27 au 29 août 2010
Le dessin de Cécile Bour: Au secours!

30 août 2010
Poser toutes les questions LEM 668
Tout le monde semble partager en France la même analyse : le système de santé actuel est à bout de souffle, et il est indispensable de faire en sorte que le pays ne se tranforme pas en vaste désert médical par faute de médecins et autres soignants vivant au plus près de la population.
  Ici même ont été formulées un certain nombre de propositions pour que nous sortions de cette ornière ( LEM 666 : Avoir encore des médecins demain), d'autres plus précises sont en cours de préparation.
La question jamais résolue du déséquilibre entre les recettes constantes de l'assurance maladie prélevées sur le fruit de notre travail et les dépenses de soins de santé en expansion constante dont dépend le niveau de rémunération des professionnels rend quasiment impossible la mise en place d'un système durable, donc crédible.
  L'avenir menacé de notre système de soins par manque de soignants, celui que nous avons longtemps cru le meilleur du monde , vous intéresse ou vous préoccupe ?
Il faut interroger de près la réalité de notre assurance maladie ( mais également vieillesse, ne l'oublions pas ) pour se demander ce qu'on peut faire.
Prenez le temps de lire tranquillement ce qu'en dit dans sa LEM le docteur Jean-François Huet, anesthésiste libéral.
Dr F-M Michaut

31 août 2010
Connaissez-vous le «plic»?
C'est ainsi qu'en Roumanie se nomme la pratique courante de donner une enveloppe à un médecin pour qu'il vous soigne. La Roumanie, pour mémoire, exporte déjà vers la France 40% des médecins étrangers dont nous avons tant besoin.
Il faut dire que les jeunes médecins roumains débutent avec un revenu mensuel de 350 euros, et que cette coutume constitue plutôt un droit pour ce que l'Etat est incapable de leur assurer.
Un chauffeur du ministère de la santé gagne d'avantage qu'un chirurgien ( Courrier International n° 1034 ).
Selon Hotnews.ro de Bucarest, les patients se plient à cette façon de faire uniqument par peur de ne pas recevoir les meilleurs soins ou l'arrêt de travail qu'ils escompte bien.
   La baisse autoritaire des salaires des médecins de 25%, comme celle de tous les fonctionnaires pour réduire les déficits publics, risque bien de ne pas arranger les choses.
Le << plic >> ballon de survie d'un système de santé totalement obsolète ?
Pourvu que cette affection ne soit pas contagieuse sous d'autre cieux !
Dr F-M Michaut

1er septembre 2010
Finalement , otez-moi ce machin
C'était en septembre 2006. L'équipe du docteur Weilie Hu ( hôpital général de Canton ) était très fière de signer la première greffe chirurgicale de pénis. Quinze heures d'intervention pour restaurer l'organe en question, quand même. Réparer ainsi les conséquences d'un accident chez un homme de 44 ans a certainement été une grande fierté pour les chirurgiens.
Selon le journal Xinhua ( Pékin ), l'histoire ne s'arrête pas là.
Deux semaines après, le bénéficiaire et sa femme se sont dits tellement perturbés psychologiquement par la présence de cet organe provenant d'un tiers, qu'ils ont supplié les médecins de procéder à l'amputation de l'objet de leur aversion. Source : La vie insolite ( Claure Maupas ).
Les objets inanimés ont-ils une âme ? demandait le poète Lamartine.
Les organes greffés ont-ils une conscience propre devraient se demander les psychologues. et les chirurgiens réunis.
Dr F-M Michaut

2 septembre 2010
Obsèques virtuelles
Nos voisins britanniques se sont penchés sur le sort cruel de ces pauvres parents ou amis empêchés d'assister à l'enterrement de leur cher disparu.
Grâce à sa Majesté ( internet ), cela leur est possible devant leur écran d'ordinateur. Le crematorium de Southempton filme en douce les funérailles. Cela vous coùte la bagatelle de 94 euros pour les suivre en direct. A moins qu'un DVD de la cérémonie à 62 euros ou un disque audio à 31 euros ne conviennent mieux à vos moyens. C'était dans The Guardian en avril 2008.
Humour britannique ou humour noir, à vous de choisir.
Dr F-M Michaut

3 au 5 septembre 2010
Le dessin de Cécile Bour : Bel acte inconscient

6 septembre 2010
Mesdames, osez enfin oser LEM 669
Notre bonne vieille médecine est restée, jusqu'à il y a bien peu de temps, un bastion franchement masculin, pour ne pas dire viscéralement machiste.
Nos sociétés ont évolué, du moins en théorie ; la place des femmes dans le monde du travail n'en est pas pour autant très claire.
Quand il y a, pour de multiples raisons, de plus en plus de professionnelles, c'est la profession elle-même qui se trouve remise en cause, quelques puissent être les réactions de résistance de ceux qui naguère l'ont dominée de leur pouvoir sans partage.
Avec Françoise Dencuff, voici, avec la LEM 669 , une immersion sans complaisance dans un territoire encore peu exprimé dans sa réalité. Et encore si mal pris en compte dans la formation des professionnels des soins de santé.
Dr F-M Michaut

