LES COUPS D'OEIL DU JOUR             

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L'année Exmed 2009nnnn

Voici les coups d'oeil du jour de janvier, février, mars 2009 déjà parus sur le site Exmed .

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5 janvier 2009
Crise sans cris LEM 582
Amis visiteurs de ce site, vous pensiez bien que nous ne pouvions pas faire ici l' impasse de notre petit grain de sel décalé à la sauce exmédienne à propos de la crise économico-financière en cours.
Et bien, vous avez raison, notre première lettre hebdomadaire de l' année 2009 << Et si nous surfions sur la crise ? >> attend votre lecture. Puisse-t-elle encore cette année, comme celles qui la suivront chaque lundi, retenir votre intérêt et stimuler utilement, et agréablement dans la mesure du possible, votre réflexion.
Le plus grand plaisir de chacun des auteurs de cette LEM hebdomadaire - tous bénévoles - inutile de le cacher, c'est quand un lecteur prend la peine, en équitable retour, de sortir de son silence et de donner librement son avis.
Dr F-M Michaut

6 janvier 2009
Quand on est très âgé
Mort d'une octogénaire: pas de dysfonctionnements, selon la maison de retraite titre  Le Point.fr du 4 janvier.
Une pensionnaire de 87 ans sort librement de sa maison de retraite, on la retrouve morte le lendemain.
Aussitôt alertée par la direction de la disparition ou absence de la vieille personne, la gendarmerie déploie d'importants moyens humains, canins et aériens !
À croire que la mort soudaine et bienheureuse d'une personne très âgée est inadmissible et qu'il faille immédiatement rechercher un dysfonctionnement quelconque, un ou des responsables pour, parfois et cela devient fréquent, qu'une famille intéressée en profite pour engager une action en justice !
L'article précise " qu'aucun dysfonctionnement n'a été constaté pouvant expliquer la sortie de la défunte." On peut supposer que la sortie en question concernait une personne vivante, on n'a jamais vu un mort se trisser pédibus.
Qu'un bébé ou un jeune gamin de trois ans meurent en milieu hospitalier par suite de vrais et malheureux dysfonctionnements ( erreurs de perfusion, dosages inappropriés, fatigue des soignants...), il semble justifié de rechercher les causes et...sévir, mais la mort naturelle, inopinée, si c'est le cas pour cette dame de 87 ans, mort prévisible, attendue, espérée même quand on atteint un tel âge, doit-elle entraîner tant de remue-ménage ?
Je randonne souvent très seul en forêt profonde, je n'ai pas de GPS, je n'ai jamais de portable avec moi, la Zone Rouge est encore farcie d'obus, de grenades, de barbelés traîtres...si j'y disparais un jour, je souhaite qu'on ne fasse pas tant de tintouin comme je souhaite aussi qu'aucune autopsie ne soit programmée et décidée pour l'aïeule retrouvée morte.
<< Depuis le Big- Bang, tout commence à mourir à l'instant même de naître. L'univers n'est qu'un élan vers l'usure et la mort . >> Jean d'Ormesson
Dr G.Nahmani


7 janvier 2009
Nos visiteurs de 2008
Invisibles navigateurs de la Toile de ces douze derniers mois :
- Vous avez, nous dit-on, rendu visite à ce site 97 770 fois.
- Vous avez , nous précise-t-on avec la sécheresse d' un chiffre, ouvert, peut-être lu ou juste entrevu à la hâte, apprécié ou détesté - le compteur numérique ne le sait pas - 167 204 pages.
C' est peu, c' est beaucoup, à chacun d' apprécier selon ses critères personnels.
La seule chose certaine, c' est que grâce au miracle de la publication sur la Toile, cela représente, en tout état de cause, une jolie économie d' arbres abattus pour la santé de notre planète.
Voilà qui n' est déjà pas si mal, n' est-ce pas ?
Dr F-M Michaut


8 janvier 2009
Monde médical sous influence
« Les médecins sous pression des labos » a titré le quotidien La Croix dans son édition du 6 janvier 2009. Et une fois de plus, sont repassés en vue les poncifs du bourrage de crâne des visiteurs médicaux envahissants, des cadeaux sous forme de voyages ou de repas gastronomiques orchestrés par l' industrie pharmaceutique sous alibi de perfectionnement scientifique. Tout cela est fort bien, peut-être juste, peut-être exagéré, probablement quelque peu caricatural.
Quel dommage qu' ait été laissé dans l' ombre le point le plus important.
C' est tout simplement la mainmise financière quasi totale de l' industrie du médicament sur la presse médicale en France. A l' exception, que nous ne manquons jamais de citer, de la revue Prescrire , qui, justement, ne parle... que de médicaments et ne vit que de ses abonnements.
Comment réagirait l' opinion si les organes de défense de l' environnement étaient aux seules mains des sociétés multinationales produisant des engrais et des pesticides ?
Et bien, en médecine, on en est quasiment là. Notre presse professionnelle et scientifique en France n' existe que grâce aux ressources publicitaires provenant de l' industrie pharmaceutique. Il est alors impossible que leurs lignes éditoriales soient indépendantes des intérêts de ce poumon vital.
Car, et depuis des dizaines d' années, des générations de médecins ont trouvé, et trouvent encore, normal de se faire inonder de montagnes de publications médicales sans avoir à payer, ni même à demander quoi que ce soit.
La liberté et l' indépendance, dans quelque domaine que ce soit, ça se paye toujours. Le leurre dangereux de la gratuité et des prétendus cadeaux, ça se paye aussi, et souvent beaucoup plus.
Dr F-M Michau
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9 au 11 janvier 2009
Le dessin de Cécile Bour: Secteur public, secteur privé

12 janvier 2009
En trois dimensions LEM 583
Chacune de nos LEM sur ce site est un message jeté à la mer, avec le secret espoir, pour son auteur, que quelqu' un repêche la bouteille virtuelle afin d' en déchiffrer le contenu. Cette deuxième semaine de l' année débutante vous propose sous le titre peu commercial << Homo connectivus >> une lecture de ce que change profondément en nous, et en dehors de toute considération technique ou utilitaire, l' utilisation que nous avons de l' internet.
Bien entendu, le propos tenu dans cette LEM 583, pour demeurer fidèle à lui-même, demeure totalement ouvert à toute critique, suggestion, apport ou contradiction. La désormais triple dimension individuelle, collective et << connective >> de l' homme d' aujourd' hui mérite-t-elle plus qu' un simple haussement d' épaule blasé ?
A vous de lire, et à vous de le dire, si vous le souhaitez.
Dr F-M Michaut


13 janvier 2009
Après décembre, des cendres
Question essentielle: que faire des vieux débris et autres inutilités désormais ?
Nos responsables politiques, jamais en panne d'imagination et de décisions hâtives, ont décrété que:
1 / La redistribution, aux organisations humanitaires, des médicaments non utilisés mais encore utilisables a pris  fin en 2008. Depuis le 1er janvier, tous les médicaments déposés dans les pharmacies seront incinérés. 
En 1993, l'industrie pharmaceutique choisit de mettre en place son propre système, Cyclamed, pour répondre à la loi qui impose aux fabricants de contribuer à l'élimination des déchets d'emballage. Les citoyens sont alors encouragés à rapporter dans les officines tous les médicaments non utilisés, périmés ou non.
Jusqu'à présent, ces médicaments étaient mis à la disposition des associations et autres organismes humanitaires. Selon Cyclamed, cela représentait seulement 2% des médicaments non utilisés collectés. Les autres étaient incinérés.
Mais le système a connu des aléas parmi lesquels des détournements de médicaments par des pharmaciens peu scrupuleux qui les revendaient, des inadaptations de médicaments récupérés aux besoins des populations du sud, des notices incompréhensibles par des non-francophones, des déstabilisations des marchés locaux... et surtout une difficulté de traçabilité des médicaments récupérés et réutilisés.
Suite à une décision du Parlement en 2007, les médicaments ne pourront donc plus être distribués. Tous feront l'objet d'une valorisation énergétique, c' est à dire qu' ils seront incinérés dans des unités étudiées pour récupérer l' énergie dégagée lors de la combustion.
ET, Exmédiens facétieux, nous pourrons, en guise de Requiem, psalmodier en chœur " Et c'est ici que partent en fumée nos produits contre nos nuits sans sommeil, contre notre cholestérol, pour nos prostates et nos varices, contre notre HTA et nos angines de poitrine ou virales..." et, au moins, les déshérités des tiers-monde, ça fait bien du monde, n'auront plus la disgrâce de profiter de nos déchets en même temps que nous aurons lavé notre conscience!
2 /  Les résultats d'incinération humaine ne pourront plus être conservés chez soi, sur la cheminée, au-dessous du cadre du défunt auquel certains adressent, chaque matin, un ptit "salut-comment-ça-va", ils devront obligatoirement trouver refuge ou place dans un jardin du souvenir créé dans chaque cimetière ! Et moi qui, convaincu depuis si longtemps, que " aussi haut que l'on soit monté dans l'échelle sociale, on finit toujours par...des cendres, j'espérais que mes résidus à venir seraient éparpillés dans une parcelle de la forêt meusienne choisie pour son appellation, le "champ Gabriel" situé au S.O du village ruiné d'Ornes, je suis berné! me retrouver encerclé de quidams inconnus auxquels je n'aurais rien à raconter, quelle mortelle horreur et mortel ennui !
Exmédiens rigolards, vous pourriez là aussi chanter " et c'est ici et ainsi que tombe en ruines fumantes, cette géhenne de Gabriel " mais...je ne suis pas pressé... en attendant d'être compressé.
Dr G. Nahmani

