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LES COUPS D'OEIL DU JOUR              
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L'année Exmed 2010
Voici les coups d'oeil du jour d'octobre, novembre et décembre 2010 déjà parus sur le site Exmed.




1 au 3 octobre 2010
Le dessin hebdomadaire de Cécile Bour : Ours ou médecins, espèces en péril

4 octobre 2010
L'insondable légèreté du temps, LEM 673
Nous sommes tous si absorbés par des foules de détails à régler, qu'il nous est bien difficile de marcher simplement les mains dans les poches et le nez bien dans l'air du temps.
C'est exactement ce que propose la LEM 673 de Jacques Grieu dont vous connaissez le talent de romancier : une balade poétique lucide, mais sans amertume, dans cet univers de la légéreté qui nous est partout montrée.
Bon voyage.
Dr F-M Michaut

5 octobre 2010
Hum!
Petite rencontre ordinaire à la caisse d'un supermarché, entre deux copines :
-Comment vas-tu dit la première, le bébé pousse bien ?
Coup d'œil discret sur le ventre de la caissière…bien enceinte.
-Je suis en pleine forme, aucune contraction, la petite pousse sans problème.
-Tu t'arrêtes quand ?
-Ben je pense que je vais prendre les 15 jours pathologiques. Mon médecin préfèrerait.
-Ah ! Tu as raison parce qu'après l'accouchement, ils sont perdus.
   Inutile, je pense, de vous préciser que mon sang n'a fait qu'un tour. Si j'avais eu son toubib en face de moi, il se serait fait incendier.
Dans notre contexte d'économies tous azimuts (enfin presque) comment peut-on donner 15 jours d'arrêt maladie à une femme visiblement en pleine forme ? Qu'a donc dans la tête ce médecin ?
Nous pouvons imaginer qu'il a peur de se voir traîner devant les tribunaux si par malheur quelque chose tourne mal. Ou est ce simplement l'habitude ? Même cette jeune femme n'a pas vraiment envie de s'arrêter et quand je me mêle de la conversation pour lui faire remarquer qu'elle n'a rien de pathologique, petit sourire gênée et justification immédiate : Ben c'est mon toubib et puis après tout je n'ai pas été arrêtée avant.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce n'est pas l'abus évident qui me chagrine mais le fait que les médecins participent de la « pathologisation » de tout et n'importe quoi. Le pire, c'est que la France ne brille pas dans classement de la mortalité maternelle et infantile. Entre 9 et 15 décès maternels pour 100 000. Ce chiffre a d'ailleurs plutôt tendance à augmenter (grossesses plus tardives, populations défavorisées, césariennes trop nombreuses).
Alors il serait peut-être temps de mettre les quelques sous qui nous restent dans une prévention plus active : suivi régulier, système d'alerte pour les moins lotis, connaissance de son corps… et de ne pas faire un droit de ce qui devrait rester l'exception.
  Loin de moi l'idée de jouer les « mères La Pudeur » mais l'occasion était trop belle de mettre le doigt sur l'incohérence manifeste du système. Il est évident que nous, femmes, avons parfaitement le droit de revendiquer des grossesses paisibles et du temps pour nous préparer à accueillir nos enfants. Nous n'avons pas à nous excuser de remplir une de nos tâches essentielles : mettre au monde les futures générations. Et peu importe si les esprits chagrins et machos nous reprochent nos absences au boulot (et en profitent pour diminuer nos rémunérations). Mais alors soyons cohérentes et demandons un congé maternité plus long.
Pour infos : d'après une enquête de l'INSERM 6% des femmes ont un arrêt maladie avant la fin du 3ème mois de grossesse, 67% ont eu au moins un arrêt maladie après et 23% des femmes non salariées se sont arrêtées une semaine avant leur accouchement. Pour ce qui est de « l'égalité » il faudrait revoir notre copie.
Dr F.Dencuff

6 octobre 2010
Contre l'exclusion avec… le paracétamol
Les neurosciences ont montré que le sentiment d'exclusion dû à l'isolement et au rejet social peut causer une douleur comparable à la douleur physique. L'existence de cette blessure invisible est objectivable par l'imagerie cérébrale et elle a fait l'objet de nombreuses études en psychologie. Pour la supprimer ou l'atténuer, on serait tenté de penser qu'on aurait recours à une psychothérapie et éventuellement à des psychotropes.
Mais dans une étude menée par des neurobiologistes de l'Université du Kentucky qui se sont penchés sur le sentiment d'exclusion, c'est le bon vieux paracétamol qui a été utilisé. L'expérimentation consistait à provoquer chez des étudiants divisés en deux groupes des sentiments de frustration liés à l'isolement social en les excluant arbitrairement d'un jeu en ligne. Il a été donné à leur insu à un groupe d'étudiants exclus du jeu du paracétamol. Lors de questionnaires d'évaluation de la souffrance morale, il s'est avéré que ceux qui avaient pris du paracétamol avaient des scores inférieurs à ceux qui n'en avaient pas pris. L'imagerie cérébrale montre l'atténuation de la souffrance morale par la diminution de l'activité du cortex cingulaire antérieur, zone clef de la douleur physique et morale. Car des substrats neuronaux sont communs à la douleur physique et morale. L'anesthésie physique de cette zone cérébrale prémunirait contre les douleurs morales que nous pouvons rencontrer engendrant un sentiment d'isolement.
Maintenant quant à substituer du paracétamol pour créer une anesthésie sur cette zone liée à la douleur morale aux psychotropes qui n'agissent pas sur les mêmes zones du cerveau, c'est une autre histoire. Les effets constatés sont limités. Mais peut-on envisager de nouvelles indications du paracétamol dans certaines douleurs morales ? Décrypter les mystères du cerveau dans le fonctionnement de la douleur morale est une bonne chose dans la mesure où l'humain n'est pas oublié et que l'on ne s'en tient pas à des faits scientifiques purs et durs.
Il ne faut pas perdre de vue que les facteurs anthropologiques et sociaux influencent la relation de l'homme à la douleur. La connaissance de l'environnement de celui qui souffre s'il s'avère nocif est peut-être la première démarche à entreprendre sauf si l'intensité de cette douleur nécessite d'abord une prise en charge médicale. Mais parfois il s'avère difficile de modifier l'entourage social lorsqu'il s'agit de facteurs indépendants de la volonté de celui qui est exclu et aux soignants.
Sources :
Cerveau et Psycho Numéro 41, septembre octobre 2010, Du paracétamol contre la solitude, p10.

Nicole Bétrencourt

7 octobre 2010
Un écrit de derrière les barreaux
Amis d’Exmed, vous allez penser que ce pauvre Père Igor est atteint de monomanie carcérale, que ses écrits sur les méfaits de la prison sont répétitifs et qu'ils n'ont rien à faire sur un site comme EXMED dédié à la relation médecins/malades, soignants/soignés... Et pourtant... La privation de liberté est un phénomène de société qui devrait intéresser tous les citoyens d'une démocratie ; et la prison intéresse à plus d'un titre le domaine de la santé. La relation soignants/soignés existe aussi derrière les barreaux des prisons, et c'est pour en avoir été un acteur pendant quinze années que je m'y suis tellement investi. Alors, je prie humblement les exmédien(ne)s que le sujet rebute, comme il rebute la grande majorité de nos concitoyens, de bien vouloir me pardonner ; et je remercie les autres de s'intéresser à la question.
    Peu de changements sont intervenus depuis que j'ai fait valoir mes droits à la retraite de la santé en milieu carcéral (en 2000). Mais aujourd'hui, je souhaite vous faire partager ma lecture d'un ouvrage qui me semble digne d'intérêt sur cet univers si mal connu du grand public ; il s'agit de :
 << le Taulier ; confessions d'un directeur de prison >>
d'Olivier Maurel édité chez Fayard (septembre 2010).
 L'auteur est l'actuel directeur de la Centrale de Poissy (*). Son témoignage est celui d'un homme de terrain, sans complaisance vis-à-vis du système carcéral et de l'institution qui le régit, mais non dépourvu d'humour et surtout d'humanité. Et parmi toutes les anecdotes vécues qu'il rapporte, certaines ont trait à la médecine - et surtout à la psychiatrie - pénitentiaire. Et l'on découvre - mais je le savais d'expérience - que le métier de directeur de prison nécessite des qualités humaines identiques à celles d'un médecin ou d'un psychiatre. La communication, l'écoute, le dialogue sont indispensables pour régler les relations inter-humaines, tant avec le personnel de surveillance qu'avec les détenus dans des situations critiques. Et les situations critiques ne manquent pas en prison...
    Ainsi de ce détenu psychotique qui dans un accès délirant << veut extirper le démon de son propre corps . Malgré la ceinture de contention psychiatrique, il parvient à libérer son poignet, il se dévore l'index puis s'arrache un testicule... >>. Et l'auteur d'ajouter : La prison est devenue le déversoir des hôpitaux psychiatriques [...] .
    Tous les sujets sont abordés : la discipline - dont il écrit qu'elle doit être expliquée et négociée pour être admise, la sécurité qui nécessite une parfaite cohésion à tous les niveaux de la hiérarchie pénitentiaire, la grande variété des détenus : braqueurs, violeurs, escrocs, dealers, etc... La surpopulation carcérale est évidemment dénoncée, avec la promiscuité qui en découle ; la violence, le racket, les règlements de compte dans les cours de promenade et dans les douches, les mutineries, les tentatives d'évasion ; et les suicides (suicides de détenus mais aussi de surveillants)... Tenu à l'obligation de réserve, l'auteur avoue ne pas pouvoir tout dire sur certaines procédures de sécurité, mais à part cela rien n'est occulté.
    L'auteur a lui-même été pris en otage dans sa propre prison ; il raconte comment il s'en est sorti en gagnant, par le dialogue et la persuasion, la confiance du détenu qui le retenait. Il a également été sauvagement agressé à l'extérieur de la prison, alors qu'il faisait son jogging dominical.
    Naturellement, sont également abordées la pénurie de structures adaptées aux détenus souffrant de pathologies psychiatriques lourdes, et la pénurie de psychiatres, de psychologues et d'infirmiers psychiatriques intra muros .
Au total, la lecture de ce livre s'impose à toutes celles et à tous ceux qui veulent connaître la réalité carcérale telle qu'elle est aujourd'hui en France, loin des clichés véhiculés par les médias. La lecture en est aisée, car l'écriture est d'assez bonne qualité et le ton général plutôt léger malgré la gravité du sujet.
(*) à noter que l'auteur dit avoir voulu suivre des études médicales, mais qu'il lui fallut y renoncer à cause d'une insuffisance en mathématiques...
 Sources :
http://www.liberation.fr/societe/01012289736-les-doigts-dans-la-prison
http://www.youtube.com/watch?v=Q6WRBbJJVu4 <http://www.youtube.com/watch?v=Q6WRBbJJVu4>
 Dr. Philippe DEHARVENGT
(le Père Igor)