7 septembre 2010
Comprendre le malade
Séquence diagnostique classique : Mammographie entrainant une échographie et la recherche d' antigènes spécifiques: 
<< Madame, je suis désolé : vous avez un cancer du sein ! Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, dix ans de survie maximum ; aurez-vous le temps de voir grandir votre jeune enfant… >>. Tout ce déballage sans regarder vraiment la femme en question, sans remarquer la crispation des sourcils, la bouche pincée, la pomme d'Adam qui valse de haut en bas trop précipitamment, les doigts fléchis, ongles enfoncés dans la paume… Le grand médecin a fait son travail, il a diagnostiqué un cancer, il le dit, ce serait une maladie neuro-dégénérative, il causerait de la même façon.
Heureusement, des professionnels de ce genre sont, on l'espère, plutôt rares, qui ne savent pas et ne sauront probablement jamais se mettre à la place du patient qui, lui, examine attentivement les gestes, les mimiques du médecin, inquiet qu'il est, à juste titre, d'apprendre une nouvelle fâcheuse.
Quand le diagnostic craint est ainsi annoncé sans aucun ménagement, le doute n'est plus permis.
Mais, quand le médecin, quel qu'il soit, MG ou cancérologue, radiothérapeute… ne sait pas comment l'aborder ce diagnostic, il use de mimiques particulières, ses sourires se veulent rassurants, en face il y a quelqu'un qui a peur.
Mais aussi, comment le médecin, bien informé du fait de sa profession envisage-t-il la possibilité d'avoir sa néoplasie bien à lui, ou sa cardiopathie ou sa neuropathie ? Sait-il être lucide, objectif, sait-il aborder son devenir sereinement… pour ensuite savoir COMPRENDRE les patients à venir ?
Comprendre le malade, n'est-ce pas déjà, au minimum, savoir se connaître intimement, accepter de se savoir angoissé pour mieux préparer le dialogue à venir avec le patient, quelle que soit la maladie diagnostiquée ?
Ces quelques réflexions, plutôt décousues, m'ont été suggérées après avoir visionné le 5 septembre une remarquable émission " Fréquence mTv: le Sein du Cœur":
Dr G. Nahmani

8 septembre 2010
Par ici la monnaie
Relevé ce jour dans le journal les ÉCHOS du 6 septembre:
<< "XXX" a signé un accord de licence avec la société pharmaceutique suisse "ZZZ" pour commercialiser le "YYY", un médicament qui permet de soulager les symptômes de la maladie de Parkinson à un stade avancé ( à savoir les redoutables dyskinésies induites par le traitement habituel). L'accord prévoit que le laboratoire français versera dans un premier temps 13 millions d'euros à ZZZ. Des paiements supplémentaires sont prévus, qui pourront aller jusqu'à 128 millions d'euros en fonction des développements réalisés. L'accord exclut l'Amérique du Nord où le groupe suisse avait cédé ses droits commerciaux sur le YYY en 2009 au canadien Biovail, conservant les droits au Japon >>.
Conseils ? 
D'abord, même sans épouser une foi quelconque, priez pour ne pas devenir parkinsonien ! 
Ensuite, parkinsonien ou non, achetez des actions, non pas de grâce, mais du labo XXX: on ne sait jamais, pas de raisons pour que seul le laboratoire en question gagne des ronds, pourquoi ne pas tenter d'en profiter, exmédiennement parlant ?
La maladie, n'importe laquelle à envisager ou craindre, rapporte amplement à tous les soignants, on en conviendra honnêtement, et combien de médecins ou autres soignants sauraient dire comme le grand savant Alexandre Yersin, ( découvreur du bacille de la peste en 1894 et qui, avant de mourir à 80 ans au Viet-Nam, se remit à étudier grec et latin !):
<<  J'ai beaucoup de plaisir à soigner ceux qui viennent me demander conseil, mais je ne voudrais pas faire de la médecine un métier, c'est à dire que je ne pourrais jamais demander à un malade de me payer pour des soins que j'aurais pu lui donner. Je considère la médecine comme un sacerdoce, ainsi que le pastorat >> .
 Certains êtres font oublier, par leur spiritualité, bien des ignominies, Yersin, Théodore Monod et quelques autres encore… et je me sais exclu du club, après avoir 36 ans durant signé des milliers de feuilles de soins !
Dr G. Nahmani

9 septembre 2010
Comme des pots de yaourts
 D'après un décret publié au JO, les éléments d'identification du prescripteur, en l'occurrence un code barre correspondant au numéro de RPPS, devront figurer sur vos ordonnances, afin de garantir la fiabilité des informations transmises et permettre leur lecture automatique. Source Quotidien du médecin du 7 septembre.
 Du moment qu'un fouille-merde de scribouillard ministériel, cherchant à se faire valoir pour un plus sûr avancement dans la hiérarchie, a eu l'inopportune idée en question, on peut être sûr que sa réalisation se fera, et tous les confrères qui auront commandé des stocks d'ordonnances en seront pour leur frais, elles iront au pilon ou serviront de mouchoirs pour pleurer amèrement !
Les invraisemblables courriers inter-ministériels, 
les fréquentes demandes de missions diverses, 
les discours conçus par des "nègres", 
les décisions iniques de juges relâchant prématurément des assassins violeurs récidivistes, tout ce battage hétéroclite qui revient à empêtrer les esprits des citoyens dans une nasse de questions sans réponse, toutes ces réalités seront-elles, elles aussi soumises à l'apposition d'un code-barre ?
En arrivera-t-on à imposer le tatouage du code en question sur les visages, hors ceux des têtes pensantes qui pensent pour nous et à notre place ?
George Orwell avait déjà tout prévu en 1948 avec son prémonitoire "1984".
Continuons d'applaudir vigoureusement, des mains et des pieds, voulez-vous ? 
 Les ordonnances bi-zone obligatoires hier pour mieux séparer les produits pris en charge à 100% pour des affections bien précises sont désormais soumises à critique par ceux-là même qui, hier, les justifiaient et vont donc sous peu disparaître. L'on s'est rendu compte, en haut lieu, que des logiciels nouveaux seront en mesure de trier d'emblée les bons des mauvais: un travail cérébral de moins pour les employés des caisses, un futur déficit cognitif…
 En principe, nous marchons sur nos voûtes plantaires, sauf certains artistes de cirque, en France ; depuis bien longtemps, il semble que nos élites marchent sur la tête.
Retraité depuis janvier 2000, puis-je ajouter combien je suis heureux de m'être " BARRÉ" à temps, juste avant de me faire scanner comme un vulgaire yaourt à la caisse du supermarché !
Dr G. Nahmani