14 janvier 2009
Cyclamen ou Cycle amen (1)
   Depuis le 31/ 12/2008 la redistribution aux bénéfices des organisations humanitaires des médicaments non utilisés pas les patients n' est plus autorisée. L' analyse de cette mesure très discutable montre que ses causes en sont complexes et multiples et qu' il est souvent bien difficile de se faire une opinion juste. Analysons les faits.
Depuis 1993 les citoyens français étaient encouragés à rapporter leurs médicaments non consommés ou périmés à leur pharmacien. Un organisme spécifique mis en place par l' Industrie Pharmaceutique (Cyclamed) était chargé de collecter puis de détruire ces rebuts médicamenteux(98%) et d' en redistribuer environ les 2% restants aux organisations humanitaires (OH) Les arguments qui ont amené à supprimer la redistribution de ces médicaments recyclables reposaient sur :
La revente de médicaments non consommés par quelques pharmaciens français "indélicats"
La concurrence "déloyale" faite aux pharmaciens et laboratoires des pays bénéficiaires (y a pas de petite pharmacie)
La non compréhension des notices pour les populations non francophones (y aurait pourtant beaucoup à dire pour les francophones)
L' absence de traçabilité de ces médicaments redistribués (conservation.)
La distribution de produits sans effets thérapeutiques prouvés (ils le valent bien !!)

   Les arguments justifiant la redistribution par les OH des médicaments non consommés non périmés est simple
Accès de thérapeutiques à des populations démunies, dans les suites de catastrophes naturelles, guerres. ou dans les pays sous développés
Distribution après triage des médicaments (en main propre) en fonction des besoins spécifiques du pays, des pathologies par les médecins des O H.
Développement d' une solidarité sanitaire complémentaire indissociable de l' aide alimentaire à des populations démunies
Développement simultanément d' actions éducatives , préventives avec ces populations, participation à l économie et l' écologie de la santé.
    La balance avantage /inconvénient ne penche pas de façon évidente pour la suppression du système préexistant. Au contraire, on voit bien les quelques vrais arguments (assez faciles à corriger) et les faux, beaucoup plus pernicieux, mais qui arrivent à s' opposer à une action apparemment simple (gratuite dans tous les sens) et à la remplacer par une autre, lourde, et coûteuse.
En effet à partir du 1/01 /2009 les organisations humanitaires doivent acheter les médicaments qu' elles souhaitent distribuer à des centrales d' achats et donc aux laboratoires pharmaceutiques. Elles sont de fait contraintes à rechercher de subventions spécifiques de l' Etat ou à faire appel, une fois de plus, à la générosité des citoyens.
Quant aux médicaments non utilisés , ils seront brûlés, ce qui aura comme effet secondaire (non évalué) de réchauffer la planète. Ainsi est bouclé le cycle, amen.
Dr B.Blaive

(1) ndlr : Cette décision officielle d'incinération des médicaments inutilisés a déjà fait l'objet partiel du Coup d'Oeil de Gabriel Nahmani, paru hier sous le titre " Après décembre, des cendres ". Plusieurs expressions personnelles sur un même évènement, c'est aussi la richesse d'Exmed

15 janvier 2009
Rein qu'ça
<< Pour consoler son coeur brisé, il veut récupérer son rein... >>
Le Figaro - 10 janvier 2009.
Un chirurgien, qui avait fait don de l'un de ses reins à l'infirmière qu'il aimait, le lui réclame aujourd'hui, parce qu'elle l'a trompé et abandonné. En résumé, pour prix de son coeur qui saigne, le médecin veut son rein sain. Le praticien est prêt à laisser son rein à son ex-femme aussi longtemps qu'elle en aura l'usage moyennant un dédommagement de 1,5 million de dollars.
                        Duo amoureux sur canapé au Pays du sourire:
• Elle, l'infirmière, avant d'être infidèle, avec la voix de Piaf : <<  Je t'ai dans la peau, y'a REIN à faire...je n'ai jamais trop de toi dans la peau, un jour ça me perdra  ( Elle aurait peut-être voulu qu'il lui fourgue ses Deux reins ? ) j'n'ai jamais trop de toi dans la peau >>.
• Lui, avant d'être bafoué: <<  Je t'ai donné mon REIN, Tu tiens en toi tout mon bonheur. Sans ton baiser il meurt. Car sans soleil meurent les fleurs. À toi mon beau chant d'amour . >>

    Peu de temps après ( ça dure combien de temps un duo amoureux, entre nous ?), le REIN, objet de toutes les déconvenues, vaudrait 1,5 M. de $ ! Est-on sûr qu'il est toujours SAIN et que l'ex-épouse accepterait de ranger dans son flanc un machin dont aura profité sa concurrente, qui pourrait rétorquer (mada) : << Y'a Rein à faire, je l'ai, je le garde ! >>.
Et tous les calculs ( financiers) du chirurgien de se dissoudre...
Dr G. Nahmani

16 au 18 janvier 2009
Le dessin de Cécile Bour: Trophées...

19 janvier 2009
Sous le couvert de notre santé LEM 584
Un vieux et sage proverbe prétend que les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
Or, dans le domaine de la santé, nous entendons une profusion de conseilleurs. Sans doute sont-ils, eux, sinon payeurs, du moins payés pour nous livrer leurs messages.
Gabriel Nahmani dans la LEM 584 aborde, à sa manière habituelle, cette << Conseillomanie galopante >>. Nous faut-il accueillir les mains jointes toutes ces injonctions dont l'objectif affirmé est de nous permettre de rester en meilleure santé ?
Dr F-M Michaut


20 janvier 2009
Deux poèmes pour vibrer
Les temps si pleins de fureur et de biens matériels semblent peu propices à prendre quelques minutes, juste pour laisser fonctionner librement son cerveau droit, celui des émotions.
Exmed vous propose, mis en page par Christine Bruzek, deux nouveaux poèmes inédits de Juliette Goldberg, ne ratez-pas ce rendez vous d'exception.
Dr F-M Michaut

21 janvier 2009
Et les mamans médecins?
   La mise au monde de la petite Zora, le bébé de madame Rachida Dati, ministre de la justice-Garde des sceaux, a fait couler beaucoup d'encre dans la presse ; la grande, la people, ainsi que la presse médicale et même ici sur la liste EXMED. Ce n'est pas que la naissance fut jugée prématurée, mais la reprise des activités ministérielles maternelles. Faut-il y voir une frustration journalistique induite par l'anonymat du père ? Quoi qu'il en soit, le Quotidien du Médecin du 15 janvier n'a pas échappé à la mode, avec pas moins de deux articles sur cette << brûlante >> actualité : un article consacré au congé maternité des femmes médecins, et l'excellent éditorial de Richard Liscia intitulé <<Polémique sur la maternité d'une ministre. La liberté de Rachida >>.
    Extrait du premier article : <<Que la ministre de la Justice ait retrouvé le chemin de l'Élysée cinq jours seulement après une césarienne a suscité bien des commentaires. Mais que font les femmes médecins en semblable circonstance ? Abrègent-elles ou profitent-elles à plein des 16 semaines de congé de maternité auxquelles, en ville comme à l'hôpital, elles peuvent légalement prétendre [...]>>.
    Les femmes médecins, tous modes d'activité confondus (libéral ou salarié), bénéficient rarement de cette disposition.
    En ville ( en exercice libéral ), selon un représentant de la branche spécialiste de la CSMF, Confédération des syndicats médicaux français , << les femmes médecins se comportent plutôt comme madame Dati >>. Leurs indemnités journalières sont de 47,65 € ( plafond de la Sécu). Pour celles qui prendraient la totalité de leur congé, après avoir payé le ou la remplaçant(e), les frais de fonctionnement du cabinet, il ne resterait plus grand chose, et la patientèle aurait été en partie infidèle.
    A l'hôpital, <<si la question financière ne se pose pas, celle du remplacement est également valable. Les choses sont simples : les praticiennes en congé de maternité ne sont pas remplacées, leurs confrères et consœurs absorbent leur charge de travail [...] Même si l'environnement est relativement bien respecté, s'exerce quand même une pression ( amicale ) réciproque sur le médecin en congé et son équipe.>>. Autrement dit, la tentation existe aussi à l'hôpital d'écourter un peu les 16 semaines légales.
    En définitive, seules les femmes médecins salariées exerçant dans des structures non hospitalières ( médecine du travail, santé scolaire, administrations diverses ) peuvent bénéficier de leur plein congé de maternité.
    On le voit, il n'y a pas que Rachida . . .
Dr. Philippe Deharvengt, alias le Père Igor