8 au 10 octobre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Télé quand tu nous tiens

11 octobre 2010
Nouvel eldorado pour nous tous ? LEM 674
Que n'a pas été dit et écrit sur la fameuse crise économique mondiale dont nous ne sommes pas encore sortis. L'effondrement contagieux des marchés financiers de la planète semble, finalement, avoir été causé par une raison on ne peut plus humaine, donc psychologique. Les milieux boursiers ont simplement perdu toute confiance en leurs partenaires habituels. Sans confiance, pas de finance, cela sonne comme un slogan.
Cas isolé ? Certainement pas, et la question touche de très près notre santé et notre avenir personnel.
  Tel est le thème - pas du tout conventionnel - de la LEM 674 : La confiance, une valeur qui monte.
Bonne, et souhaitons-le, profitable lecture à chacun.
Dr F-M Michaut   

12 octobre 2010
Hôpitaux militaires
La Cour des comptes vient de montrer d'un doigt accusateur la manière dont fonctionnent les hôpitaux qui relèvent de l'armée. Et de souligner, la presse s'en est largement fait l'écho, un coût de fonctionnement très élevé et des activités cliniques très modérées.
Faut-il alors envisager leur disparition, à l'exception du très parisien Val de Grâce où se font soigner, dans la plus grande discrétion, et gratuitement, cela fait partie de leurs prérogatives, nos parlementaires, nos ministres et hautes personnalités ?
Plutôt que de détruire encore des équipements onéreux, de supprimer des emplois au nom de la sacro-sainte rentabilité financière, n'y aurait-il pas moyen d'utiliser mieux ces centres et leur personnel en les mettant au service du public bien au delà des militaires et de leur famille?
Combien de médecins, et autres personnels de santé, savent qu'ils peuvent adresser leurs patients en consultation ou en hospitalisation dans tous ces hôpitaux militaires ? Une alternative qui peut vraiment rendre service.
Combien de citoyens savent qu'ils peuvent y être soignés par des professionnels bien formés, ce qui n'est pas du tout inutile quand tant d'établissements civils sont débordés par des demandes qu'ils ne peuvent pas honorer ?
Utiliser mieux ce qui existe déjà plutôt que le détruire à grand frais. Serait-ce une idée trop simple pour nos grands stratèges de l'économie ( mais pas des économies ) de la santé ?
Dr F-M Michaut    

13 et 14 octobre 2010
L'honneur d'un médecin
On avait connu "l'honneur d'un capitaine" (l'affaire Dreyfus). C'est aujourd'hui l'honneur d'un médecin qui a été mis à mal par une presse trop pressée de faire dans le sensationnel, de livrer à la vindicte populaire une information scandaleuse non vérifiée, ne prenant en compte que les allégations d'un plaignant, sans se soucier de la "présomption d'innocence" de la partie mise en cause par ces accusations. De quoi s'agit-il ?
Un père de famille a porté plainte contre un ophtalmologiste d'Aix-en-Provence pour refus de soins accompagné de propos racistes. Et la presse à sensation de s'empresser de rapporter les propos : << sale arabe, dégage, tu me salis mon cabinet... >>. Ces propos auraient été tenus lors d'une altercation provoquée par l'intrusion du plaignant dans le cabinet de l'ophtalmo, celui-ci ayant 1/4 d'heure de retard sur l'heure du rendez-vous...
    L'information diffusée par une chaîne de radio (RTL) obtint l'effet de scandale escompté : relayée par tous les médias écrits et audio-visuels, elle eut un retentissement immédiat dans l'opinion publique, au point que le Conseil National de l'Ordre des Médecins crut bon de s'en emparer. Mais, fidèle à son habitude, il le fit prudemment, se bornant à rappeler l'article 4127-7 du Code de déontologie médicale, stipulant que les médecins doivent dispenser leurs soins aux patients << quels que soient leur origine, leurs mœurs et leur situation de famille, leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu'il peut éprouver à leur égard >>.
Et aujourd'hui, patatras... << De nouvelles informations amènent à nuancer, voire à remettre en cause les évènements tels que relatés [...] >> (*). Le praticien mis en cause nie les accusations portées à son encontre et estime être victime << d'un coup monté >>. Et il déclare vouloir porter plainte contre son accusateur. Actuellement, l'enquête diligentée par le Parquet d'Aix-en-Provence donne raison au praticien, aucun des trois témoins entendus ne confirmant les propos racistes prêtés au médecin, contrairement à ce qui avait été affirmé vendredi dernier. << En l'état actuel, les faits allégués ne sont ni établis ni fondés, et l'on s'oriente vers un classement de la plainte >> a fait savoir le Procureur adjoint d'Aix-en-Provence. Et d'ajouter : << il y a bien eu une altercation quand Mr. M. a tenté de pénétrer dans le cabinet du médecin qui l'en a sorti un peu fermement, mais rien de plus. >>.
Et c'est ainsi que sur des allégations infondées et erronées, on vous fabrique une réputation de raciste xénophobe, on porte gravement atteinte à votre honneur professionnel et personnel... "Calomniez, il en restera toujours quelque chose"...
 (*) source : Egora
http://egora.fr 
Dr. Philippe Deharvengt
(le Père Igor)

15 au 17 octobre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Pas toujours confortable!

18 octobre 2010
Paroles, paroles, paroles... LEM 675
Quand il s'agit de nos maux, ou de ceux des autres, les mots indispensables pour les exposer ou les traiter sont loin d'avoir la même valeur et le même poids.
Dans un monde qui se veut aussi logique, objectif et efficace que les messages médiatiques ou scientifiques dont il dit se repaitre, la réalité toujours complexe des relations entre les êtres humains demande toute notre attention.
Un simple vernis stéréotypé d'un savoir-communiquer préfabriqué se révèle notoirement insuffisant pour prétendre vraiment soigner les autres.
Tel est le thème de la LEM 675 de Cécile Bour : La langue d'Esope, et, en prime, ce texte est illustré par une caricature de notre humoriste médicale qui fait la joie de toutes nos fins de semaine sur Exmed.
La plume, les pinceaux et la parole, c'est un joli trio d'expressions, n'est-ce pas ?
Dr F-M Michaut

19 octobre 2010
Epinglée mais pas clouée
Roselyne Bachelot épinglée par la Cour des comptes sur la gestion de la grippe A. C'est ce que nous ont dit La Tribune et Le Figaro du 15 octobre 2010
Un rapport de la Cour des comptes consacré à l'établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) met en exergue "le coût exorbitant" de la crise de la grippe A dans l'Hexagone et "renvoie le gouvernement, et en particulier la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, à ses responsabilités", relate La Tribune. Alors que "l'Eprus aurait dû être un rouage essentiel dans la lutte contre la pandémie de grippe A (H1N1) (...), en réalité il n'a été qu'un logisticien", souligne Le Figaro. "L'Eprus a été un bon exécutant. Les critiques vont aux autorités de tutelle qui ont fait tous les choix", a déclaré hier Rolande Ruellan, présidente de la sixième chambre de la Cour des comptes, lors de la présentation de son rapport à la commission des Finances de l'Assemblée nationale. (paru le 15/10 dans univadis.fr)
Épinglée ? Mais sera-t-elle clouée au pilori ? Faut croire que non, puisque, indifférente aux critiques des professionnels (et de la Cour des comptes), elle persiste, semble-t-il, à vouloir…saccager la médecine libérale !
<< Vous avez vu votre parlement imbécile, né de l'immoral trafic de places et d'honneurs, décider qu'il n'y avait rien à faire, dans la grande déroute des idées, que de poursuivre la pensée, et de mettre au pilori le livre qui dénonçait le crime des incapables contre la patrie >>.( Georges Clemenceau (*), Vers la réparation, 1899, p.438)
Dr G. Nahmani
(*) Docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris

20 octobre 2010
Un espoir réduit en fumée
Il serait de mauvais goût de dire qu'on a mis le paquet pour réduire la consommation de tabac en France depuis une dizaine d'année.
Campagnes de messages de plus en plus agressifs, interdictions légales d'usage de tabac dans les lieux publics, augmentations des tarifs, interdiction de vente aux mineurs, vente forcenée et fort lucrative de substituts nicotiniques, promotion de multiples stratégies pour sortir de la dépendance à l'herbe à Nicot. Nous avons eu droit à toute la panoplie de la prévention à la mode du moment.
Hélas, selon l'INPES ( ministère de la santé ) le nombre des fumeurs réguliers a augmenté sensiblement depuis 2005 ( environ de 2 points) le pourcentage de fumeurs quotidiens s'élevant à 28,7% de la population.
Depuis la loi Evin de 1991, c'est la première fois qu'est constaté un tel échappement.
Il est fort à craindre que nous assistions à une intensification de cette politique prohibitionniste qui ne peut conduire qu'à stigmatiser encore un peu plus et marginaliser les usagers du tabac. Et sans le moindre résultat, car l'humain est retors et ne réagit pas comme une mécanique purement logique ou un modèle mathématique.
Si notre société, bien que parfaitement informée des risques que cela comporte grâce à tout le travail qui a été fait, ressent le besoin de recourir au tabac ( comme à tous les autres produits légaux ou illégaux de modification de la conscience) ce n'est pas par je ne sais quel masochisme.
C'est qu'elle y trouve une aide pathétique pour l'aider à vivre ce qui est de moins en moins vivable pour un grand nombre de ses membres.
Tant que nos efforts ne porteront pas sur la réduction de cet «invivable», ou plus modestement de ce «trop difficilement vivable» la prévention restera une promesse mensongère.
Dr F-M Michaut