10 au 12 septembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Electrocution

13 et 14 septembre 2010
Rentrée en fanfare LEM 670
Vous êtes bien certain qu'il n'y a pas d'idées vraiment nouvelles dans le microcosme de la santé et que l'on est condamnés à souffrir inexorablement de nos contradictions internes ?
Lisez notre LEM 670. Vous y trouverez les premiers jalons d'un projet issu de nos débats et de nos expériences professionnelles et personnelles : une Université virtuelle des métiers des soins de santé (UVMSS). Cette esquisse, volontairement incomplète, ne cherche ni à vous séduire, ni même à vous convaincre.
Nous n'avons strictement rien à vendre, ni rien à acheter.
Vous avez le droit de la détester, de l'apprécier ou même de l'accueillir avec un haussement d'épaules. Pour tous ceux qui se sont fait un devoir de contribuer à son élaboration au fil des années, que vous preniez enfin le temps de leur répondre librement constitue la seule gratification qu'ils peuvent espérer.
Si, au moins, UVMSS ou toute autre perspective, cette LEM peut ranimer votre espoir que, patients comme médecins et soignants, nous avons le pouvoir, sinon le devoir, de prendre nous-mêmes notre avenir en mains en refusant toute forme inhumaine d'asservissement, nous avons gagné notre temps et vous n'avez pas perdu le votre.
Dr F-M Michaut

15 septembre 2010
Dénoncer ou protéger?
Une question taboue : que faire lorsque l'un d'entre nous constate des comportements à risque chez un confrère ?
Une enquête réalisée sur le site du JIM du 22 août au 7 septembre auprès de 587 professionnels de santé révèle que 58 % d'entre eux se déclarent prêts à signaler un confrère présentant des comportements potentiellement à risque.
  Vous apprécierez la nuance, signaler n'est pas dénoncer… Mais en dehors de la rhétorique politiquement correcte, il est évident que peu de médecins osent pointer du doigt un confrère dépressif, << alcoolo >> ou relevant de la psychiatrie.
Il faut dire que l'article R4127-56 du code de la santé publique qui concerne les rapports entre les praticiens dit : « Les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité. Un médecin qui a un différend avec un confrère doit rechercher une conciliation, au besoin par l'intermédiaire du conseil départemental de l'ordre. Les médecins se doivent assistance dans l'adversité ». Cela ne prêche guère pour la transparence, d'autant que l'Ordre ne dispose pas de moyens de rétorsion face au médecin qui refuse de se soigner ou de s'arrêter. Où s'arrête alors notre devoir d'assistance (envers tout être en souffrance d'ailleurs) ?
   En Catalogne, un programme d'assistance spécifiquement dédié aux médecins en difficulté fait maintenant ses preuves depuis plusieurs années d'autant que la règle est parfaitement claire :
« Le médecin informé de l'état de santé précaire d'un confrère, doit lui recommander (avec discrétion) de consulter. Ce médecin a également le devoir de communiquer cette information à l'Ordre des médecins. La sécurité des patients doit toujours être la priorité ».
   Mais l'Ordre français considère la solution catalane comme « dérangeante ». Nous sommes en droit alors de nous poser la question, même si elle dérange : N'y a-t-il pas non assistance à personne en danger ? Et même à personnes au pluriel puisqu'il s'agit alors du médecin et des ses patients.
Dans notre réflexion autour de l'être médecin nous avons le devoir de ne jamais oublier que la préservation de la santé de nos patients passe aussi par la nôtre.
Le médecin malade, ou en souffrance, a non seulement l'obligation mais aussi le droit de se soigner, comme tout un chacun sans stigmatisation, la sienne comme celle du « signaleur ».
Dr F.Dencuff
Ndlr : Notre Charte d'Hippocrate dit depuis longtemps
- 2°) Je resterai honnête par rapport à moi-même et aux autres lorsqu' un problème personnel engendre un risque dans l' exercice des soins de santé, notamment dans le domaine des addictions.