22 janvier 2009
Liste de contrôle au bloc opératoire
La réglementation aéronautique impose à tous les pilotes de procéder à la célèbre << check-list >> avant tout décollage d' un avion.
Des chercheurs britanniques ont eu l' idée d' appliquer cette technique à l' organisation des salles d' opération, afin de réduire ainsi le risque chirurgical. Selon le site du New England Journal of Medicine, des praticiens de l' Organisation mondiale de la santé (OMS) ont démontré qu' on peut ainsi réduire de 40% le risque de décès par erreur et d' un tiers le nombre des complications accidentelles sévères.
L' idée est tellement simple, si économique et si facile à mettre en œuvre, qu' on se demande pourquoi on le fait pas depuis longtemps. Un seul bémol cependant. Les équipes chirurgicales traînent les pieds pour commencer à se plier à cette discipline. Celles qui ont adopté cette procédure simple et rapide, devant les résultats obtenus, en sont devenus de chauds partisans.
Simple petit détail : la liste commence avant l' anesthésie, et le patient lui-même est invité à y participer pour confirmer certaines données le concernant. Et tous les personnels présents en salle d' opération sont également interrogés.
Combien de temps faudra-t-il pour que cette trouvaille traverse le Channel ?
Dr F-M Michaut

23 au 25 janvier 2009
Le dessin de Cécile Bour :Sur une affaire récente ( Coup d'Oeil du 15 janvier Rein qu' ça )

26 janvier 2009
Relation malade-ordinateur-médecin LEM 585
Comme dans un vaudeville à la Feydeau, le couple bien établi médecin malade subit, modernité oblige, l' intrusion du tiers Internet et devient ainsi un triangle.
Source intarissable de connaissances et de croyances plus ou bien bien fondées, comment la Toile fait-elle évoluer les échanges patient soignant ?
Tel est le sujet de la LEM 585 de Cécile Bour << Information des patients par internet >> .
Bonne lecture à tous.
Dr F-M Michaut

27 janvier 2009
De la discrimination pondérale dans l'air

Voici une sorte d' allegro mais pas joyeux du tout.
<< Les grosses hôtesses interdites de vol >>
Marianne - 17 janvier 2009 , repris par la revue de presse Univadis du 21 janvier.
<< Air India n'a pas fait de cadeau à ses employées. Dix d'entre elles ont, en effet, été renvoyées en décembre. La cause ? Elles sont trop lourdes ! La compagnie aérienne a, en effet, mis en place il y a deux ans de nouvelles règles, afin que ses hôtesses ne dépassent pas un certain poids. Une employée raconte : "Si vous n'avez ne serait-ce que 10 g en trop, c'est au revoir. C'est ridicule : le poids n'est pas une maladie infectieuse". Air India avait déjà fait parler d'elle à cause de ses méthodes de recrutement, notamment dans les années 90, où elle avait proposé une embauche à une ancienne Miss India, dont le salaire aurait été largement supérieur à celui de ses collègues. Le comble dans cette histoire, c'est que les hommes eux, ne sont pas concernés par cette mesure ! >>.
Pour rester logiques, les responsables d'Air India devraient aussi interdire de vols les clients ne répondant guère aux critères retenus, et les stewards et les pilotes, et aussi les bagages dans les soutes.
On sait bien que les habitants du pays sont habitués à faire vache maigre...sauf, semble-t-il, certaines hôtesses.
Notre meneur de jeux exmédiens devra-t-il s'inspirer d'Air India et imposer aux uns et aux autres un poids convenable pour ne pas alourdir exagérément le site ?
Gabriel, 8e décennie, pèse dysharmonieusement 80 kg !
Dr G. Nahmani

28 janvier 2009
Trop lumineux nuit
Nos oreilles sifflent des multiples atteintes à notre fragile environnement que font courir nos activités humaines. Gaz à effet de serre, polluants chimiques, déchets radioactifs, destruction systématique de végétaux, longue est la liste des effets néfastes de notre agitation humaine.
Depuis cinquante ans, nous augmentons annuellement de 5% l' éclairage nocturne des espaces publics. Il suffit d' approcher de nuit en automobile une agglomération de quelque importance pour constater l' existence d' un énorme halo lumineux dans le ciel. Or, nous ne prenons pas garde que la plus grande partie de ces sources de lumière nocturne diffuse aussi vers le ciel.
Ce serait ( Rustica du 7 janvier 2009 ) la deuxième source de mortalité des insectes, dont la présence est capitale pour l' équilibre des espèces vivantes végétales et animales. Il existerait également des perturbations pour la migration des oiseaux, au mécanisme encore inconnu. Ainsi que des atteintes à la croissance des plantes, au comportement des mammifères et de la faune aquatique.
Selon l' Agence de l' environnement et de la maîtrise de l' énergie, selon la même source, il serait possible de réduire du quart la consommation d' énergie ainsi utilisée avec des équipements plus économiques.
Alors, on s' en occupe un de ces jours de ce gaspillage qui ne peut que retomber négativement un des ces jours sur notre santé de fragiles petits humains ? Ou on attend silencieusement que des complications dramatiques soient révélées avant de se réveiller ?
Dr F-M Michaut


29 janvier 2009
Manifester et se manifester
En ce jour de défilés de manifestants dans les rues de France, si l' on se réservait une seconde pour sortir de l' anecdotique ? L' ancêtre latin manifestare souligne le rapport avec la main ( manus ). Ce qui est manifeste, c' est ce qu' on peut saisir avec la main ( Dictionnaire d' éthymologie Larousse 2004 ).
Les manifestations sont devenues - depuis 1848 - une forme d' action politique de masse au même titre que ces grèves dont la fréquence et les prétextes invoqués surprennent tellement nos amis étrangers.
Manifester ainsi en groupe, c' est exprimer quelque chose, en se regroupant en rang sous une bannière d' appartenance. Pour les américains, c' est un des droits fondamentaux des citoyens reconnu par la constitution.
Cependant, d' autres formes pour exprimer des opinions existent.
Avec une différence fondamentale, c' est qu' on ne se conduit plus comme un militaire - militant ( même origine verbale ) dans une armée obéissant aux ordres venus << d' en haut >>. Chaque citoyen, du moins dans nos heureux pays non dictatoriaux, a le droit, et les moyens techniques, de se manifester à la vue de tous.
A chacun de choisir ce qui lui parait le plus juste, sans oublier, une fois de plus, le sens des mots. Car, entre manifestation et manipulation, notre main ( manus ) peut s' égarer et notre sens critique se laisser si facilement berner.
La crédulité humaine est d' une incroyable étendue. La capacité personnelle d' expression, finalement encore si rare, n' en est que plus indispensable à toute la collectivité.
Dr F-M Michaut


30 janvier au 1er février 2009
Le dessin de Cécile Bour: Âge de pierre

2 février 2009
Tout simplement LEM 586
Une LEM qui répond à une autre LEM, rien de plus simple, n' est-ce pas ?
Et un témoignage vécu et sincère à propos de cette chère Toile dont nous sommes ici tous des familiers, ça ne se refuse pas.
Blandine Poitel, avec Ma Toile à moi vous attend.
Dr F-M Michaut