21 octobre 2010
Ce que ne sait pas exprimer la rue
La gestion des retraites des salariés non fonctionnaires est assurée en France par la Sécurité sociale. Plus exactement la branche vieillesse de cet organisme, avec l'invalidité et la maternité, alors que l'on ne parle partout que de la maladie et de son fameux trou.
L'allongement ( jusqu'à ce jour ) de l'espérance de vie-encore-en-bon-état est reconnu par tous, et comporte comme corollaire physiologique une aptitude au travail durant plus longtemps que pour nos pères.
Sommes-nous condamnés à continuer à penser que se sont les hommes qui doivent s'adapter tout au long de leur vie à des postes de travail immuables ? Comme des pions interchangeables.
Ou, au contraire, aurions-nous envie que les efforts portent sur l'adaptation des conditions de chaque travail aux différents âges et états de santé de chacun de nous ? Une sorte de médecine du travail à l'envers, en quelque sorte : soigner ce travail qui est si malade. Etre au service de chaque travailleur sans couperet d'âge arbitraire ( les médecins helvétiques sont invités à poursuivre leur travail jusqu'à soixante dix ans ) au lieu d'être au service des moyens de production pour le profit maximum des entreprises.
Que la cessation de l'activité professionnelle devienne le plus grand idéal populaire en dit plus long que tous les discours sur la désaffection profonde de nos contemporains pour leur travail, tel qu'ils le vivent intimement au quotidien.
<< Pénibilité >> dit-on ici ou là ? Mais c'est bien pire que cela : c'est un désespoir profond que constatent tous nos adolescents chez leurs parents. Ce n'est certainement pas étranger psychologiquement à leurs défilés dans les rues.
Qui leur donnerait tort de ne pas avoir envie de vivre la même situation ?
Voilà du moins ce que j'entends.
Serais-je le seul au milieu de toutes ces clameurs?
Dr F-M Michaut

22 au 24 octobre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Entre le dire et le faire

25 octobre 2010
Magie des rencontres et des croisements, LEM 676
Jacques Grieu, qu'on ne se laisse pas abuser par la forme poétique ou romanesque de son expression, est un savant moraliste. Comme les hommes de science, il cultive l'observation et la curiosité de rapprocher des choses habituellement bien distinctes pour savoir ce que peut bien donner leur rencontre. Ainsi procède tout découvreur.
Mais il sait aussi nous entrainer dans un domaine dont l'énoncé même fait peur aux plus hardis de nos contemporains. Celui de la morale, du questionnement approfondi sur le sens et la valeur de ce que nous faisons comme de ce que nous ne faisons pas.
Faites comme nous, laissez vous aller et faites une belle promenade au milieu de ses «Coïncidences».
Bon voyage avec la LEM 676.
Dr F-M Michaut

26 octobre 2010
Médecine à distance
La Revue de presse Santé conçue et réalisée par Philippe Berrebi nous apprend le 24 octobre l'officialisation de la Consultation à distance: le décret est paru récemment dans une parfaite indifférence !
Téléconsultation et Télé médecine seraient bientôt pris en charge par la Sécurité sociale …
L'urologue parisien Guy Vallancien ne croit guère alors à la déshumanisation des rapports patients /médecins, employant déjà depuis quelques années cette téléconsultation (1) dans son service pour assurer le suivi de patients cancéreux, technique employée aussi à grande échelle en Suisse.
Devons-nous manifester une légitime révolte devant ces changements annoncés ? Hurler au sacrilège ? Et pourtant, nous ne lavons plus le linge au lavoir, de superbes machines le pèsent et calculent le volume d'eau nécessaire, elles l'essorent et cela soulage grandement les muscles des pauvres dames affligées d'arthrose digitale, les boulangers absents dans certains coins sont aisément remplacés par des machines à faire du bon pain… et ainsi de suite, les exemples fourmillent de toutes les transformations que la technologie nous a apportées et dont nous sommes bien aises de profiter … ne serait-ce, encore, que nos échanges virtuels si rapides via nos PC: nous nous connaissons virtuellement comme si nous étions de vieilles relations amicales, des voisins rencontrés chaque jour dans nos quartiers.
Tout change, laborieusement, insidieusement ou précipitamment, NOUS devons accepter de changer, et chaque MG( médecin généraliste ) a pu avoir l'occasion de diagnostiquer une crise d'asthme au téléphone quand une jeune maman affolée appelait pour dire les sifflements respiratoires de son bébé ! Seraient difficiles par contre le diagnostic téléphonique d'un cor au pied, d'un ongle incarné, d'une colopathie sigmoïdienne… et j'en passe !
Quel sera l'avenir de la Médecine ? Seuls, les patients et les jeunes médecins sauront le dire … ou le subir.
«Allo, Dr Géhenne ? J'ai mal ici, là, à côté, plus haut, mais j'peux pas me déplacer chez vous, la grève actuelle tombe bien, plus d'essence, les stations sont fermées…».
Dr G. Nahmani
(1) NDLR : C'est le docteur Jacques Blais , médecin généraliste, co-fondateur d'Exmed, et sur sa proposition, qui a été le pionnier de cette première consultation téléphonique. Ce fut sa dernière activité médicale qu'il accomplit avec enthousiasme jusqu'à ce que la maladie le fauche, avant même qu'il soit parvenu à l'âge de la retraite.

27 octobre 2010
Médecins, instruments de culture et de sagessse?
Santé-log du 13 octobre tire la sonnette d'alarme.
ACCÈS aux SOINS : Médecins du Monde dénonce une << criminalisation de la pauvreté: Triple peine pour les populations les plus démunies : exclues, premières victimes de la crise et désormais cibles désignées des politiques sécuritaires>>. C'est le dernier diagnostic de Médecins du Monde (MdM), sur l'accès aux soins des plus démunis en France, publié le 11 octobre 2010, qui met l'accent sur les conséquences de la crise économique et des politiques de sécurité et d'immigration menées par le gouvernement qui viennent aggraver une situation sanitaire déjà très difficile. Un chiffre ressort : 17 % d'augmentation des patients vus en consultation médicale dans les centres de MdM entre 2007 et 2009. 84 % des personnes reçues par MdM n'ont aucune couverture maladie et les plus pauvres sont donc évidemment toujours ceux qui ont le moins accès aux soins. Plus grave, les personnes reçues ont recours aux soins avec retard et quand ils se retrouvent en situation d'urgence sanitaire : le retard aux soins a doublé entre 2007 et 2009, le nombre des personnes mineures, sans couverture maladie, qui consultent, augmente très rapidement. 
Toujours et encore plus d'obstacles à l'accès aux soins : 81% des personnes qui ont droit à une couverture maladie n'en ont aucune lors de leur 1ere visite, en raison, dans la majorité des cas, d'une absence de domiciliation ou encore de la méconnaissance des droits. Et toujours le refus de soins, rapporté par les équipes de MdM  (refus directs, exigence de l'avance de frais, dépassements d'honoraires…).
Des réponses d'urgence sanitaire, parfois mises à mal par les pouvoirs publics: expulsions répétées, restriction des droits, démantèlement des lieux de vie, conduisant les personnes craignant l'arrestation, à renoncer aux soins: interruption des campagnes de vaccination, suivi des grossesses mis en place avec retard,traitement des maladies chroniques non assuré. 
Face à ces situations, que MdM interprète comme nouvelles et récentes, l'organisation a mis en place des réponses habituellement utilisées à l'international en situation d'urgence humanitaire (camp en urgence dans la nuit pour des familles roms sans-abri, à Calais, distribution de matériel de survie aux migrants, à Dunkerque, accès à l'eau potable et à l'hygiène... Et parfois, ces réponses d'urgence sont mises à mal par les pouvoirs publics, précise MdM.
Une politique de « criminalisation de la pauvreté », dénoncée par l'organisation.
Ayant fouillé mes recueils d'Histoire de la Médecine colligés pendant toute ma vie professionnelle, j'ai retrouvé, avec un plaisir indicible, les éditoriaux pour le Concours Médical du Pr Marcel Sendrail(1900-1976), grand défenseur de la culture occitane: dans l'un d'eux, il écrivait:
«  Il convient de ne pas limiter la médecine à une simple technique de la santé. Elle équivaut à un instrument de culture, et, occupant un poste privilégié pour juger de la condition humaine, elle propose une SAGESSE »; il « se souciait de maintenir des liaisons entre la pensée médicale et les autres disciplines de l'esprit » (Exposé de Titres, 1956).
Aux lecteurs du Concours Médical, il expliquait son « souci d'inviter les médecins à ne pas se laisser enclore dans une trop stricte technicité et de les éveiller à la conscience de leur rôle moral et spirituel dans la communauté humaine »
Peut-être TOUS nos Grands Responsables Politiciens, coupables depuis des lustres, des hérésies actuelles en matière de Santé, devraient-ils lire et relire Marcel Sendrail :
« Il y aura toujours des malades. Consolons-nous par la perspective que, de ce fait, il y aura toujours des médecins », malgré les innombrables interdits et menaces qu'ils s'ingénient à inventer et imposer, êtres sans aucune spiritualité, fut-elle laïque.
Dr G. Nahmani