17 au 19 septembre
Le dessin de Cécile Bour: Pas normal d'être normal

20 septembre 2010
Elaborer en jouant cartes sur table LEM 671
Nous avons proposé sur ce site la semaine dernière une idée de nature à modifier en profondeur l'exercice des métiers liés aux soins de santé : l'Université virtuelle des métiers des soins de santé : UVMSS ( LEM 670 ).
   Il semble bien que le seul fait de songer qu'il est indispensable d'infléchir dans le bon sens quelques unes de nos habitudes devenues avec le temps inadaptées à l'évolution de la société et à ses besoins fait terriblement peur.
Ou laisse de marbre des citoyens tellement habitués à ce qu'une autorité décide pour eux, sans même les consulter, qu'ils se censurent eux-mêmes.
Alors dans la LEM 671, nous revenons avec Bruno Blaive, qui a consacré toute sa vie à l'enseignement des étudiants, sur cette UVMSS à construire. Vous remarquerez avec quel soin nous nous gardons bien de vouloir soumettre un projet totalement fixé, et figé, dans ses moindres détails comme savent si bien le faire nos technocrates.
L'élaboration d'un tel concept, pour être acceptable par nos pairs comme par nos concitoyens, ne peut pas se faire dans le secret de rencontres feutrées. Les plans tout faits dans de lointains bureaux, et faisant l'objet d'un pompeux effet d'annonce, il y a belle lurette que nous ne pouvons plus y croire.
Internet, si nous savons l'utiliser de façon intelligente, nous permet ce qu'aucun autre moyen de communication n'a encore pu nous offrir. Travailler ouvertement et sérieusement, en relation directe avec tous ceux que cela peut intéresser, à l'élaboration des véritables nouveautés dont notre société toute entière a un tel besoin pour sortir un peu de ses contradictions si injustes.
Pour nous, dans le petit univers de la santé, l'UVMSS en fait partie.
Oser innover, tout simplement.
Dr F-M Michaut

21 septembre 2010
Cécile Bour expose en Lorraine : Vous êtes tous invités!


22 septembre 2010
Presque un Français sur deux n'est pas satisfait
C'est ainsi qu'il semble plus exact de lire le titre de Libération du 21 septembre : << 61% des Français se disent satisfaits de leur système de santé >>, selon une enquête du Cercle de santé sociale, regroupant des économistes de la santé et de la société Europe assistance. Pas l'ombre d'un praticien là dedans.
   Ce que la presse ne dit pas, c'est quelle est la situation personnelle de ceux qui ont répondu à cette question. Il semble couler de source, quand on a la chance de ne pas avoir besoin de soins de santé, ou très ponctuellement, de trouver que, ma foi, tout va très bien. Et de vivre dans l'idée qu'en cas de malheur, nous disposerons de tout ce qu'il nous faut pour être soigné le mieux possible.
Si, inversement, les sondés sont des utilisateurs intensifs des soins de santé et de tout l'appareillage bureaucratique de notre sécurité sociale et des rouages administratifs que nous subissons, l'enthousiasme est certainement bien tempéré !
   Pouvons-nous pour autant continuer à nous bercer de l'illusion que nous disposons du meilleur système de santé du monde, comme cela se dit encore beaucoup trop ? Hélas, non, à en croire la même étude.
Nos 61% de satisfaits font un peu grise mine à côté des 70% de Britanniques ( et pourtant, on dit pis que pendre ici du National Health Service ) et des 86% d'Autrichiens.
Une fois de plus, attention aux seuls chiffres, surtout quand ils ne mesurent qu'une valeur aussi subjective et insaisissable que la satisfaction. Nous sommes autre chose que des consommateurs de soins ou des électeurs à séduire ! Ou des pions interchangeables à additionner !
   Les élections professionnelles des médecins qui sont en cours seront intéressantes pour avoir une idée du taux de satisfaction des praticiens pour le système d'assurance maladie avec lequel ils travaillent chaque jour !
Parions que nous serons bien loin des 61% de satisfaits du système en question, donc de notre intouchable sécu qui accumule les dettes à payer demain.
Dr F-M Michaut

23 septembre 2010
Plaintes pour abus de pouvoir de la sécu
C'est un syndicat de médecins généralistes ( Union généraliste ) qui a osé assigner en justice huit caisses d'assurance maladie pour << abus de pouvoir >>.
Le public n'est pas obligatoirement informé qu'une loi de 2004 donne un énorme pouvoir aux CPAM (la sécu au niveau local dit primaire ) à l'encontre des médecins libéraux. Notamment ( Le Parisien du 16 septembre ) celle de prononcer, sans recours possible, des amendes pouvant aller jusqu'à 6000 euros ainsi qu'une interdiction d'exercer la médecine de 3 mois.
Quelle catégorie de citoyens en France accepterait de subir d'une institution dédiée à l'assurance des frais de maladie un pouvoir de punition dont seule la justice devrait pouvoir disposer ? Aucune. Qu'ont fait les représentants officiels des médecins contre cette juridiction d'exception ? Rien.
Quand deux médecins se trouvent, sans motif semble-t-il, placés en garde à vue sur la seule demande d'un directeur de Caisse primaire, on se demande dans quel pays nous vivons.
A Exmed, nous avons souvent des échos de la dénaturation profonde des relations entre les soignants ( et leurs patients) et l'assurance maladie.
Tout cela est allé beaucoup trop loin, et les résultats de ce que certains n'hésitent pas à nommer la gestion par le stress ne donne envie aux médecins que de cesser le plus vite possible d'exercer. Et, pour les plus jeunes, de ne pas exercer comme l'ont fait leurs aînés.
Au nom de la gestion impossible des deniers, que de dégâts contre des humains qui, pour la majorité, ont assez aimé leur métier pour y consacrer tant d'énergie.
Un pays qui traite, et laisse traiter, ses soignants comme des délinquants ne doit pas s'attendre à autre chose que de terribles coups de bâton en retour.