3 février 2009
Au fil du temps
Relevé le 22 janvier dans "le Généraliste.fr" quelques titres flash :
• << Le pouvoir d'achat des généralistes a baissé en 2008 >> avec, à côté, la question inquiète, << la crise économique affecte-t-elle votre activité ? >>
• << le personnel hospitalier ne cesse de croître selon Bachelot >> ( on peut regretter l'absence de madame ou monsieur ou Trucmuche ou Machin !: l'incorrection du langage parlé et écrit semble en France suivre la même courbe ascendante que celle du personnel, au contraire de celle du chiffre d'affaires évoqué, d'autant que le même journal ajoute que << les négos les plus longues de l'histoire conventionnelles vont-elles déboucher sur un flop ? >>
Aux Bas Maux, et même aux Hauts Maux qui affectent la profession, nous opposerons quand même un satisfecit : l'équilibre est conservé, l'un baisse ( le pouvoir d'achat des généralistes), l'autre, celui des banquiers et des autres chevaliers d'industrie (autre que charbonnière) qui abondent dans le pays, augmente tellement que le président-de-toutes-nos-destinées supplie, pas encore à genoux, les premiers de renoncer à leur gain cette année.
L'évolution des revenus des généralistes devra donc être globalement bien inférieure à celle de l'inflation : prudemment, on évite de considérer les revenus des patients tout-venants, de ceux qui hantent les ANPE ( agence pour l'emploi), des innombrables que je vois chaque jour lire sur des vitrines les offres (rares ) d'emploi, on évite de pleurer sur les 1300 euros/mois que touche mon petit-fils de 21 ans comme maçon-grutier à Annecy, sur le salaire dérisoire que touche une femme de ménage faisant chaque jour plus de 55 km pour servir une agence de nettoyage, frais de transport non remboursés par l'employeur qui a débuté comme elle et a su y faire.
Peut-être la gent médicale devrait-elle réaliser combien il est obscène de se plaindre et de toujours réclamer encore plus ? Quand mon chiffre d' affaires augmentait, mes charges sociales suivaient rapidement une courbe ascendante dangereuse, comme celle du personnel bacheloté et mes impôts itou ...
Le personnel hospitalier augmente (1) ? La ministre précise << la création d'emplois nets dans les établissements hospitaliers publics a été de 25 000 emplois en 2008 et NOUS allons continuer cette année >>: si ce rythme persiste aussi élevé, on peut imaginer que bientôt les ANPE pourront fermer, leurs employés devenus pour beaucoup très hospitaliers.
<< L'argent, ça va, ça vient, mais quand ça vient, ça va ! >> (Smaïn)
Dr G. Nahmani
(1) NDLR : L'histoire ne dit pas quelle est la part respective du personnel administratif et du personnel soignant dans ces nouveaux emplois dans les hôpitaux.

4 février 2009
La santé à l'école?
  Après le scandale des prisons, toujours loin d'être résolu mais balayé par l'actualité, c'est aujourd'hui la santé scolaire qui mobilise l'attention de la presse médicale, avec rien moins que deux articles dans le QdM du 27 janvier : <<les médecins scolaires butent sur leur "invisibilité">> et << Santé scolaire en région ; premiers résultats de l'Observatoire de Haute-Normandie >>. Ne connaissant pas la Haute-Normandie, je ne commenterai que le premier article.
    A noter tout d'abord que cette profession est féminisée à 98%. Est-ce pour cette seule raison que je m'y suis senti tellement mal à l'aise ? Certainement pas, et j'évoquerai ci-dessous bien d'autres causes. Elles semblent pourtant très motivées, ces dames de l'Éducation Nationale ; qu'on en juge par les propos des Drs. Agnès Ducros et Marie-Hélène Lepinette-Botrel, toutes deux secrétaires générales adjointes du SNMSU (Syndicat national des médecins scolaires et universitaires). <<Le métier plaît énormément. Il est extraordinairement varié. Nos patients vont des petits aux ados. On fait à la fois de la pédiatrie, de la santé publique, de la médecine du travail, [...]. Mais ces dames veulent de la considération : << il faut revaloriser la profession [...]. Cela passe par le salaire, bien sûr, (les médecins scolaires sont les médecins salariés les moins payés de France, NDLA). mais aussi par une reconnaissance universitaire [...] >> . Alors que la médecine générale est en train de gagner ses galons de spécialité, les médecins scolaires, exclus du dispositif, s'inquiètent par ailleurs d'en subir les effets collatéraux en termes de considération. << Cela pourrait occasionner pour nous une sorte de sous-qualification supplémentaire [...]. >>
    Par ailleurs, le SNMSU souhaiterait que, dans un but de réorganisation de l'exercice de la médecine scolaire, la législation soit revue. Le syndicat voudrait que saute le caractère obligatoire du bilan de santé à six ans. << Il faut modifier ce texte que nous ne pouvons pas appliquer. Quand on fait ce bilan, c'est au détriment des autres élèves (et notamment des ados), au détriment de toutes nos missions éducatives et de prévention, au détriment de l'accueil des enfants handicapés.>>. Et de souligner le cruel manque de moyens en personnels médical et infirmiers...
    Pour avoir exercé cette médecine pendant un an ( année scolaire 1997/98 ), je ne peux que m'associer à ces revendications. Mais ces dames ne disent pas tout. Elles omettent de dire que cette médecine, comme celle du travail, est exclusivement préventive. Elles ne disent rien de l'interdiction qui leur est faite de pratiquer une médecine de soins, même en situation d'urgence telle que celle que j'ai connue.
    -Histoire vécue : on m'amène à l'infirmerie du collège un élève en pleine crise d'asthme. J'avais évidemment dans ma trousse d'urgence le flacon de salbutamol qui l'aurait immédiatement soulagé. Mais non, le règlement m'interdisait de l'utiliser (c'était presque de la non-assistance, mais c'était ainsi). Je fis donc appel au médecin de garde, qui arriva plus de trente minutes plus tard pour administrer le salbutamol salvateur... C'est long trente minutes, quand on est un médecin, spectateur impuissant au chevet d'un enfant en détresse respiratoire ! Je demandai plus tard à ma hiérarchie le pourquoi de ce règlement imbécile. Simple question de responsabilité civile, me fut-il répondu, l'Éducation Nationale n'ayant pas souscrit d'assurance professionnelle pour ses médecins...
    Si on ajoute à cette sinistre mésaventure l'incapacité de cette médecine à régler les vrais problèmes de santé qu'elle soulève, on comprendra pourquoi je n'ai pas renouvelé mon contrat annuel de médecin-vacataire en santé scolaire.
Dr. Ph. Deharvengt, alias le Père Igor

5 février 2009
Parité dangereuse

Ce jour sont publiés les résultats d' une enquête de L' IREB (Institut de recherche scientifique sur les boissons) sur la consommation d' alcool des jeunes entre 17 et 24 ans.
Sur ce chapitre de la santé publique, les chiffres révèlent une inquiétante parité entre les garçons et les filles dans l' hexagone. Depuis 2001, les quantités d' alcool consommées par les filles auraient augmenté de 8% (10,6 verres par mois) alors que celles des garçons auraient diminué de 10% (26,8% par mois) tout en notant qu' ils devancent toujours les filles.
Il faut espérer qu' à l' heure européenne, les chiffres de cette addiction ne s' alignent pas sur ceux du Royaume Uni où les filles boivent plus que les garçons.
Pour l' IREB, l' un des facteurs de risques est celui des familles recomposées alors que la monoparentalité semble plus épargnée. L' incitation à la consommation excessive se fait entre copains plutôt qu' au sein de la famille, qui souvent l' ignore.
La vigilance parentale se focaliserait plutôt sur le cannabis, d' autres drogues comme l' héroïne qui fait un grand retour, la cocaïne et le tabac.
L' alcool est elle aussi une drogue dure qui requiert la plus grande attention. Et avec l' alcool, un petit rappel sur ces boissons dites hyperénergétisantes achetées au supermarché du coin et qui peuvent remplir le caddie familial sans que le parent en connaisse la dangerosité Son chef de file est le Redbull (taurine et caféine d' unlitre de café par canette) autorisé en France depuis juillet dernier malgré les réserves du ministère de la santé. Associé à des alcools forts comme la vodka, il peut se révéler explosif. De fortes suspicions de décès seraient liées à sa consommation ainsi que des cas de neurotoxicité observées en Suède et en Irlande.
Le slogan "L' abus d' alcool est dangereux pour la santé" n' est pas un simple matraquage publicitaire de radoteurs. Il correspond à une réalité médicale.
Sur le chapitre de la consommation d' alcool, la parité entre les hommes et les femmes est à proscrire. A poids égal et à consommation identique, les femmes ont une concentration supérieure d' alcool dans le sang. Et tolérance zéro pour la femme enceinte. Pour une consommation qui peut sembler modérée de deux à trois verres par jour, les risques d' altérations sur l' embryon et sur le fœtus sont réels, et l' on a pu observer des différences de QI de 7 points chez les enfants de femmes ayant consommé trois verres de vin par jour pendant leur grossesse. La banalisation des substances qui altèrent la conscience est un fait de société inquiétant et un problème de santé publique.
Nicole Bétrencourt
Sources:
Journal Du Dimanche du 1 février 2009, Christel de Taddeo,Addictions
http://www.ireb.com/
http://hepatoweb.com/Documents_PDF/Zero_enceinte.pdf
http://www.exmed.org/exmed/co2008b.html