28 octobre 2010
Notre cerveau droit dans les rues
Tous nos discours bien policés, notre niveau moyen sans cesse plus élevé de fréquentation des établissements scolaires, notre accés de plus en plus facile à toutes les connaissances ne le laissaient pas prévoir. La France qui s'est longtemps vantée d'être le ( enfin, un des ) pays des Lumières voit déferler une vague d'irrationnel.
Car, comment expliquer autrement que le pays développé le moins syndiqué au monde ( 8% des travailleurs disent les experts, 10 fois moins que dans le nord de l'Europe ) soit le théâtre de ce qu'il est convenu de nommer par euphémisme des mouvements sociaux largement mis en scène par tous les médias.
Bien difficile pour un étranger de comprendre que des gens descendent dans la rue pour demander la modification d'une loi sur l'âge de départ en retraite qui a déjà été votée par les élus qu'ils ont eux-mêmes choisis pour représenter leurs intérêts. Mystérieux que les plus déterminés des grèvistes se trouvent être ceux qui bénéficient de régimes spéciaux leur permettant de cesser leur profession largement avant les autres. Surréaliste enfin pour notre observateur venant d'ailleurs que les lycéens et les étudiants qui n'ont pas encore commencé à travailler, et, bien souvent ne savent pas encore ce qu'ils pourront faire, se sentent si concernés par ces affaires de vieux.
Le cerveau gauche, Descartes doit se retourner dans sa tombe, dans tout cela, semble bien en panne, et les abondantes explications logiques des différentes catégories de protagonistes ne sont guère convaincantes.
Faudrait-il en conclure, en rationaliste pur et dur, que toutes ces foules qui descendent dans les rues et bloquent comme ils le peuvent les activités quotidiennes pour abroger une loi déjà discutée depuis des mois, puis enfin votée n'ont aucune raison de se manifester ?
Oui, je dis bien SE manifester, et pas seulement manifester leur désaccord.
Ce serait oublier un peu vite que, mus par nos deux hémisphères cérébraux aux fonctions si différentes, nous sommes aussi des êtres irrationnels. Que nous avons des humeurs et des ressentis que nous ne savons pas, ou ne pouvons pas, forcément traduire dans des paroles ou dans des actes répondant aux règles de la logique.
Minimiser, voire ignorer complètement, tout ce qui en nous tous est issu de notre cerveau des émotions est nous amputer d'une bonne moitié de notre humanité.
Pour nous résumer, tout ce qui entoure ce débat national sur les retraites, ne nous y trompons pas, ne concerne finalement que très peu la question de l'âge légal de pouvoir bénéficier d'une retraite.
Toute une société s'exprime parce que le prétexte est là : à ceux qui ont la charge d'en assurer le meilleur fonctionnement possible de comprendre le sens profond du message qui leur est ainsi envoyé.
Louis XVI, dit-on, inscrivit sur son agenda personnel à la date du 14 juillet 1789 : << Aujourd'hui, rien >>. Il parlait de ce qu'il avait tué à la chasse. Puissent d'autres être plus avisés en se gardant bien d'inscrire le jour venu : dossier bouclé.
Dr F-M Michaut

29 octobre au 1er novembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Garde à vous

2 novembre 2010
Pour apprendre à apprendre LEM 677
L'image d'Epinal du soignant auréolé dans son savoir hors de portée des humains ordinaires ordonnant ou mettant en oeuvre sans un mot le traitement à suivre, comme dans le Coup d'Oeil du dernier week-end, va-t-elle se retrouver au musée des antiquités médicales ?
Les blouses blanches ont été durement dressées à obéir en silence aux ordres des générations précédentes, et ont gardé une certaine difficulté à admettre que les patients ne se sentent pas tenus à cette discipline à leur égard.
Il ne suffit pas d'un bon message adressé au bon moment par des professionnels compétents et ouverts pour qu'un malade adopte le comportement le plus favorable à la meilleure évolution possible de sa maladie.
Tout un travail difficile et demandant pas mal de temps se trouve ainsi au coeur de tous les actes thérapeutiques.
Bruno Blaive, qui, comme tous les addictologues, s'est heurté à la difficulté considérable de parvenir à des modifications majeures et, si possible, définitves de comportement, a bien des choses à nous apprendre, et des perspectives à nous proposer, sur la révolution qui se passe, ou peut se passer, dans la relation soigné soignant. Et dans laquelle ce site s'implique activement, même si c'est de façon médiatiquement discrète.
Voici la LEM 677 : L'éducation thérapeutique, évolution ou révolution.
Dr F-M Michaut

3 novembre 2010
Au pays des grands principes
Comme beaucoup de jeunes, et de moins jeunes, je trouvais la pratique des charges vénales dans l'Ancien Régime particulièrement choquante. Obtenir du pouvoir royal le droit de tenir des charges bien lucratives dans son administration, pour la perception des impôts notamment, et même de les transmettre à ses descendants me semblait une injustice flagrante, heureusement abolie, me disaient mes maîtres, par la Révolution de 1789.
Quelle ne fut pas ma stupéfaction en apprenant d'une personne fort bien informée que, pour se porter candidat à une élection en France, en notre 21ème siècle, il était nécessaire, non seulement d'avoir l'investiture d'un parti ayant pignon sur rue, mais également de pouvoir mettre sur la table une somme d'argent non négligeable.
Ainsi, pour être tête de liste aux élections cantonales ( Conseil général du département ), ce serait 20 000 euros qu'il faut mettre sur la table.
A un candidat en région parisienne, pour être le numéro deux d'une liste municipale, une vedette très médiatique de la politique demandait 100 000 euros.
A des jeunes gens, pour figurer en 4ème position à Paris, plus de 10 000 euros ont été demandés. Changeant de parti devant une telle partique, ce fut le même refrain.
Un aspirant aux élections régionales d'un parti centriste a du hypothéquer sa maison pour faire sa campagne. Il a perdu. Les deux.
Des mécanismes compliqués permettent à l'Etat de rembourser de l'argent aux partis qui ont obtenu un certain pourcentage des voix. Quant aux heureux élus, il doivent reverser à leur parti une fraction de ce qu'ils touchent chaque mois.
Le silence qui entoure toutes ces pratiques quelque peu commerciales vous semble-t-il quelque chose de sain ? Moi non plus.
Comment se fait-il que les inévitables témoins demeurent aussi muets dans une démocratie ?
«Toute tolérance devient à la longue un droit acquis» nous avait pourtant déjà averti en fin clinicien Georges Clémenceau.
Dr F-M Michaut

4 novembre 2010
Des centenaires à ne plus savoir qu'en faire
Selon les dernières projections de l'Insee ( (nstitut national des statistiques et études économiques), dès 2014, la proportion des moins de 20 ans sera inférieure à celle des sexagénaires. Quant aux centenaires, en 2060, ils  pourraient être 200.000.
Un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2060 et le nombre des centenaires devrait exploser, selon les dernières projections de l'Insee publiées mercredi 27 octobre.
L'Insee prévoit aussi que l'Hexagone comptera alors 73,6 millions d'habitants, soit 11,8 millions de plus qu'en 2007 (dernier recensement définitif).
Le nombre des soixante ans et plus «augmenterait à lui seul, de 10,4 millions entre 2007 et 2060», écrit l'Institut national de la statistique et des études économiques.
J' Insee pas où ils vont chercher tous ces chiffres : je suis effrayé à l'idée d'être centenaire un jour (lointain) et j'essaie de m'imaginer en 2060. J'aurais alors atteint l'âge odieux de 127 ans et serais inscrit dans le livre Guiness des records et des photos montreraient un individu racorni, tout en rides profondes, aux yeux aveugles depuis longtemps aux réalités du temps présent et totalement sourd aux fureurs ambiantes !
Un bémol ? La Revue de presse Santé du 27 octobre m'informe que «  La Mortalité infantile est en légère hausse » : comment va et ira le monde, m'sieurs-dames ? 
Les jeunes mourront davantage: attentats divers, terrorisme, tabagisme et alcoolisme et drogues diverses en hausse permanente, guerres tribales ou internationales, viroses hémorragiques nouvelles, tsunamis, bienheureux séismes et autres fureurs telluriques…
 et le nombre de centenaires augmentera ( en France, l'Insee l'a dit, l'a prédit, l'a calculé !)
Une supplique, les copains ? Arrangez-vous pour m'interdire un tel cycle de vie: j'veux qu'on rie, j'veux qu'on danse, j'veux qu'on s'amuse comme des fous, quand c'est qu'on m'mettra dans l'trou, en terre lorraine je vous prie, pas besoin d'aller jusqu'aux Marquises .
Dr G.Nahmani

5 au 7 novembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Tête en l'air

8 novembre 2010
Plus de pilote dans l'avion LEM 678
 Le temps des drones est devant nous. Si l'on en croit Paul Marks dans le New Scientist de Londres ( octobre 2010), l'espace aérien civil est en passe de leur être acquis. Avec, naturellement, des arguments financiers capables de vaincre bien des réticences.
Dans la LEM 678,Drone d'époque, notre ami poète Jacques Grieu évoque à sa manière cette robotisation galopante, dont la médecine et la chirurgie ne sont pas les moindres enjeux.
Attachez vos ceintures et bonne lecture.
Dr F-M Michaut

9 novembre 2010
Télé par ci, télé par là, télépartout
Téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance, téléassistance médicale
La télémédecine est désormais officiellement définie et reconnue par le droit français. Le décret 2010-1229 du 19 octobre 2010 la définit ainsi :
«actes médicaux, réalisés à distance, au moyen d'un dispositif utilisant les technologies de l'information et de la communication. Constituent des actes de télémédecine :
1 - La téléconsultation, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient …(
ce que nous avons tous fait, un jour ou l'autre, ce que je fais lors des Permanences de Santé au Samu…)
2 - La téléexpertise, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d'un patient.
Cela se faisait autrefois, pour le MG embarrassé, de demander au spécialiste choisi de l'assister.
3 - La télésurveillance médicale, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient. L'enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé (
valable en milieu hospitalier).
4 - La téléassistance médicale, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte (...)»(
déjà effective lors d'interventions chirurgicales complexes).
Une question, dérangeante et inopportune, je vous l'accorde:
Depuis peu, nombre d'avis, dits autorisés, inondent nos ordinateurs, donnés par des sujets qui n'ont probablement jamais eu recours, pour eux ou leurs proches, à cette nouvelle façon de se soigner ou être soigné mais qui savent déjà en parler avec aisance ( sans fosse!).
Alors, peut-on imaginer, suis-je narquois, madame Bachelot (ou tout autre politicien en renom, François, Ségolène, Martine, Laurent, Nicolas, Daniel CB… et JeanPass…) téléphoner à son médecin ( du Val-de-Grâce, bien sûr ) et se plaindre d'être tendue, énervée, plutôt dépressive,  du fait de la folle quantité de critiques injustifiées dont on l'accable en France et en Navarre, et le médecin en question lui conseiller une tisane de poudre du Père Limpinpin ( à défaut de tisane du Père Igor, bien plus efficace !), 3 louches par jour ?
   On peut espérer, sans être passéiste que, même si les techniques évoluent à grande vitesse, même si tous les citoyens utilisent abondamment et si facilement, leurs portables dans les rues, les magasins, les avions ou trains et imposent leurs conversations souvent inanes à tout l'entourage, on peut et doit espérer que persiste, in vivo et non « in virtu…Allo », la seule vraie relation malade / médecin, n'en déplaise aux spécialistes de l'esbroufe et des cheveux coupés en quatre.
"Afin de cacher, de son bicorne de général, grade acquis par l'escroquerie, à l'esbroufe (...) le trou de sa culotte" (Arnoux, Roi, 1956, p. 169)
Docteur G.Nahmani