Ils arrivent, même si personne ne veut les voir !

Dr F-M Michaut

24 au 26 septembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: L'homme de demain

27 septembre 2010
On va <<dresser>> les médecins, LEM 672
C'est même la loi votée par nos parlementaires qui va imposer aux praticiens l'art et la manière, sous peine de sanctions, d'obéir à l'obligation de se perfectionner durant toute leur vie.
   Quelle autre catégorie de citoyens accepterait sans manifester haut et fort en criant à l'abus de pouvoir une telle intrusion dans leur vie par un tiers qui n'est pas leur employeur ?
A défaut de descendre dans les rues, ici nous prenons, avec l'humour qui s'impose devant une situation aussi ... courtelinesque, notre plume.
Lisez la LEM 672 de Gabriel Nahmani, illustrée par C.Bour.
Dr F-M Michaut

28 septembre 2010
Expression poétique et picturale sur le site
Les choses de la vie, avec ou sans maladie, ne prennent pas toujours la forme des discours traditionnels.
Comme nous sommes persuadés ici qu'elles ont pleinement leur place pour nous aider à nous sentir mieux, donc à vivre mieux, c'est avec plaisir qu'Exmed vous présente sa dernière publication.
Il s'agit des trois derniers poèmes très intimes de Juliette Goldberg ( Jérusalem ), illustrés par un tableau en trois parties de Cécile Bour ayant pour titre << Pompidou en feu >> ( été 2010 ).
La mise en page est signée Christine Bruzek (Autriche).
Au plaisir de vous faire partager. http://www.exmed.org/poesie2/juliette10.html
Rappel : C'est aujourd'hui à Rombas ( Moselle ) le vernissage de l'exposition << La santé par le sourire >> des caricatures médicales de Cécile Bour que vous retrouvez ici chaque fin de semaine.
Dr F-M Michaut

29 septembre 2010
Dix neuf moins trois font combien ?
Les chiffres sont lancés par tous les médias en France. Cette année, la branche maladie de la sécurité sociale va devoir débourser 19 milliards d'euros de plus que ce que les cotisations et impôts ont fait entrer dans ses caisses.
Comme il faut bien que les sommes dues soient payées directement ou indirectement aux assurés, Dame Sécu va faire un emprunt. Comme chaque années depuis plus de vingt ans ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Déficit_de_la_Sécurité_sociale_en_France ). Les intérêts de cette << dette sociale >> augmentent donc inévitablement, et on laisse de côté pour les générations à venir la charge de rembourser le capital. Personne ne sait comment !
Il est également question dans les gazettes d'un plan dit drastique pour économiser sur les dépenses. Les calculs ( théoriques ) prévoient une réduction des dépenses ( prévisibles ) de 3 milliards d'euros.
Si, pour une fois, tout est conforme aux calculs des compabilisateurs, nous n'augmenterons pas la note à payer par nos successeurs plus que de 16 milliards d'euros.
Ayant simplement regardé en face cette réalité une seule fois, qui peut encore affirmer sans rougir que nous avons le meilleur système de protection sociale au monde ? Et pourtant, l'autosatisfaction nationale ne prend pas encore une ride ( Figaro du 28 septembre 2010 ).
Plus dure sera la chute !
Dernière minute : selon le QDM ( site quotimed) du 28 septembre la commission des comptes de la sécurité sociale annonce finalement pour 2010 ... 22,3 milliards de déficit.
Dr F-M Michaut

30 septembre 2010
Une note très salée
Des internautes nous ont gentiment interpelé à propos de notre Coup d'Oeil d'hier, nous demandant si nous n'exagérions pas quelque peu cette histoire de << dette sociale >>.
L'ensemble des assurés sociaux accuse pour l'année un déficit de ses dépenses de 22,3 milliards, nous le disions hier. Cela ne parle pas à l'imagination pour le citoyen ordinaire.
Le très officiel INSEE nous dit que nous sommes - au 1er janvier 2010 - 64, 7 millions d'habitants en France. Le même organisme a compté que chaque foyer était composé, beauté des statistiques qui n'hésitent pas à couper des humains, de 2,75 personnes.
Voici donc ce que chaque famille doit verser pour éponger le déficit de l'assurance maladie cette année : 948 euros. En sus, naturellement, des cotisations obligatoires déjà prélevées sur son salaire.
Quand on estime que 13% de nos concitoyens vivent au dessous du seuil de la pauvreté ( INSEE ) selon Toulouse.com du 28 septembre 2010, ils disposent de moins de 950 euros mensuels, la note, juste pour mettre les compteurs à zéro, ne peut être que très salée.
Et nous vous faisons grâce des déficits de toutes les années antérieures qui n'ont jamais été remboursés à nos prêteurs.
Pas sain du tout, du tout, tout cela.
Dr F-M Michaut

1 au 3 octobre 2010
Le dessin hebdomadaire de Cécile Bour : Ours ou médecins, espèces en péril