6 au 8 février 2009
Le dessin de Cécile Bour: A chacun son anatomie

9 février 2009
Oligarchie à la française Lem 587
Qu’on ne s’y trompe pas. Nous n’avons aucune raison de mettre en cause les hommes de telle ou telle catégorie. Pas plus que la qualité exceptionnelle des capacités cognitives qui sont indispensables à nos jeunes gens pour accéder aux écoles les plus prestigieuses de France. Ceci ne nous empêche nullement de prendre un instant pour réfléchir à la pertinence d’un système qui ne peut, par définition, se prêter à aucun changement quelles que soient les conditions de fonctionnement de notre société. << Où sont donc nos élites ? >>, la LEM 587 de cette semaine, attend votre lecture.
Dr F-M Michaut

10 février 2009
Bouffer du médecin
Un article paru dans PlanetMag Week-end le 25/01/09 portait ce titre aguicheur :
<< Le classement des hôpitaux français… et des médecins traitants
Combien gagne votre médecin? Votre médecin est-il bon ?
>>
Pourquoi s'arrêter à ces seules questions ? Poursuivons, messieurs les accusateurs publics:
Combien gagnent votre boulanger, votre plombier, votre notaire, votre édile municipal, votre comptable, votre garagiste, votre député et son copain sénateur …? la liste est longue, ma plume fatigue !
Et ces quelques professionnels cités, sont-ils BONS en permanence, vous donnent-ils toujours entière satisfaction?
Lu aussi dans un forum cet édifiant réquisitoire: " Comment sont établis les tarifs des interventions chirurgicales ? des examens cliniques ? de l'imagerie médicale ?
Qui décide de leur fréquence ? de leur opportunité ?
Les patients ne sont que des prétextes pour déclencher de la consommation médicale qui se règle entre la Sécu, les mutuelles et les professionnels du secteurs: personnel soignant, gestionnaires d'établissements et industriels de la pharmacie et des équipements médicaux...
On met toujours en avant les quelques abus de certains patients ... mais ces tricheries ne représentent que des miettes à côté des profits des professionnels du secteur !
Là il ne s'agit pas de tricherie mais de tarifs légalement admis à partir de comptabilités exagérément favorables...
Les cliniques restent des investissements très rentables qui ne craignent pas la crise !
On pourrait répondre ou rappeler au patient vitupérant que si examens cliniques et autres il y a , c’est parce qu'il y a eu, au départ, plainte ou crainte d'être malade ! Que tout ne peut être expliqué ou découvert rapidement en cas de problèmes importants, d'où la nécessité de répéter les examens pour tenter de trouver la solution et rappeler aussi que les patients, très critiques, sont toujours prompts à accuser et attaquer…pour insuffisance d'assistance !
Chaque médecin aura eu, ou aura, maintes fois dans son exercice professionnel à subir et entendre de telles critiques, assez souvent justifiées, hélas, mais conservera quand même le droit de continuer de soigner et suivre même les plus désobligeants de ses patients.
Notre pays est devenu malheureusement celui d'un peuple où fleurissent abondamment la vilenie de certains propos, la jalousie mesquine, la critique inappropriée et déplacée, les caricatures honteuses, le déballage des pensées et des fantasmes théoriquement secrets.
Heureusement, existe toujours l'autre facette de l'être, faite de persévérance, d'obstination, de courage, de ferveur, toutes qualités que l'on trouvera chez bon nombre de médecins…et de patients respectables.
Dr G. Nahmani

11 février 2009
Génétique ou familial?
Le Lancet a publié les résultats d’une étude de très grande ampleur sur la transmission familiale des maladies mentales. En l’occurrence la schizophrénie et la psychose maniaco-dépressive (Institut Karolinska à Stockholm , Suède))
C’est Le Figaro du 16 janvier qui s’est fait l’écho des résultats de cette enquête … et qui se prend les pieds dans le tapis.
<< Une étude menée sur 9 millions de personnes durant 30 ans confirme que la psychose maniaco-dépressive et la schizophrénie ont des origines génétiques communes ».
<< Les résultats confirment le caractère largement héréditaire de ces affections (64 % pour la schizophrénie et 59 % pour les troubles bipolaires)
Le risque est 9 fois plus important quand on a un frère ou une soeur schizophrène. Pour la psychose maniaco-dépressive, le risque est 8 fois plus élevé quand on a un frère ou une soeur déjà atteint
», précise le journal.
De familial nous voilà donc passés à génétique et à héréditaire.
Question de sémantique ?
Pas du tout ! Nous pouvons en effet imaginer que dans une famille, la présence d’une pathologie mentale bouleverse les codes sociaux et comportementaux. A fortiori si c’est un des parents qui est atteint.
A aucun moment n’est cité le gène ou la séquence de gène responsable de ces maladies. Un psychiatre français émet une réserve concernant la non prise en compte des facteurs environnementaux : grippe pendant la grossesse, rétrovirus…etc. Mais toujours rien sur la dimension familiale.
Voilà hélas comment l’ambiguïté d’une information peut manipuler les esprits. Sans entrer dans la polémique éculée de l’inné contre l’acquis, les médias se doivent d’être vigilants à l’exactitude des mots.
Familial ou héréditaire ne dit pas génétique. Nous pouvons hériter de comportements et/ou de gènes…La précision serait de mise dans un sujet aussi grave.
Le plus triste c’est que l’information est reprise telle quelle dans un site d’information médicale à la disposition du grand public.
Ces quelques réflexions viennent alimenter l’interrogation sur l’opportunité d’une diffusion trop large et souvent bâclée des informations médicales.
Dr F.Dencuff

12 février 2009
Interrogation d'une béotienne
Un article dans les Échos (19 janvier 2009) s’interroge sur le peu de recherche dans le domaine de la lutte antibactérienne. Pourtant les résistances aux antibiotiques (AB) se multiplient.
Chacun sait depuis longtemps que Big Pharma n’a rien d’une œuvre humanitaire. Donc la recherche d’antibiotiques est délaissée pour trois raisons:
<< Aucun nouveau concept ne paraît actuellement suffisamment mûr pour justifier des investissements dans ce domaine.
La complexité croissante des essais cliniques, plombés par des procédures de plus en plus lourdes … donc chères !
le faible rendement financier de ces molécules, vendues très peu cher et à la merci de génériqueurs sauvages.
>>
Bref trop cher, trop cher et encore trop cher.
Une question reste pourtant en suspens : pourquoi tant de résistances ?
Nous revoyons immédiatement les spots de pub quelque peu infantiles : les antibiotiques… c’est pas automatique. Certes des antibiotiques pour tout et n’importe quoi et quelques fois même pour servir d’anxiolytiques aux médecins comme aux patients n’est certes pas une bonne pratique.
Mais ce n’est probablement pas la seule raison. Le cycle de vie et de mort des « vilaines bébêtes » n’a pas toujours été pris en considération dans la posologie des « gentils médicaments ». Cinq à huit jours d’antibiothérapie dans la plupart des cas. Et toutes les chances pour qu’une bactérie reste encore virulente dans son petit coin. En effet la dimension pathogène est directement liée au nombre d’agents pathogènes. Au bout de quelques jours d’AB la plus grande partie de la « colonie » est éradiquée. La plus grande partie seulement. Et ceux qui restent ont tout le temps de modifier leur matériel génétique.
Pas automatiques les antibiotiques, certainement mais quand ils deviennent indispensables… c’est pendant 21 jours. Délire de blonde…allez donc regarder de plus près les cycles de nos plus grands concurrents dans la domination de la Terre.
Bref depuis des années, pour vendre vite et plus les posologies semblent bien avoir été tronquées. Et maintenant plus de sous pour trouver « les remèdes ».
Vous avez dit Kafka ?
Dr F.Dencuff

13 au 15 février 2009
Le dessin de Cécile Bour: La belle en guise de label

16 février 2009
Et pan sur le stétho LEM 588
Il est sain de sortir des discours sur la médecine à deux vitesses. Juste pour mettre le doigt sur une singulière - et bien réelle - ségrégation de certains patients par le corps soignant. Apôtres des droits de l’homme, vous avez encore du pain sur la planche.
Le << syndrome méditerranéen >> en question , la LEM 588 de Cécile Bour vous attend. Vous ne regretterez pas cette mise au point sans complaisance.
Dr F-M Michaut