10 au 11 novembre 2010
Ouverture du site Caricature Santé
Le paysage de l'internet de santé, pour reprendre la formule traditionnelle, ne brille pas toujours par sa gaité.
Alors, saluons comme il le mérite le tout nouveau site Caricature Santé que vient d'ouvrir notre amie Cécile Bour que tous les lecteurs d'Exmed connaissent et apprécient.
La vertu thérapeutique du rire, et celle plus subtile du sourire et du rêve, du beau en un mot, n'est plus à démontrer. Bien utile pour les gens atteints directement ou indirectement par la maladie, elle constitue également une arme puissante d'évacuation de leurs émotions éprouvantes pour tous ceux qui les soignent.
Mais Cécile Bour n'est pas qu'une caricaturiste, elle est aussi depuis longtemps un peintre à part entière qui mérite toute notre attention. Et vous savez bien, si vous êtes de nos lecteurs habituels, qu'elle est en outre une remarquable rédactrice de plusieurs LEM aux observations toujours percutantes, mais jamais agressives ou malveillantes.
Le site Caricature Santé est fort bien fait graphiquement et techniquement, et chacun y trouve, ou retrouve avec bonheur, toutes les créations de notre consoeur.
J'ai particulièrement apprécié la franchise et la clarté de la défense des droits d'auteur qui y figure.
La Toile n'est pas la jungle, et le respect de la propriété intellectuelle et artistique ne doit pas y être foulé aux pieds dans une sorte de tolérance générale molle devant le pillage du travail des créateurs.
Vous avez envie de découvrir ce petit nouveau ?
Rien de plus simple, rendez-vous à http://www.santecaricature.fr/
En tout cas, à Exmed, nous demandons à faire partie de ses sites amis.
Dr F-M Michaut

12 au 14 novembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Trio

15 novembre 2010
Que doivent soigner les soignants ? LEM 679
Il ne passe guère de mois où ne soit pas demandé aux professionnels des soins d'intervenir dans des circonstances de la vie sociale que plus personne ne sait maîtriser. Il suffit de constater avec quel esprit systématique sont annoncées des cellules de soutien médico-psychlogique devant le moindre fait divers un peu sensationnel.
Alors, quand ce sont des instances politiques qui veulent mettre en place des systèmes utilisant des blouses blanches (déjà dramatiquement insuffisantes dans de nombreux secteurs vitaux) juste pour rassurer les populations devant les conduites à risque de certains, la réflexion critique s'impose.
Le but des salles de shoot» de Nicole Bétrencourt aborde de façon argumentée et non émotionnelle ce sujet dans la LEM 679.
Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

16 novembre 2010
L'épée de Damoclès de l'assurance responsabilité civile
Les métiers qu'exercent les médecins des différentes disciplines comportent des risques bien particuliers que le public ne connait pas obligatoirement.
Il peut y avoir une faute du médecin ou non pour qu'un patient se retrouve gravement handicapé à la suite d'un traitement médical. Les réparations financières ordonnées par la justice deviennent de plus en plus lourdes. Les médecins, naturellement, sont depuis des dizaines d'années assurés contre ce risque. Les primes qu'ils doivent acquitter, selon l'anesthésiste Jean-François Huet, ont augmenté (dans certaines spécialités) de 1800 pour cent en vingt ans.
Les pouvoirs publics en France ont imaginé un Organisme national d'indemnisation de l'aléa médical ( admirez la formulation) censé couvrir ce risque. Pour mieux connaitre, voici leur site http://www.oniam.fr/ .
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en cas de dépassement d'un certain niveau d'indemnisation, l'ONIAM a la possibilité de se retourner contre le praticien pour l'obliger à payer.
Autrement dit, les médecins risquent ainsi de perdre tous leurs biens personnels, et même de léguer à leurs héritiers une dette insoutenable.
Le public doit le savoir. Au moins pour pouvoir se dire que la fuite des médecins devant toute installation dans le secteur privé et la recherche de n'importe quel salariat n'est pas tout à fait immotivée.
Dr F-M Michaut

17 novembre 2010
L'assurance maladie autorité scientifique?
Le benfluorex, médicament censé agir sur le surpoids des malades diabétiques et lancé à grand spectacle auprès des médecins en 1976 a fait l'objet en novembre 20O9 en France d'un retrait de commercialisation. Les premières publications sur les risques cardiovasculaires graves (valvulopathies cardiaques) qu'il pouvait produire avaient eu lieu 12 ans auparavant dans la presse médicale américaine.
Le docteur Jacques Servier qui est le patron du laboratoire fabriquant est un personnage bien connu et reconnu des plus hautes autorités politiques ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Servier ).
Le plus étrange est le rappel actuel à grand spectacle des patients ayant utilisé ce fameux médiator ( nom commercial) il y a quelques années.
Comme pour les automobiles défaillantes.
Il nous est annoncé par les médias, toujours aussi peu curieux des sources de leurs informations, qu'il y aurait eu 500 morts par effet iatrogène. Et ce seraient les services de l'assurance maladie qui auraient livré ce chiffre à faire froid dans le dos.
J'avoue ne pas savoir que notre assureur maladie unique obligatoire dispose d'un quelconque service scientifique, en particulier orienté vers la pharmacologie et l'épidémiologie. N'y aurait-il pas un certain mélange des genres, comme il peut y en avoir entre les industriels et les politiques ?
Dernière remarque, si l'on veut être simplement juste. Combien de patients ont eu la vie sauvée, ou du moins prolongée, grâce à la prise de ce médicament ?
L'émotion risque d'être bien grande dans les chaumières où l'ombre du moindre danger fait trembler tout le monde. C'est pourtant une excellente occasion de remettre les pieds sur terre : tout médicament peut être dangereux, tout acte médical, aussi parfait soit-il,comporte une part de risque incompressible. Il n'y a jamais rien de miraculeux, ni de jamais, ni de toujours dans la médecine.
C'est l'honneur et la grandeur des médecins de travailler sans cesse pour assurer des soins meilleurs et plus sûrs, mais ne jamais oublier que nous médecins ne sommes que des hommes, faillibles et limités comme tous les autres.
Dr F-M Michaut

18 novembre 2010
Une nouvelle branche pour un arbre bien malade
Pardon, amis de l'espace francophone, c'est encore en France que cela se passe. Ce qui, pour l'auteur, ne veut surtout pas dire qu'il y ait là quoi que ce soit ni d'admirable ni à imiter.
Les plus hautes autorités nationales veulent mettre en place un dispositif d'assurance pour financer les dépenses liées à la dépendance des sujets les plus âgés. Certes l'idée est généreuse, et bien dans l'esprit de cet état-providence encore si chère à beaucoup de nos concitoyens.
Il est donc question d'ouvrir une cinquième branche, dite dépendance, à notre système public obligatoire de sécurité sociale. Le vieillissement annoncé de la population nous y pousserait.
Pour mémoire, rappelons qu'il existe déjà au sein de la Sécurité sociale :
- la caisse d'assurance maladie (CNAM), 10,5 milliards de déficit en 2009 ( fondation Ifrap). Celle dont on parle surtout dans les médias, comme dans ce site.
-la caisse d'allocations familiales (CNAF) , excédentaire de 0,2 milliards d'euros en 2007 et déficitaire de 1,3 en 2008 ( chiffre 2009 non publié par Wikipedia).
-La caisse d'assurance vieillesse (CNAV), les fameuses retraites des salariés dont a tant parlé. En équilibre jusqu'à 2005, son déficit s'accroit. En 2009, è,7 milliards d'euros. Sa directrice Danièle Karniewicz ( du syndicat des cadres CFE-CGS ) dit clairement qu'il manque 15 milliards d'euros à l'horizon 2018.
-La caisse de recouvrement des cotisations sociales, dite URSSAF, pour alimenter ces grosses machines.
Plus que jamais, la question d'assurer un financement de nos dépenses sociales qui soit réellement à la hauteur des prestations attribuées se pose avec acuité. Pour n'importe quel simple citoyen, l'accumulation des dettes n'a jamais été un moyen de se sortir des difficultés financières. Existerait-il un miracle de notre état-providence pour qu'il en soit autrement pour la collectivité nationale ?
Nous serions plus sereins d'en avoir la confirmation.
Dr F-M Michaut

19 au 21 novembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Vive la forme

22 novembre 2010
Si se former veut dire quelque chose LEM 680
Avec la publication prochaine du rapport d'Elisabeth Hubert sur l'avenir de la médecine d'exercice privé, il est certain que la question de la formation des soignants ( médecins ou non, peu importe ) va être mis en avant tant elle conditionne notre avenir de soigants, comme de soignés.
Pour le dire sans détour, aucune des méthodes de formation mises en oeuvre jusqu'à ce jour ne peut répondre assez profondément à ce dont les professionnels ont vraiment besoin pour exercer avec plaisir et fierté du travail bien fait leur métier. Il ne s'agit pas d'un jugement personnel mais de multiples témoignages de professionnels depuis des années.
Position paradoxale dans un domaine où semble régner depuis toujours un consensus apparent qui est loin de satisfaire ceux qui sont censés en être les bénéficiaires.
A vous, et à vous seul, de juger de la pertinence, ou du crime de lèse-pensée dominante, de la LEM 680 «Du sur mesure pour former les soignants».
Dr F-M Michaut