4 octobre 2010
L'insondable légèreté du temps, LEM 673
Nous sommes tous si absorbés par des foules de détails à régler, qu'il nous est bien difficile de marcher simplement les mains dans les poches et le nez bien dans l'air du temps.
C'est exactement ce que propose la LEM 673 de Jacques Grieu dont vous connaissez le talent de romancier : une balade poétique lucide, mais sans amertume, dans cet univers de la légéreté qui nous est partout montrée.
Bon voyage.
Dr F-M Michaut

5 octobre 2010
Hum!
Petite rencontre ordinaire à la caisse d'un supermarché, entre deux copines :
-Comment vas-tu dit la première, le bébé pousse bien ?
Coup d'œil discret sur le ventre de la caissière…bien enceinte.
-Je suis en pleine forme, aucune contraction, la petite pousse sans problème.
-Tu t'arrêtes quand ?
-Ben je pense que je vais prendre les 15 jours pathologiques. Mon médecin préfèrerait.
-Ah ! Tu as raison parce qu'après l'accouchement, ils sont perdus.
   Inutile, je pense, de vous préciser que mon sang n'a fait qu'un tour. Si j'avais eu son toubib en face de moi, il se serait fait incendier.
Dans notre contexte d'économies tous azimuts (enfin presque) comment peut-on donner 15 jours d'arrêt maladie à une femme visiblement en pleine forme ? Qu'a donc dans la tête ce médecin ?
Nous pouvons imaginer qu'il a peur de se voir traîner devant les tribunaux si par malheur quelque chose tourne mal. Ou est ce simplement l'habitude ? Même cette jeune femme n'a pas vraiment envie de s'arrêter et quand je me mêle de la conversation pour lui faire remarquer qu'elle n'a rien de pathologique, petit sourire gênée et justification immédiate : Ben c'est mon toubib et puis après tout je n'ai pas été arrêtée avant.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce n'est pas l'abus évident qui me chagrine mais le fait que les médecins participent de la « pathologisation » de tout et n'importe quoi. Le pire, c'est que la France ne brille pas dans classement de la mortalité maternelle et infantile. Entre 9 et 15 décès maternels pour 100 000. Ce chiffre a d'ailleurs plutôt tendance à augmenter (grossesses plus tardives, populations défavorisées, césariennes trop nombreuses).
Alors il serait peut-être temps de mettre les quelques sous qui nous restent dans une prévention plus active : suivi régulier, système d'alerte pour les moins lotis, connaissance de son corps… et de ne pas faire un droit de ce qui devrait rester l'exception.
  Loin de moi l'idée de jouer les « mères La Pudeur » mais l'occasion était trop belle de mettre le doigt sur l'incohérence manifeste du système. Il est évident que nous, femmes, avons parfaitement le droit de revendiquer des grossesses paisibles et du temps pour nous préparer à accueillir nos enfants. Nous n'avons pas à nous excuser de remplir une de nos tâches essentielles : mettre au monde les futures générations. Et peu importe si les esprits chagrins et machos nous reprochent nos absences au boulot (et en profitent pour diminuer nos rémunérations). Mais alors soyons cohérentes et demandons un congé maternité plus long.
Pour infos : d'après une enquête de l'INSERM 6% des femmes ont un arrêt maladie avant la fin du 3ème mois de grossesse, 67% ont eu au moins un arrêt maladie après et 23% des femmes non salariées se sont arrêtées une semaine avant leur accouchement. Pour ce qui est de « l'égalité » il faudrait revoir notre copie.
Dr F.Dencuff

6 octobre 2010
Contre l'exclusion avec… le paracétamol
Les neurosciences ont montré que le sentiment d'exclusion dû à l'isolement et au rejet social peut causer une douleur comparable à la douleur physique. L'existence de cette blessure invisible est objectivable par l'imagerie cérébrale et elle a fait l'objet de nombreuses études en psychologie. Pour la supprimer ou l'atténuer, on serait tenté de penser qu'on aurait recours à une psychothérapie et éventuellement à des psychotropes.
Mais dans une étude menée par des neurobiologistes de l'Université du Kentucky qui se sont penchés sur le sentiment d'exclusion, c'est le bon vieux paracétamol qui a été utilisé. L'expérimentation consistait à provoquer chez des étudiants divisés en deux groupes des sentiments de frustration liés à l'isolement social en les excluant arbitrairement d'un jeu en ligne. Il a été donné à leur insu à un groupe d'étudiants exclus du jeu du paracétamol. Lors de questionnaires d'évaluation de la souffrance morale, il s'est avéré que ceux qui avaient pris du paracétamol avaient des scores inférieurs à ceux qui n'en avaient pas pris. L'imagerie cérébrale montre l'atténuation de la souffrance morale par la diminution de l'activité du cortex cingulaire antérieur, zone clef de la douleur physique et morale. Car des substrats neuronaux sont communs à la douleur physique et morale. L'anesthésie physique de cette zone cérébrale prémunirait contre les douleurs morales que nous pouvons rencontrer engendrant un sentiment d'isolement.
Maintenant quant à substituer du paracétamol pour créer une anesthésie sur cette zone liée à la douleur morale aux psychotropes qui n'agissent pas sur les mêmes zones du cerveau, c'est une autre histoire. Les effets constatés sont limités. Mais peut-on envisager de nouvelles indications du paracétamol dans certaines douleurs morales ? Décrypter les mystères du cerveau dans le fonctionnement de la douleur morale est une bonne chose dans la mesure où l'humain n'est pas oublié et que l'on ne s'en tient pas à des faits scientifiques purs et durs.
Il ne faut pas perdre de vue que les facteurs anthropologiques et sociaux influencent la relation de l'homme à la douleur. La connaissance de l'environnement de celui qui souffre s'il s'avère nocif est peut-être la première démarche à entreprendre sauf si l'intensité de cette douleur nécessite d'abord une prise en charge médicale. Mais parfois il s'avère difficile de modifier l'entourage social lorsqu'il s'agit de facteurs indépendants de la volonté de celui qui est exclu et aux soignants.
Sources :
Cerveau et Psycho Numéro 41, septembre octobre 2010, Du paracétamol contre la solitude, p10.