17 février 2009
Tranches de cake !
Après la publication le 2 février 2009 du rapport de l’Igas ( inspection générale des affaires sociales du ministère de la santé) sur les revenus médicaux, il est intéressant de regarder la façon dont les sites d’informations médicales ont traité le « scoop » en reprenant certains passages de l’article des Échos.
Pour Santé.net (Santor Edition éditeur sur internet) un condensé de l’article des Échos
« Inégalités, absence de contrôle, opacité : l'Igas dresse un état des lieux sans concession »,
« des écarts de rémunération allant «de 1 à 10» dans les hôpitaux publics, les anesthésistes et les urgentistes parmi les mieux payés alors qu'ils sont les plus revendicatifs, des inégalités importantes également dans les cliniques privées...».
« l'Igas préconise une refonte totale de la tarification des actes médicaux et un renforcement de la transparence sur les tarifs. S'agissant de l'hôpital, elle appelle à payer les gardes et astreintes «sur des bases objectives et contrôlées», ce qui est loin d'être le cas actuellement ».
Pour Egora.fr (Global Media Santé : Revue du Praticien, Panorama du médecin, Concours médical…) des extraits du rapport et des interviews … très médiatiques
Voilà un rapport qui tombe à pic pour le gouvernement: à huit jours du début de l´examen de la réforme Hpst par les députés, en pleine polémique sur le manque de moyens accordés à l´hôpital public

« Comme par un heureux hasard, à la veille de la présentation de la loi «Bachelot» très controversée et ne recueillant que peu de soutiens devant le parlement, un rapport de l´Igas est présenté ce matin de manière très curieuse. L´analyse des chiffres est étonnante et la charge est sonnée pour que soient montrés du doigt les médecins hospitaliers qui se battent actuellement pour défendre le service public », commente l´Association des médecins urgentistes de France

« Ce que montre le rapport, c´est surtout l´énorme disparité des rémunérations entre l´hôpital et l´activité libérale. Prenons un exemple, les cardiologues: rémunération moyenne dans le public de 77 664 € contre 121 309 € dans le privé, soit un écart de 56% !», retient l´Amuf.

Pour le JIM (Journal International de Médecine) le ton se fait carrément caustique :
Les inspecteurs généraux des affaires sociales, quelle que soit leur spécialité et en dehors des primes d’ancienneté et autres spécificités salariales dûment autorisées bénéficient certainement exactement des mêmes émoluments et travaillent (ou devraient travailler) sans doute exactement le même nombre d’heures
Pour les auteurs du rapport, il semble que ces compléments de salaire liés aux gardes et astreintes soient à surveiller pratiquement au même titre que les dépassements d’honoraires pratiqués par les praticiens ayant une activité libérale à l’hôpital ou encore les rémunérations pas toujours lisibles des activités extérieures. Pourtant, dans ces deux domaines, les pratiques semblent plus certainement à même d’être interrogées. L’IGAS souligne en effet que le taux moyen de dépassement pratiqué par les médecins hospitaliers ayant une activité libérale est de 366 %
Ils se rejoignent en revanche pour souligner que les plus mal payés sont les généralistes et les spécialités qui n’ont pas de lourds plateaux techniques. Et ils relèvent la proposition de l’Igas de mettre en place une rémunération à l’activité
.
Si la cohérence d’un tel rapport n’est pas à mettre en cause, il est en revanche suspect qu’il soit publié à un moment où l’on cherche à relancer les activités. Nos grands administrateurs ont-ils en tête de faire des économies encore plus drastiques sur la santé ? Pourquoi le monde des soins est-il sans cesse montré du doigt. Les banquiers font n’importe quoi avec nos sous, jouent à qui perd…perd et, sans état d’âme, les états volent à leur secours. Mais que des médecins, mal rémunérés conventionnellement, compte tenu de leur niveau de responsabilité et de leurs temps de travail, essaient d’avoir des revenus plus corrects et là c’est le scandale.
Il est évident que certains d’entre nous dépassent les bornes mais comme le reconnaissent les médias, les médecins français sont bien loin d’être les plus fortunés de l’OCDE. Pour plus de transparence il faut d’abord et surtout que le montant des honoraires soient à tout le moins correct. Vingt-trois € pour une consultation généraliste est-ce bien raisonnable ?
Ce qui est certain c’est que les anesthésistes et les urgentistes … les plus revendicatifs sont eux dans le haut du tableau.
Dr F.Dencuff

18 février 2009
Antidépresseurs sur pattes
Des expérimentations in-situ démontrent que la présence de chien, même ponctuelle, s’avère bénéfique pour le moral des personnes âgées, qu’elles soient en institution (long séjour, maison de retraite) ou isolées.
Certains établissements possèdent même leurs propres chiens, comme par exemple la maison de retraite de la Méridienne, à Villeneuve-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, ou le Centre Hospitalier du Cateau - service de long séjour - dans le département du Nord.
Une association loi 1901, « Parole de chien », propose des visites de jeunes chiens accompagnés de leurs maîtres (tous bénévoles). Avant d’être sélectionnés, les chiens sont testés par un comportementaliste spécialisé dans les relations entre l’Homme et le chien. Ces animaux doivent avoir entre 15 mois et deux ans, être équilibrés, éduqués, propres, et sociables. De son côté le maître doit pouvoir contrôler son chien à tout moment si cela est nécessaire.
Sur rendez-vous, « Parole de chien » va à la rencontre des aînés isolés ou peu mobiles, ou bien dans les établissements où elle organise jeux et activités collectives visant à stimuler ce qui est déficient durant le grand âge : la mobilité, la précision, la mémoire, etc ...
selon une étude présentée au dernier congrès de l’American Heart Association, le contact entre l'humain et le chien a des vertus thérapeutiques telles que la baisse de la tension artérielle et du rythme cardiaque, et la réduction de l’angoisse et de l’agressivité.
La zoothérapie a un bel avenir devant elle, mais il est toujours difficile pour une personne âgée de faire accepter son propre animal de compagnie lorsqu’elle part en collectivité.
Une circulaire du ministère des affaires sociales du 11 mars 1986 précise que : << les personnes qui ont un animal familier doivent être autorisées à le garder avec elles, dans la mesure où il ne créera pas une contrainte anormale pour le personnel et où il ne gênera pas la tranquillité des autres résidents >>. Toutefois, la décision finale appartient au conseil d’administration de l’Etablissement.
 O. Taltavull

19 février 2009
Allocation de fin de vie
Pour une fois unis, toutes tendances politiques confondues, nos députés on voté le 17 février une proposition de loi instituant une allocation destinée à favoriser l’accompagnement des proches dans les fins de vie à domicile. Fort bien.
Bien entendu, quelques associations font valoir que le montant journalier de 49 euros versé pendant un maximum de trois semaines n’est qu’un cache-misère. Point de vue compréhensible.
Quand on espère ainsi réduire la proportion de patients qui meurent seuls à l’hôpital ( 75% des cas en France ) est-on sur la bonne voie ? Que désirent le plus les humains, si ce n’est de pouvoir achever leur vie chez eux.
Pourquoi les médecins généralistes se hâtent-ils aussi souvent pour envoyer leurs patients mourir hors de chez eux ? Peur de ne pas pouvoir affronter cette rencontre avec la mort ? Manque de formation à leur vrai métier de généraliste, dont l’accompagnement jusqu’au dernier souffle est un aspect de première importance ? C’est certain, humainement dramatique et ruineux, quand on sait ce que coûtent à l’assurance maladie les derniers jours d’hospitalisation d’un malade en fin de vie.
Les mourants ont certes besoin de leurs proches, mais ils ont aussi un énorme besoin de leur médecin de famille. Pour qu’il puisse leur accorder tout le temps nécessaire, à eux, comme à tous leurs proches. Encore faudrait-il pour cela que les praticiens soient correctement rémunérés, et reconnus de tous pour remplir avec toute l’humanité nécessaire cette mission de premier plan.
Redonner ainsi quelques lettres de noblesse aux médecins généralistes, leur reconnaître une fonction de tout premier plan, cela heurterait-il quelques sommités proches des sphères de décision ?
Dr F-M Michaut

20 au 22 février 2009
Le dessin de Cécile Bour: Babyfoot...