23 novembre 2010
Indignés ou indignes?
«Indignez-vous» , nous suggère Stéphane Hessel, vieux monsieur très lucide de 93 ans . La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour …
Une critique, élogieuse, de son ouvrage, énumère alors les raisons actuelles de s'indigner dans le monde complexe d'aujourd'hui : 
« - l'écart grandissant entre les très riches et les très pauvres,
- l'état de la planète, 
- le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms,
- la dictature des marchés financiers et jusqu'aux acquits bradés de la Résistance: retraites, Sécurité sociale
…»
Curieusement, un trublion qui a récemment heurté tout le corps médical, un très étrange gallinacé président du CISS, Christian Saout, vient de pondre un nouveau brûlot  nous permettant d'encore plus nous indigner: il propose, simplement, mais bon sang, mais c'est bien évident de simplicité, de
- mettre en œuvre une régulation des médecins ( notre compte sera vite réglé!)
- généraliser la rémunération des médecins au forfait ( quelle forfaiture !)
- Pour les Permanences de Santé (PDS), mettre en place un service opposable, il suffit de la rendre obligatoire !
- Développer les centres de santé pour lutter contre les déserts médicaux en mettant fin à la liberté, (liberté chérie) d'installation, recréer les dispensaires pour un accès de tous sans discrimination,
- réaliser la pratique d'un certain nombre d'actes médicaux par des non-médecins qualifiés !
Dans le même temps, Me Élisabeth Hubert doit, sous peu, Olé, remettre au Grand Créateur de la Médecine de proximité, son rapport abordant les nouveaux modes de rémunération des médecins, les médecins seulement, les copains, pas les politiciens, pas les grands financiers, pas les artistes ou prétendus artistes, pas les sportifs grands ambassadeurs du prestige de la France (sonnez, trompettes, sonnez, buccins ) tous ces êtres qui dorment tranquillement, Mr Saout ou Me Hubert, pendant qu'un peu partout, des médecins veillent, dont certains iront fourrager dans des endroits obscurs et déplaisants, que des anesthésistes endorment avec mille précautions des sujets qui les critiqueront ensuite, que des médecins-légistes (j'en fus un parfois, à mon grand dam) seront requis en pleine nuit pour examiner des défunts inopportuns …
Aurions-nous, confrères ou non-médecins, des raisons ou non  de nous indigner ?
«Nous nous consolons rarement des grandes humiliations, nous les oublions» Vauvenargues … qui me permet de narguer le sieur Saout et de remercier Dominique Souen de m'avoir fait connaître Hessel (1).
(1) Ndlr : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stéphane_Hessel
Dr G.Nahmani

24 novembre 2010
La fonction crée l'organe
 Les robots sont de plus en plus performants et les derniers prototypes seraient capables de s'adapter aux émotions de l'être humain ! Ainsi, la robotique s'intéresse à un nouveau marché porteur, celui de la formation à distance.
En dehors des problèmes liés aux nouvelles techniques de télécommunication, la qualité d'un téléenseignement repose en grande partie sur les qualités pédagogiques des professeurs, y compris si ceux ci sont virtuels !.
De fait, plusieurs laboratoires de Recherche Universitaires (San Diego (USA), Delft (Pays-Bas) ont mis au point des logiciels qui permettent à''l'enseignant humanoïde ''d'adapter son cours au degré d'attention de ses élèves. Le principe de cette nouvelle pédagogie repose sur l'analyse du visage de l'élève et la détection de ses émotions (joie, peur, tristesse, colère, dégoût, surprise). Celles ci s'accompagnent de modifications des muscles du visage assez spécifiques pour être lues par'' l'enseignant'', interprétées et ainsi induire une réponse appropriée (par exemple : ralentissement, répétition du message, documentation complémentaire).Cette technologie a été testée en Australie avec des élèves résidant dans des territoires isolés de ce continent et ne disposant pas d'infrastructure scolaire.
Dans un autre domaine de recherche (Plastic Mind ) la revue Psychological Science (*) rapporte une expérience de D. Havas de l'Université du Visconsin-Madison. Ce chercheur en psychologie et langage étudie l'effet du Botox injecté au niveau du visage de jeunes femmes (40), sur la lecture d'un texte incitant à la bonne ou à la mauvaise humeur,.
Deux semaines après, ces volontaires, priées de lire un texte chargé d'émotions (positives ou négatives) présentent une moindre expression du visage (effet Botox) mais également une réduction des émotions ressenties.
Cette étude montre que nous avons le potentiel de nous transformer et que nos processus cognitifs sont enracinés dans le corps: modifier notre corps modifie aussi notre cognitif. Jusqu'ou l'homme est il prêt à aller dans son rapport avec lui-même et avec les autres ? Sera-t il demain moins humain que les humanoïdes qu'il aura fabriqués ?
(*)Havas, Glenberg, Gutowski, Lucarelli, & Davidson. Cosmetic use of botulinum toxin affects processing of emotional language. Psychological Science.  
Dr Bruno Blaive

25 novembre 2010


26 au 28 novembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Double langage

29 novembre 2010
Insidieux enfermement LEM 681
Quand ce qui reste de la pensée politique après la fin claironnée des idéologies du siècle dernier se met à flirter avec ce que le monde de la santé livre sur un plateau, avec une grande naïveté, à toutes les puissances du monde surgissent d'étranges et discrets personnages. Les hypochondriocrates.
Et ce n'est pas un conté de fée pour bien nous porter.
Dr F-M Michaut

30 novembre 2010
Latex et dérapages
Nos journaux ont beaucoup épilogué sur un petit assouplissement ( pour des raisons sanitaires, sinon nous n'en parlerions pas ici) des propos du chef de l'Eglise catholique sur l'usage du préservatif. Le livre d'entretiens dans lequel cette question avait été évoquée a été pris d'assaut en quelques jours.
Rupture de stock dans les librairies. Deux jours après, une nouvelle édition a été disponible dans les commerces.
Offensive saisonnière du froid dans notre pays : routes glissantes. De nombreux automobilistes, par prudence, ont voulu chausser leur voiture de pneus neige.
Impossible, ce dérivé du latex est devenu introuvable. Toute la production des grandes usines françaises de pneumatiques a déjà été achetée par les Allemands et les Autrichiens.
Aucune nouvelle fabrication ne semble prévue.
D'après un écho fourni par un fidèle lecteur d'Exmed.
Dr F-M Michaut

1er décembre 2010
Gérontopractes
Si quelqu'un vous demandait à brûle pourpoint: << Que pensez-vous d'une profession de première nécessité dont 70% des effectifs a dépassé l'âge de 50 ans ?» Vous seriez extrêmement inquiet sur son risque de disparition rapide, faute de renouvellement des effectifs. Et vous auriez parfaitement raison : une population qui ne se renouvelle plus, ou plus assez, meurt rapidement : n'importe quel protecteur de la nature connait ce processus d'extinction des espèces.
Ah, j'oubliais juste de préciser un léger détail aux lecteurs curieux.
Cette profession en extinction expresse parce qu'elle est de plus en plus vieille n'est autre que celle dont on ne peut pas se passer quand notre santé, à tous les âges de la vie, nous joue des tours.
Oui, vous l'avez compris, il s'agit de nos chers médecins les plus proches de nous, avec en première ligne les généralistes.
Ces chiffres sont ceux fournis par l'Ordre national des médecins dans son dernier atlas démographique.
Cette dégringolade ne prend personne par surprise : tous les responsables de la santé en ont été informés depuis plus de dix ans. En vain semble-t-il, mille fois hélas, car personne ne peut dire comment nous allons pouvoir nous soigner correctement dans seulement huit ans : même pas le temps de former un jeune médecin !
Cela, les citoyens qui sont, et seront, les premiers directement concernés, doivent le savoir et exiger que les remèdes indispensables pour combler cet effondrement d'un des piliers de notre vie quotidienne soient mis en oeuvre.
Dr F-M Michaut

2 décembre 2010
On n'attrape pas les mouches
 Monsieur Sarkosy a visité une maison médicale dans le Jura le 15 octobre 2010, envoyant nous a dit alors le Quotidien du médecin : «un signal fort au monde de la santé».
Le 30 novembre 2010, nouvelle démonstration présidentielle provinciale dans un ensemble , construit avec nos chers impôts par une collectivité locale, pour rassembler en un même lieu
des professionnels soignants de plusieurs métiers.
Qui peut penser une seconde que la possibilité de travailler dans des conditions techniques confortables, sans en assurer le financement sur ses deniers personnels, possède un attrait suffisant pour que de jeunes professionnels cessent de bouder les pratiques dites encore libérales ?
Avoir envie de devenir généraliste, ou le rester encore quelques années de plus parce qu'on a de beaux cabinets ou qu'on est moins isolé ? Allons donc.
C'est vraiment prendre les médecins pour des imbéciles incapables de voir plus loin que le bout de leur stéthoscope.
Mettre en oeuvre les conditions, toutes les conditions dont les psychologiques ne sont pas les moindres, pour que des jeunes aient envie de devenir en dehors des hôpitaux médecins, dentistes, infirmiers, psychologues cliniciens etc... c'est d'une toute autre dimension.
La langue française le répète sans fin depuis le début du XVIII ème siècle : on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. Et elle rajoutait même jadis : mais avec du miel.
Là où nous ne pouvons guère percevoir depuis des années que du fiel.
Dr F-M Michaut

3 au 5 décembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Verglas

6 décembre 2010
Remarquable absence LEM 682
Une vieille et belle expression disait des collégiens et lycéens qu'ils « faisaient leurs humanités ». La vision actuelle est plutôt obnubilée par la nécessité d'obtenir la baccalauréat pour accéder à des études dites encore supérieures. Au point d'oublier quelques réalités.
La surcharge des programmes est la classique dérobade pour ne pas se demander s'il ne manque pas quelque chose d'important dans l'enseignement secondaire.
Tant pis, je profite pleinement de la liberté que me donne ma qualité de non spécialiste pour mettre les pieds dans le plat en suggérant dans la LEM 682 : Apprendre la médecine dans l'enseignement secondaire.
Bonne lecture
Dr F-M Michaut

7 décembre 2010
On ne nous dit pas, vraiment, tout
Petit écran. La publicité bombarde. Avec toutes ces promesses, quel monde merveilleux, celui auquel on peut accéder simplement en achetant ses produits, n'est-ce pas ?
Pourtant, la vilaine maladie rode. Parfois clairement désignée comme ce méchant cholestérol. Ce qui enfonce l'idée fausse que «le cholestérol» est une maladie.
Le manque de connaissance en ce qui concerne la façon dont fonctionne notre corps ouvre grand la porte à toutes les tromperies.
Dr F-M Michaut