Nicole Bétrencourt

7 octobre 2010
Un écrit de derrière les barreaux
Amis d’Exmed, vous allez penser que ce pauvre Père Igor est atteint de monomanie carcérale, que ses écrits sur les méfaits de la prison sont répétitifs et qu'ils n'ont rien à faire sur un site comme EXMED dédié à la relation médecins/malades, soignants/soignés... Et pourtant... La privation de liberté est un phénomène de société qui devrait intéresser tous les citoyens d'une démocratie ; et la prison intéresse à plus d'un titre le domaine de la santé. La relation soignants/soignés existe aussi derrière les barreaux des prisons, et c'est pour en avoir été un acteur pendant quinze années que je m'y suis tellement investi. Alors, je prie humblement les exmédien(ne)s que le sujet rebute, comme il rebute la grande majorité de nos concitoyens, de bien vouloir me pardonner ; et je remercie les autres de s'intéresser à la question.
    Peu de changements sont intervenus depuis que j'ai fait valoir mes droits à la retraite de la santé en milieu carcéral (en 2000). Mais aujourd'hui, je souhaite vous faire partager ma lecture d'un ouvrage qui me semble digne d'intérêt sur cet univers si mal connu du grand public ; il s'agit de :
 << le Taulier ; confessions d'un directeur de prison >>
d'Olivier Maurel édité chez Fayard (septembre 2010).
 L'auteur est l'actuel directeur de la Centrale de Poissy (*). Son témoignage est celui d'un homme de terrain, sans complaisance vis-à-vis du système carcéral et de l'institution qui le régit, mais non dépourvu d'humour et surtout d'humanité. Et parmi toutes les anecdotes vécues qu'il rapporte, certaines ont trait à la médecine - et surtout à la psychiatrie - pénitentiaire. Et l'on découvre - mais je le savais d'expérience - que le métier de directeur de prison nécessite des qualités humaines identiques à celles d'un médecin ou d'un psychiatre. La communication, l'écoute, le dialogue sont indispensables pour régler les relations inter-humaines, tant avec le personnel de surveillance qu'avec les détenus dans des situations critiques. Et les situations critiques ne manquent pas en prison...
    Ainsi de ce détenu psychotique qui dans un accès délirant << veut extirper le démon de son propre corps . Malgré la ceinture de contention psychiatrique, il parvient à libérer son poignet, il se dévore l'index puis s'arrache un testicule... >>. Et l'auteur d'ajouter : La prison est devenue le déversoir des hôpitaux psychiatriques [...] .
    Tous les sujets sont abordés : la discipline - dont il écrit qu'elle doit être expliquée et négociée pour être admise, la sécurité qui nécessite une parfaite cohésion à tous les niveaux de la hiérarchie pénitentiaire, la grande variété des détenus : braqueurs, violeurs, escrocs, dealers, etc... La surpopulation carcérale est évidemment dénoncée, avec la promiscuité qui en découle ; la violence, le racket, les règlements de compte dans les cours de promenade et dans les douches, les mutineries, les tentatives d'évasion ; et les suicides (suicides de détenus mais aussi de surveillants)... Tenu à l'obligation de réserve, l'auteur avoue ne pas pouvoir tout dire sur certaines procédures de sécurité, mais à part cela rien n'est occulté.
    L'auteur a lui-même été pris en otage dans sa propre prison ; il raconte comment il s'en est sorti en gagnant, par le dialogue et la persuasion, la confiance du détenu qui le retenait. Il a également été sauvagement agressé à l'extérieur de la prison, alors qu'il faisait son jogging dominical.
    Naturellement, sont également abordées la pénurie de structures adaptées aux détenus souffrant de pathologies psychiatriques lourdes, et la pénurie de psychiatres, de psychologues et d'infirmiers psychiatriques intra muros .
Au total, la lecture de ce livre s'impose à toutes celles et à tous ceux qui veulent connaître la réalité carcérale telle qu'elle est aujourd'hui en France, loin des clichés véhiculés par les médias. La lecture en est aisée, car l'écriture est d'assez bonne qualité et le ton général plutôt léger malgré la gravité du sujet.
(*) à noter que l'auteur dit avoir voulu suivre des études médicales, mais qu'il lui fallut y renoncer à cause d'une insuffisance en mathématiques...
 Sources :
http://www.liberation.fr/societe/01012289736-les-doigts-dans-la-prison
http://www.youtube.com/watch?v=Q6WRBbJJVu4 <http://www.youtube.com/watch?v=Q6WRBbJJVu4>
 Dr. Philippe DEHARVENGT
(le Père Igor)