23 février 2009
Evaluer ce qu'on fait: Lem 589
Dans notre manie de nous précipiter les yeux fermés sur tout ce qui a une étiquette de nouveauté, en particulier dans le domaine technique, nous en oublions bien souvent de prendre le temps de tenter d’évaluer la valeur de ce que nous faisons.
Comme l’internet de santé n’échappe pas à ce risque, cette LEM 589 de Nicole Bétrencourt, témoignant d’une récente réunion à Paris est de grand intérêt.
Bonne lecture
Dr F-M Michaut

24 février 2009
Pas de quoi pavoiser
Le rapport de l’Institut Necker, rendu public le 15 juillet 2008, signé par Philippe Even, qui fut doyen de la faculté Paris Necker pendant 15 ans, est sans appel.
La recherche médicale en France compte 5500 professeurs et maîtres de conférence hospitalo-universitaires qui doivent statutairement consacrer le tiers de leur temps à la recherche, ainsi que 1850 chercheurs relevant de l’Inserm ( institut national de la santé et de la recherche médicale ) et du CNRS ( centre national de la recherche scientifique ).
<< Hormis la demi-synthèse de 2 des 30 anticancéreux majeurs à partir des produits végétaux identifiés ailleurs, il n’y a pas eu un seul vrai médicament utile français depuis 30 ans >>.
Vous aviez entendu cette information quelque part ? Moi, non.
Pas vraiment flatteur en matière de créativité pour un pays qui possède par ailleurs une des toutes premières industries pharmaceutiques du monde.
Le citoyen contribuable ne peut que se gratter le cuir chevelu en signe de perplexité devant les discours si souvent entendus ces derniers temps sur la qualité et la pérennité de notre recherche nationale.
Toutes les vérités ne seraient finalement pas bonnes à dire dans nos démocraties ?
Dr F-M Michaut

25 février 2009
Le "bon vivant" est mort
Être un « bon vivant » n’est plus de mise ! La semaine dernière nous apprenions par les médias que boire un seul verre de vin par jour nuit gravement à la santé. Nous savions déjà que manger trop gras, trop sucré, trop tout court, est très mauvais pour notre corps. Et comme ne pas faire de sport augmente le risque de cancers induits par le bien boire et le bien manger, voici le bon vivant en pantoufles condamné. Et la pollution de l’air, la nourriture trafiquée, l’abus de médicaments, le stress, la pauvreté, la manipulation mentale, les mensonges médiatiques, les lois scélérates, tous ces poisons de la vie, ne sont-ils pas plus nocifs pour la santé que le vin, les frites, la paresse, ou la fumée d’un havane ?
Quoiqu’il arrive, nous sommes nés pour mourir ; alors espérons que nous pourrons garder encore longtemps la liberté de choisir d’être un bon ou un mauvais vivant !
O.Taltavull

26 février 2009
Manifester ici et se manifester ailleurs

Ici, la France bruisse depuis des semaines des manifestations des enseignants-chercheurs de nos universités, curieusement soutenus par les étudiants et les lycéens, et avec le bénéfice d’une large amplification médiatique. En un mot, une de ces manifestations dont l’objectif semble bien être de ne surtout rien changer à nos habitudes.
Ailleurs, à l’université d’Ottawa ( Canada), le professeur Denis Rancourt est, lui, parti en guerre contre ce que les contrôles et les notations imposent aux étudiants de façon écrasante. C’est ce que nous explique Courrier International n° 955 du 19 au 25 février 2009, en reprenant un écho de The Globe and Mail.
Pour y parvenir, notre contestataire professoral a décidé de donner à tous ses étudiants la meilleure note possible ( A dans leur système ).
Sans surprise, la direction de l’université est outrée de cette méthode portant, dit-elle, atteinte à la crédibilité de ses diplômes.
Nul doute que Denis Rancourt bat ainsi tous les records de popularité auprès de l’énorme majorité de ses élèves. Pas si mal, déjà.
Fera-t-il école ailleurs ?
Dr F-M Michaut

27 février au 1er mars 2009
Le dessin de Cécile Bour: Histoire de famille

2 mars 2009
Comment marchent nos hôpitaux universitaires LEM 590
Il est grand temps de proposer à tous les publics que la santé intéresse une petite visite dans les coulisses de nos CHU pour avoir une vision globale de leur fonctionnement.
Quand on a un guide qui y a passé toute sa vie professionnelle, il y a des informations surprenantes à glaner. Et à méditer.
A vous de découvrir la LEM 590.
Dr F-M Michaut

3 mars 2009
Au royaume des aveugles, les voyants sont (parfois) rois
L’équipe de Alvaro Pascual-Leone, de Boston, à bandé les yeux de 16 volontaires. Durant 5 jours, ils devaient utiliser surtout le toucher, comme les 16 autres sujets de l’étude dépourvus de bandeau. Les non voyants novices ont appris le braille beaucoup plus rapidement que leurs petits camarades clairvoyants. L’IRM a confirmé cette adaptabilité étonnante du cerveau : une zone habituellement utilisée pour la vision se reconvertit en zone de la sensibilité tactile.  Surprenant : l’image IRM retrouve son aspect antérieur seulement 24 heures après le retour de la fonction oculaire. Source : Science et vie novembre 2008.
Notre cortex n’a pas fini de nous montrer qu’il nous faut en permanence nous adapter à ce que nous ne connaissions pas encore de nous.
Dr F-M Michaut

4 mars 2009
Les sirènes du génétique sur Toile

 De nombreux pièges abscons sont tendus à « l’homo connectivus », profane de la médecine, en le fourvoyant sur la qualité de l’information scientifique délivrée. C’est ce qui serait reproché aux sites qui proposent des tests génétiques en vente libre, principalement disponibles en anglais. Dans le dernier numéro de Sciences et Avenir, Jean-Claude Ameisen, président du Comité d’éthique de l’INSERM, dénonce « leur logique purement commerciale », et leurs limites scientifiques. 

En France, les tests génétiques sont rigoureusement encadrés par le corps médical. Pour une personne non malade, ils peuvent être prescrits par n’importe quel médecin, et on reste dans un contexte prédictif. Comme le rappelle l’INSERM, les résultats des tests ne sont que des probabilités, et celles-ci ne sont qu’une notion statistique. Les risques de développer telle ou telle maladie sont plus liés à l’environnement et au mode de vie. Quant aux personnes qui sont malades, ces tests se prescrivent en consultation spécialisée par des médecins « habilités » dans le cadre d’équipes multidisciplinaires. 
Or, la plupart des tests en vente libre sur Internet sont dits de susceptibilité. Un résultat positif ne correspond souvent qu’à un risque de 5 ou 10 % de développer une maladie. Et la probabilité est de 90 ou 95 % de ne pas la développer. Alors, on fait quoi avec ça ?
Rendons nous sur l’un cité par la revue Sciences et Avenir. Son mercantilisme est masqué par des formules choc : « Apprenez tout sur votre ADN, comment votre génome détermine votre profil, comment il peut agir sur votre santé, et comment l’ADN peut vous donner la clé de votre hérédité familiale », ou encore une formule d’un autre site empruntée à Sciences et Avenir : « La recherche est fondée sur des preuves scientifiques de haute qualité mais encore limitées. »
L’entreprise virtuelle doit être épargnée par la crise avec ce qu’elle pratique comme tarifs : pour appâter le chaland, un prix d’appel à 100 $ (78 €). Pour un test censé être plus complet sur votre génome, il faut débourser entre 200 et 980 $ (156 et 769 €). Pour bénéficier d’une ristourne, sur le principe du marketing viral, il suffit de recommander le site à son entourage. 
Comment ces test en vente libre se pratiquent ils ? 
Après avoir réglé son panier virtuel avec sa carte bancaire, l’internaute reçoit un kit de prélèvements, et envoie un échantillon de cellules buccales à l’entreprise. À partir de ce prélèvement, l’entreprise va décrypter son génome, déterminer son profil à risques pour une nuée de maladies courantes et multifactorielles qui fileraient le bourdon au plus zen d’entre nous.  
À leur sujet, le rapport de l’INSERM est sans équivoque : leur validité technique et leur utilité médicale n’ont pas été évaluées, et peuvent également s’accompagner de dérives éthiques. Ne tenant compte que du génome, ils ne sont pas fiables. L’influence de la génétique est plus complexe, et la vulgarisation scientifique de ses mécanismes  ne se réduit pas à des slogans commerciaux. Attention à la sémantique comme le souligne le Dr Soize dans un CO du 11 février dernier, « familial ou génétique ne veut pas dire héréditaire. »
Si vous avez des questions ou des doutes sur l’influence de la génétique, de l’hérédité sur votre santé, parlez en à votre médecin généraliste préféré. Ses honoraires de consultation vous reviendront moins chers que les tests en vente libre sur Internet. 
Nicole Bétrencourt

Pour en savoir plus :
- Revue Sciences et Avenir, Mars 2009, Elena Sender, Tests génétiques, soyez très vigilants.
- INSERM, Test génétiques
http://ist.inserm.fr/basisrapports/tests-genetiques.html
- EXMED Coup d'oeil , Françoise Dencruff, Génétique ou familial?
http://www.exmed.org/exmed/co2009a.html
-Site DecodeMe:
http://www.decodeme.com/genetics-explained