8 décembre 2010
Nul n'est prophète en son pays
Nous ne croulons pas en France sous le nombre des prix Nobel de Médecine. Luc Montagnier a été couronné en 2008 en tant que codécouvreur du virus du Sida, après de rocambolesques péripéties avec un professeur américain revendiquant la paternité de cette découverte.
N'importe quelle célébrité à la renommée planétaire devrait crouler sous les sollicitations et propositions de nos autorités nationales pour lui permettre de poursuivre son oeuvre.
Or Pratis TV du 6 décembre nous apprend que le professeur Luc Montagnier vient d'être recruté par l'Université Jlaotong de ShangaÏ. Un institut à son nom va y être créé, et, à 78 ans, il devra diriger toute une équipe de chercheurs.
Il serait des plus instructif de connaître les raisons, et elles sont déjà anciennes avec des tentatives avortées jusque dans notre province, qui ont rendu impossible de mettre un tel outil en place en France. Le fait d'avoir largement dépassé l'âge légal de la retraite, sans aller chercher plus loin, signerait-il dans nos esprits nationaux l'assurance de capacités intellectuelles et pédagogiques définitivement altérées ?
Dr F-M Michaut

9 décembre 2010
La mondialisation galopante des cobayes humains
Lorsqu'un nouveau médicament est en cours de mise au point, l'industrie pharmaceutique passe aux essais cliniques sur l'homme pour savoir s'il est efficace et bien toléré. Ils sont nécessaires afin d'obtenir l'autorisation des instances de chaque pays et à l'échelle européenne qui veulent le commercialiser. C'est l'AMM : autorisation de mise sur le marché. Ces études cliniques chez l'homme obéissent (en principe) à un certain nombre de critères éthiques pour protéger les volontaires ou malades qui sont supposés donner leur consentement éclairé pour leur inclusion à cet essai. Ils doivent être avertis (toujours en principe) des effets secondaires et risques éventuels liés au médicament testé.
Dans la réalité, ces beaux principes sur l'éthique se révèlent à géométrie et à géographie variables. Après avoir fait leurs essais cliniques sur les populations défavorisées, les laboratoires pharmaceutiques américains se sont tournés vers les habitants des pays du Tiers-Monde qui ont commencé à servir de cobayes humains. En 2003, une somme dérisoire aurait été versée à des groupes d'expérimentation pour effectuer des recherches douteuses en Afrique australe sur la transmission du sida de la mère à l'enfant . 
Que devient le consentement éclairé des volontaires lorsque, dans certains pays, une volaille ou des produits de consommation servent de rémunération aux femmes qui acceptent les injections de Depo-Provera, un médicament contraceptif retard injectable retiré des marchés occidentaux en raison de ses risques sur la santé ?
C'est de l'abus de faiblesse lorsqu'on sait qu'il faut plusieurs jours de travail pour acheter un poulet, voire des semaines pour d'autres biens de consommation.
Certes, ces anecdotes datent et l'on peut supposer que l'industrie pharmaceutique s'est repentie au fil du temps en abolissant la pratique honteuse des cobayes humains. Et qu'encore, les règles éthiques des phases cliniques chez l'homme se sont durcies.
Il n'en est rien!
La mondialisation du cobaye humain poursuit sa marche inéluctable tel un rouleau compresseur au service des lois du néolibéralisme. Ces pratiques douteuses perdurent en toute légalité avec la complicité d'organismes de recherche qui servent d'intermédiaires avec les volontaires représentant des grandes firmes comme Bayer, Roche, Sanofi-Adventis. C'est plus facile d'aller voir du côté des milieux défavorisés qui ne risqueront pas de se retourner contre le laboratoire en cas de pépin de santé du aux effets indésirables de la molécule testée. Dans le classement des pays ciblés par les firmes, c'est l'Inde qui remporte depuis 10 ans la palme de l'expérimentation médicale. Au pays de la vache sacrée, les cobayes humains sont les vaches à lait de l'industrie pharmaceutique. Et ils sont une manne financière pour certains de leurs compatriotes sans scrupules. Pour s'en faire une idée, il suffit de lire ces propos du milliardaire Indravandan Monsti, magnat de l'industrie pharmaceutique, rapportés par le Canard Enchaîné : « Si vous cherchez une mine de tuberculeux, une charretée de sujets à problèmes cardiaques ou gastriques, des patients psychotiques, l'Occident aura du mal à vous offrir quelques centaines. Ici nous en avons des milliers. » Ils font froid dans le dos !
Sans foi ni loi, l'industrie pharmaceutique ? Loin de nous cette idée !
Nicole Bétrencourt
Sources:
- L'empire pharmaceutique
http://e-torpedo.net/article.php3?id_article=2114&titre=L-empire-pharmaceutique-suite-et
- Pharmacologie clinique ou essais du médicament chez l'homme
http://www.pharmacorama.com/Rubriques/Output/Etapes_de_letude4.php
-Canard Enchaîné, la Boîte à images, aux bons soins de l'Inde, mercredi 24 novembre 2010.

10 au 12 décembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Pauvres riches

13 décembre 2010
Témoignage d'Amérique du Sud
Cette LEM 683 décrit le système de la privatisation du secteur de la santé en Colombie et en aborde les conséquences.
Mais, ce n'est pas un cas isolé. C'est le reflet assez fidèle de ce qui se passe dans nombre d'autres pays, principalement du Tiers-Monde.
C'est, je le crains, un avant-goût de ce qui se passera demain chez nous.
Le processus à en effet déjà débuté. Il sera simplement plus lent ici car les mouvements populaires, syndicaux et professionnels qui s'y opposent sont encore organisés et beaucoup moins violemment réprimés que dans le Tiers-Monde où la révolte est tuée(1) dans l'œuf.
Mais l'objectif reste le même… Tout dépend de nous, de notre capacité et de notre volonté de réagir... à temps.
Guiomar Menéndez
(1) NDA : 48 syndicalistes ont été assassinés en Colombie en 2009, 38 jusqu'en novembre 2010, 600 depuis 2002. Certains d'entre eux appartenaient aux syndicats de la santé publique.

14 décembre 2010
Vibrion colérique
Oui la colère ne tombe pas dans le malheureux peuple d'Haïti. La presse mondiale a fait ses choux gras des terribles épreuves qu'elle subit, dont celle de la misère profonde n'est pas la plus bénigne.
Pleurez bien au chaud et au sec dans vos chaumières, braves gens. Notre petit chèque versé à quelque charity business, nous voilà prêts à immoler à la divinité suprême de la fête obligatoire de la consommation maximale (FOCM).
Le choléra frappe durement la population toujours au milieu des ruines et sans eau potable. Un bruit a couru comme l'éclair. Les étranges soldats au casque bleu ( en guerre contre qui, et contre quoi, si ce n'est le peuple censé être ainsi aidé contre lui-même, nul ne le sait) venus d'Asie ont amené dans leurs tripes ce vibrion cholérique si banal chez eux, et disparu des Caraïbes depuis un siècle.
Pensée magique à connotation paranoïaque ont immédiatement diagnostiqué, non sans condescendance, nos commentateurs bien rationalistes.
Or, la science a quelque chose à nous apporter. Chaque micro-organisme, bactérie, champignon, virus et probalement archée, possède sa propre carte de visite, son code barre. La bactérie responsable de la diarrhée parfois mortelle vient bien d'Asie du sud est.
Et elle continue allègrement à contaminer chaque année environ 100 000 personne en Afrique intertropicale.
Ironie des évènements. Les pédiatres ont découvert depuis des années que le légendaire Coca-Cola était un remarquable moyen de réhydrater des sujets diarrhéïques. Alors Casques bleus ou canettes salvatrices ?
Dr F-M Michaut


15 décembre 2010
Lèche vitrine local
Ici comme quasiment partout en France, les rues sont programmées pour la fête. Laquelle ? Comme on ne le sait plus trop et qu'on a un peu honte de toute référence religieuse, on dit «les fêtes».
Alors, outre l'inévitable et rachitique marché de Noël, avec sa micro-patinoire, les vitrines habituelles de la ville sont encombrées de babioles lumineuses variées pour attirer l'oeil du chaland et graisser la sortie de la carte de crédit, au milieu du système de sonorisation répandant sur les trottoirs ses insipides mièvreries, le badaud se baguenaude.
Beaucoup de boutiques, jadis consacrées aux objets de première nécessité, ont changé de raison de se montrer. Tout pour l'apparence, certes, fringues à gogo.
Mais aussi, avec un recul sensible des vendeurs de téléphone portable pour cause de saturation du marché, de nouveaux arrivants prolifèrent. Des vendeurs d'assurance de santé aux promesses toutes plus mirifiques les unes que les autres. Signe des temps, le désengagement financier de l'assurance maladie obligatoire pour les soins les plus courants a ouvert un marché visiblement très convoité.
Et, ma foi, tout le monde semble trouver cela parfaitement normal de payer des cotisations importantes à ces intermédiaires parasites, alors que la moindre participation financière personnelle supplémentaire à la sécurité sociale pour avoir des comptes moins calamiteux ferait descendre les foules dans les rues.
Un peu de logique dans nos comportements ne ruinerait pas à notre santé, vous ne trouvez pas ?
Dr F-M Michaut

16 décembre 2010
Mais oui, la qualité paye
La gigantesque machine à soigner des pays riches s'est tellement coulée dans le modèle des productions industrielles automatisées et standardisées que la question de la qualité des soins fournis ne se pose même plus.
C'est, curieusement, une publication économique ( Le Figaro économie du 15 décembre 2010) qui soulève ce lièvre. La Fédération hospitalière de France (FHF) dirigée par le docteur Jean Léonetti ( celui de la loi sur la fin de vie) a chargé René Mornex, endocrinologue, de mener une enquête sur «la pertinence des soins».
La conclusion claque comme un coup de feu. Au moins 10% des sommes dépensées pour nos soins le sont en vain. Imaginez un instant une usine d'automobiles qui serait dans l'incapacité de mettre sur le marché une sur dix de ses autos. Des hordes d'ingénieurs qualité seraient immédiatement mises au travail.
Alors quand nous sommes un certain nombre à dire combien la qualité de la formation tout au long de leur vie des soignants de tout ordre est importante, les faits nous donnent raison.
Et quand nous osons prétendre que cette formation doit être une véritable formation aux métiers soignants assurée «sur mesure» et sans interruption par et avec de vrais soignants, c'est qu'il n'existe aucun autre moyen de promouvoir des formations évolutives de haute qualité.
Oui, quand nous parlons ici d'une Université virtuelle des métiers soignants (UVMS) - encore à construire - c'est bien avant tout de qualité de la formation, de formation de qualité, que nous nous préoccupons.
Nous payons infiniment trop cher ( à tous les sens du terme) toutes ces formations de soignants à la chaîne faites au rabais depuis des dizaines d'années, dans une optique myope d'économies budgétaires immédiates.
Dr F-M Michaut