8 au 10 octobre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Télé quand tu nous tiens

11 octobre 2010
Nouvel eldorado pour nous tous ? LEM 674
Que n'a pas été dit et écrit sur la fameuse crise économique mondiale dont nous ne sommes pas encore sortis. L'effondrement contagieux des marchés financiers de la planète semble, finalement, avoir été causé par une raison on ne peut plus humaine, donc psychologique. Les milieux boursiers ont simplement perdu toute confiance en leurs partenaires habituels. Sans confiance, pas de finance, cela sonne comme un slogan.
Cas isolé ? Certainement pas, et la question touche de très près notre santé et notre avenir personnel.
  Tel est le thème - pas du tout conventionnel - de la LEM 674 : La confiance, une valeur qui monte.
Bonne, et souhaitons-le, profitable lecture à chacun.
Dr F-M Michaut   

12 octobre 2010
Hôpitaux militaires
La Cour des comptes vient de montrer d'un doigt accusateur la manière dont fonctionnent les hôpitaux qui relèvent de l'armée. Et de souligner, la presse s'en est largement fait l'écho, un coût de fonctionnement très élevé et des activités cliniques très modérées.
Faut-il alors envisager leur disparition, à l'exception du très parisien Val de Grâce où se font soigner, dans la plus grande discrétion, et gratuitement, cela fait partie de leurs prérogatives, nos parlementaires, nos ministres et hautes personnalités ?
Plutôt que de détruire encore des équipements onéreux, de supprimer des emplois au nom de la sacro-sainte rentabilité financière, n'y aurait-il pas moyen d'utiliser mieux ces centres et leur personnel en les mettant au service du public bien au delà des militaires et de leur famille?
Combien de médecins, et autres personnels de santé, savent qu'ils peuvent adresser leurs patients en consultation ou en hospitalisation dans tous ces hôpitaux militaires ? Une alternative qui peut vraiment rendre service.
Combien de citoyens savent qu'ils peuvent y être soignés par des professionnels bien formés, ce qui n'est pas du tout inutile quand tant d'établissements civils sont débordés par des demandes qu'ils ne peuvent pas honorer ?
Utiliser mieux ce qui existe déjà plutôt que le détruire à grand frais. Serait-ce une idée trop simple pour nos grands stratèges de l'économie ( mais pas des économies ) de la santé ?
Dr F-M Michaut    

13 et 14 octobre 2010
L'honneur d'un médecin
On avait connu "l'honneur d'un capitaine" (l'affaire Dreyfus). C'est aujourd'hui l'honneur d'un médecin qui a été mis à mal par une presse trop pressée de faire dans le sensationnel, de livrer à la vindicte populaire une information scandaleuse non vérifiée, ne prenant en compte que les allégations d'un plaignant, sans se soucier de la "présomption d'innocence" de la partie mise en cause par ces accusations. De quoi s'agit-il ?
Un père de famille a porté plainte contre un ophtalmologiste d'Aix-en-Provence pour refus de soins accompagné de propos racistes. Et la presse à sensation de s'empresser de rapporter les propos : << sale arabe, dégage, tu me salis mon cabinet... >>. Ces propos auraient été tenus lors d'une altercation provoquée par l'intrusion du plaignant dans le cabinet de l'ophtalmo, celui-ci ayant 1/4 d'heure de retard sur l'heure du rendez-vous...
    L'information diffusée par une chaîne de radio (RTL) obtint l'effet de scandale escompté : relayée par tous les médias écrits et audio-visuels, elle eut un retentissement immédiat dans l'opinion publique, au point que le Conseil National de l'Ordre des Médecins crut bon de s'en emparer. Mais, fidèle à son habitude, il le fit prudemment, se bornant à rappeler l'article 4127-7 du Code de déontologie médicale, stipulant que les médecins doivent dispenser leurs soins aux patients << quels que soient leur origine, leurs mœurs et leur situation de famille, leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu'il peut éprouver à leur égard >>.
Et aujourd'hui, patatras... << De nouvelles informations amènent à nuancer, voire à remettre en cause les évènements tels que relatés [...] >> (*). Le praticien mis en cause nie les accusations portées à son encontre et estime être victime << d'un coup monté >>. Et il déclare vouloir porter plainte contre son accusateur. Actuellement, l'enquête diligentée par le Parquet d'Aix-en-Provence donne raison au praticien, aucun des trois témoins entendus ne confirmant les propos racistes prêtés au médecin, contrairement à ce qui avait été affirmé vendredi dernier. << En l'état actuel, les faits allégués ne sont ni établis ni fondés, et l'on s'oriente vers un classement de la plainte >> a fait savoir le Procureur adjoint d'Aix-en-Provence. Et d'ajouter : << il y a bien eu une altercation quand Mr. M. a tenté de pénétrer dans le cabinet du médecin qui l'en a sorti un peu fermement, mais rien de plus. >>.
Et c'est ainsi que sur des allégations infondées et erronées, on vous fabrique une réputation de raciste xénophobe, on porte gravement atteinte à votre honneur professionnel et personnel... "Calomniez, il en restera toujours quelque chose"...
 (*) source : Egora
http://egora.fr 
Dr. Philippe Deharvengt
(le Père Igor)

 

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