17 au 19 décembre 2010
Le dessin de Cécile Bour: Au pied de la lettre

20 décembre 2010
Encore une femme remarquable LEM 684
Je ne sais pas si vous partagez mon sentiment masculin. Si les hommes demeurent solidement accrochés à tous les endroits d'où l'on s'exprime, et quel qu'en soit le domaine, une étonnante poussée féminine se fait de plus en plus jour.
A force d'accumuler régulièrement échec sur échec dans les relations humaines depuis la nuit des temps, et malgré le triomphe contemporain de toutes les techniques, le pouvoir uniquement masculin tombe en poussière sous nos yeux. Le poète Jean Aragon aurait-il été un visionnaire en nous disant que la femme est l'avenir de l'homme?
La LEM 684 vous invite à suivre les pas libres d'une grande dame du Liban.
Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

21 décembre 2010
L'effet boomerang
Qui se souvient du A(H1N1)v ?... C'est un virus qui répandit la terreur à l'échelle mondiale en général et française en particulier en l'An de grâce 2009 ; souvenons-nous : partie du Mexique, l'épidémie de désinformation relayée par les médias sur des bases scientifiques validées et accréditées par l'OMS se répandit à toute la Planète à la vitesse de l'électronique. Ce virus serait particulièrement contagieux, il n'épargnerait aucun continent, et ses effets seraient aussi redoutables que ceux de la grippe espagnole qui fit dans les années 1919/1920 plus de victimes que la Première Guerre mondiale. Il fallut donc procéder dans l'urgence à la mise en chantier d'une vaste campagne de vaccination, précédée de la mise en fabrication d'un vaccin spécifique. La France, toujours à la pointe du progrès et guidée par sa culture du principe de précaution, passa commande de quelques 90 millions de doses de ce vaccin, afin de conjurer la malédiction d'une pandémie exterminatrice. Aussitôt, s'élevèrent les voix vertueuses des opposants à la vaccination, relayées par les plus éminents spécialistes. Il s'en suivit une désaffection du vaccin qui fit de cette campagne un fiasco mémorable.
Aujourd'hui, en décembre 2010, on observe une baisse significative du taux de personnes vaccinées contre la grippe ; la population s'en détourne au prétexte que le vaccin commercialisé contient la souche maudite A(H1N1)v, celle que les médias ont désignée à la vindicte populaire comme étant responsable des pires complications post-vaccinales comme certaines maladies neuro-dégénératives... L'échec de la campagne de vaccination de 2009 se traduit par un échec bien plus grave en termes de Santé Publique : la diminution de la couverture vaccinale de la population, en particulier de la population à risques. On observe déjà une augmentation significative du nombre de cas de grippe saisonnière en Europe. Mais il y a pire : d'après le quotidien "the Indépendant" cité par le "Quotidien du Médecin" du 16 décembre 2010, une augmentation alarmante de cas graves de grippes liées au A(H1N1)v serait enregistrée, dont huit patients décédés en Grande-Bretagne. Comme précédemment dans l'hémisphère sud, une co-circulation de virus grippaux existe en Grande-Bretagne avec le A(H1N1)v pandémique et le virus B, deux souches couvertes par le vaccin saisonnier. Parmi les cas les plus sévères, 10 décès, dont 8 dus au virus A(H1N1)v ont donc été recensés, tous chez des adultes de moins de 65 ans, dont la plupart présentaient des facteurs de risques mais dont <<une faible proportion>> était en bonne santé avant d'être infecté par le virus [...] (source : le QdM du 16/12/2001).Cette information nous vient du Royaume-Uni, un pays qui ne peut être suspecté de connivence avec le Ministère de la Santé français...
Comme on pouvait s'y attendre, la désastreuse campagne de l'année dernière aura donc eu cette année un effet pervers : la désaffection de la population vis-à-vis de la vaccination contre toutes les formes de grippes, qu'elle soit saisonnière ou mexicano-porcine... C'est l'histoire de l'arroseur arrosé, ou l'effet boomerang de la désinformation...
Dr Ph. Deharvengt

22 décembre 2010
Quelle merveilleuse mine d'or
Pour qui ? Mais pour les médecins et pour la Sécu. Comment ? Mais on ne peut plus légalement. Pourquoi ? Mais je vous l'explique de ce pas.
La loi, c'est la loi. A moins, chacun le sait, qu'elle ne soit abrogée par une nouvelle loi.
Or celle du 26 Brumaire de l'an IX de la République ne l'est toujours pas malgré une tentative parlementaire de 2004 ( cf dépêche AFP http://admi.net/mail/pantalon.8Mar04.txt ).
Selon cette loi, «toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l'autorisation...". "...Cette autorisation ne peut être donnée qu'au vu d'un certificat d'un officier de santé...».
On est bien au temps des sans culottes.
Vous avez bien lu : pour motif médical. Je n'ai pas, pardonnez moi, la moindre idée de l'affection féminine nécessitant une pantalonothérapie. A moins que le fait d'être une femme ne soit considéré par le législateur comme une sorte d'état pathologique ?
Une autorisation de six mois, appuyée par un certificat médical en bonne et due forme, doit alors être délivrée par le préfet du département. C'est génial.
Qu'attendent donc nos féministes les plus activistes pour inciter toutes les femmes à inonder les préfectures de telles demandes dites de « Permission de travestissement» ?
En ces temps de crise, les médecins se feraient un plaisir de délivrer de tels certificats.
La question de l'argent ? Irresponsable de demander à l'Assurance maladie anémique d'alourdir encore ses dépenses. Les médecins pourraient, au contraire, ne garder que 20% de leurs honoraires, établis comme la loi le leur impose «avec tact et mesure», les 80% restants revenant à la Sécu. Une sorte de TVA inversée en quelque sorte.
Mirifique idée en fait : boucher le trou de la Sécu avec les pantalons féminins.
Messieurs et mesdames nos députés, de grâce, ne faites surtout rien : au royaume du prêt à porter, le salut de notre protection sociale et de la désertification médicale est entre vos mains.
Dr F-M Michaut

23 décembre 2010
Par delà le médiator
Les effets secondaires dangereux d'un médicament ancien destiné à traiter des diabétiques n'ayant pas besoin d'injections d'insuline sont largement commentés par les médias en France.
Le recherche de responsabilités dans les rangs de ceux qui ont comme mission, on ne peut plus utile, d'assurer la meilleure sécurité possible des produits médicamenteux risque d'occuper toute la scène de l'information livrée au public.
Il n'est cependant pas sans intérêt de comprendre comment fonctionne l'industrie pharmaceutique. J'ai eu la chance de l'apprendre directement de la bouche de Julius Rosner, qui collabora jadis à Exmed (1), professeur de toxicologie et pharmacologie à la faculté de Bucarest, avant de gagner la France et de s'y installer, faute de mieux, comme généraliste.
Chaque laboratoire achète, très cher, un nombre limité de molécules. Pour le laboratoire Servier, ce fut, dans les années 1970 une fenfluramide réputée active sur la sérotonine, un de nos neuromédiateurs.
Une benzamide (dite bisubtituée) avait déjà conduit un autre laboratoire français, maintenant disparu, a développer mondialement toute une série de produits à partir d'un produit renommé pour ses propriétés antivomitives.
C'est ainsi que les chercheurs étudièrent, de façon totalement empirique, les effets pharmacologiques de la molécule, parfois légèrement modifiée, pour proposer d'autres indications thérapeutiques.
Peu à peu, le modificateur de comportement gastrique se vit parer de vertus très différentes, jusqu'à devenir un antipsychotique de référence utilisé dans les états de violence et un auxiliaire dans le sevrage des alcoolo-dépendants.
Ce qu'il faut bien comprendre, c'est le mécanisme. L'industrie, dans l'immense majorité des cas, ne part pas du besoin mis en évidence par la recherche fondamentale du remède pour tel ou tel type de maladie, mais de la panoplie des quelques molécules dont elle a acheté le brevet d'exploitation.
Il s'agit donc, et cela coûte fort cher, d'explorer tous les effets possibles des substances afin d'en tirer des indications thérapeutiques, parfois totalement imprévues ( souvenons-nous de la vieille aspirine devenue un agent de prévention des thromboses vasculaires, et peut-être un jour agent évitant certains cancers).
C'est donc finalement aux vendeurs de trouver des arguments de vente, au besoin en assurant la promotion de prétendues nouvelles maladies répondant exactement aux effets pharmacologiques observés.
Tout cela n'est qu'une question de profit, le malade n'est pas du tout au centre de la démarche.
Autant le savoir, et ne pas se laisser endormir par des discours doucereux, vous ne trouvez pas ?
1) Julius Rosner, Libres propos http://www.exmed.org/exmed/rosner.html
Dr F-M Michaut

24 au 26 décembre 2010
Le dessin de Noël 2010 de Cécile Bour

27 au 30 décembre 2010
Finir l'année tout en douceur, LEM 685
Même si les animaux nos frères y ont toute leur place, ce texte qui est une vraie fête aux expressions ( quoi de plus normal sur ce site en ce moment), n'est en rien une représentation de cirque.
Jacques Grieu, son auteur, nous fait le cadeau de pouvoir lire son Arche de Noël, Conte de Noë, durant ces derniers jours de l'année.
Ce qui permet à notre site de se reposer un peu, juste pour mieux repartir de plus belle avec vous l'an prochain !
Dr F-M Michaut, au nom de tous les exmédiens.

31 décembre 2010 au 2 janvier 2011
Le dessin de Nouvel An de Cécile Bour : terrain glissant ...


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