5 mars 2009
Lumineux gallinacés
On se demande parfois où nos brillants inventeurs vont chercher leur inspiration. Et bien, imaginez-vous qu’aux Pays-Bas vient d’être construite une centrale électrique. Avec sa modeste puissance ( 36 millions de watts ), elle ne permet guère d’alimenter plus de 900 000 abonnés. Alors, son originalité ? C’est d’utiliser comme source d’énergie, on ne peut plus écologique, 440 000 tonnes de déjections de poulets dont les Hollandais ne savaient trop comment se défaire sans polluer encore plus l’environnement. Source : Science et Vie de novembre 2008.
En ces temps de promotion mercantile du développement durable, est-ce bien un écho logique ? Le général Cambronne aurait résumé la réponse d’un seul mot.
Dr F-M Michaut

6 au 8 mars 2009
Le dessin de Cécile Bour: Oeil pour oeil

9 mars 2009
Quel métier pourtant Lem 591
Soudain un certain vent de panique se lève sur nos certitudes toutes faites sur la médecine et les médecins. Nos bons vieux médecins de famille deviennent de plus en plus rares, en particulier dans les campagnes et les quartiers non résidentiels des périphéries urbaines. Désertification, le grand mot est lancé. Sans trop se soucier de l'évolution de le démographie médicale en France depuis 50 ans ( 7619 médecins spécialistes et généralistes en 1959 et 212844 en 2006, Ordre des médecins ) .
Ceux dont on s’est gentiment - pas toujours - moqué pour leur choix d’une profession tournant le dos à cette spécialisation si fascinante pour les esprits gavés au sirop médiatique depuis des années, et bien ils disparaissent.
Plutôt que proposer d’acheter les services de médecins, transformés en mercenaires, que ne prend-t-on la peine de réfléchir à ce qui peut être considéré comme de véritables freins à devenir généraliste quand on se retrouve isolé ?
La LEM 591 vous propose un certain regard, et non des solutions toutes faites, pour comprendre mieux ces précieux artisans de la santé que demeurent nos généralistes.
Dr F-M Michaut

10 mars 2009
Hommage à Mathieu Cossu
Dans le mot hommage, il y a surtout homme. C’est l’homme, l’homme seul devant l’adversité, que j’ai envie de saluer publiquement sur la Toile.
Non pas, comme trop souvent, parce qu’il est mort.
Il est bien vivant, Mathieu Cossu.
Mais parce qu’il s’est battu seul, sans compter son temps ni sa peine, de façon totalement bénévole pour apporter son aide aux personnes victimes de mécanismes sectaires depuis dix ans sur la Toile.
Les personnes les plus fragiles, et en particulier les malades, constituent une cible de choix pour les promoteurs de méthodes annoncées comme thérapeutiques, mais n’ayant fait l’objet d’aucune analyse scientifiquement validée par la communauté médicale ou psychologique. Le champ du pseudo-scientifisme omniprésent laisse la porte ouverte à toutes les entreprises quelle qu’en soit la motivation idéologique ou commerciale.
Mathieu Cossu a cessé ses activités de webmestre de prevensectes.com, car il a été condamné par la justice pour diffamation.
Pourquoi ? Il a tout simplement, à titre d’information pour les Internautes, repris l’article écrit et signé par une tierce personne dans la revue d’une association de lutte contre les sectes. Comme le délai légal de 3 mois depuis la publication sur papier était dépassé, c’est Mathieu Cossu seul, le simple retransmetteur, qui a été attaqué.
C’est l’expression de santé par des gens parfaitement honnêtes dans leur action qui se trouve ainsi de fait, même si le droit en a jugé autrement, mise à mal.
Je ne veux pas juger la justice, je peux juste juger, en mon âme et conscience, que mon ami Mathieu Cossu est un vrai JUSTE, et ça, ça ne court pas les rues.
Dr F-M Michaut

11 mars 2009
Infirmières et médecins à égalité
C’était dans le Figaro du 9 mars. Au Royaume Uni, devant les temps d’attente considérables pour obtenir des rendez-vous auprès des médecins spécialistes, les pouvoirs publics ont autorisé des infirmières à accomplir un certain nombre d’actes techniques jusqu’alors réservés aux seuls praticiens.
Comme nos voisins sont remarquablement pragmatiques, ils ont étudié dans le British Medical Journal les performances comparées des endoscopies digestives hautes et basses pratiquées sur 1800 (très) patients par des médecins et par des infirmières. Ces dernières se sont révélées aussi compétentes que les gastro-entérologues. Avec même un petit avantage en ce qui concerne la méticulosité des explorations.
Sommes-nous prêts en France à déléguer des fonctions de cette importance à nos infirmières ? La question n’est pas purement idéologique, ou économique, en ces temps où l’on agite le grelot de la désaffection croissante de certaines disciplines médicales dans certaines régions de France.
Et si l’on en débattait sur la place publique au lieu de se barricader dans des habitudes anciennes, et de laisser la voie ( et la voix ) libre aux seuls groupes de pression ?
Dr F-M Michaut

12 mars 2009
L'école rend malade
JIM le 5 mars 2009 – Chicago a voulu en avoir le cœur net. La ville a donc lancé une étude prospective en milieu scolaire pour établir la prévalence, le contexte psychologique et l’impact sur la scolarité des douleurs abdominales (DA) fonctionnelles. Deux cent trente sept enfants de deux écoles publiques au recrutement ethnique et socio-économique varié ont donc répondu à un questionnaire hebdomadaire pendant seize à vingt-quatre semaines.
Soixante-douze pour cent d’entre eux se plaignaient d’au moins un symptôme somatique par semaine. Les douleurs étaient souvent persistantes sur plusieurs semaines, avec un pic en janvier. La prévalence des autres symptômes était remarquable : nausées, vomissements, céphalées (surtout chez les filles).
Ces DA étaient associées à des scores d’anxiété élevés et en corrélation avec les scores de dépression ou de qualité de vie des mêmes enfants.
Même si le titre de cet article semble quelque peu provocateur, il est évident que la pression de la société en général, et des familles et enseignants en particulier, n’est pas innocente devant de tels troubles psychosomatiques. Nous avions déjà des enfants classés « hyperactifs », nous savons maintenant qu’ils peuvent aussi être « hyperalgiques ». Il est fort à parier qu’un nombre à peu près équivalent de petits Français éprouvent aussi ces douleurs fonctionnelles. Ça fait mal au ventre, le langage populaire ne s’y trompe pas.
Et bien entendu aucune remise en question, ni du côté des parents, ni des enseignants, ni même du corps médical. Il n’y pas de problème identifié ? Alors… vive les psychotropes à tout va !
Dr F.Dencuff

13 au 15 mars 2009
Le dessin de Cécile Bour: Tel père, tel fils

16 mars 2009
Des mots sur nos maux LEM 592
La fantaisie, sous son allure frivole, surtout maniée par un expert reconnu en expression écrite, peut aussi devenir un puissant moyen de réflexion. Les mots de la médecine, tels qu’ils peuvent être entendus par des personnes qui n’y entendent rien en connaissances médicales sont un excellent vaccin pour les soignants. Vaccin contre la naïveté - ou la paresse - que nous avons souvent de croire que le sens que nous attribuons aux mots de nos métiers est exactement celui que comprend notre patient.
Pas question dans cette LEM 592, cela va de soi, d’ironiser sur la distorsion du langage médical par qui que ce soit. Bien au contraire, finalement transparaît une grande tendresse pour ces personnes qui prennent tellement à coeur les misères de ceux qu’ils croisent.
Car, si on rit en lisant Jacques Grieu, lui-même étranger au monde des soignants, n’est-ce pas finalement de notre éternel médical si magistralement dépeint par Molière ? L’autodérision, quel excellent remède. Dommage qu’il ne soit toujours pas remboursé par l’assurance maladie, ni enseigné par l'Université .
Dr F-M Michaut

17 mars 2009
Méfaits du stress
JIM, le 9 mars 2009 - Pendant longtemps les effets du stress chronique ont été négligés par les médecins. La tête et le corps semblaient ne pas appartenir à la même personne. Les maladies sont dues à des agents pathogènes ou à des « défauts génétiques » mais en aucun cas à des dysfonctionnements liés au stress. Cette approche mécaniste du corps humain reste favorite dans le monde soignant. Pourtant de nombreuses études ont mis en évidence que les dégâts sur notre cerveau sont loin d’être des fantasmes.
Dernière en date, une communication lors d’un congrès à Singapour fait état de l’atteinte de la substance blanche lors d’une exposition prolongée au stress.
Pour les néophytes il faut rappeler que la substance blanche est constituée des prolongements des cellules neuronales et compose les structures centrales de l’encéphale comme le thalamus, l’hypothalamus et le système limbique. Ces structures sont en charge de la régulation des fonctions autonomes (température du corps, fréquence cardiaque, tension artérielle…) et les structures limbiques jouent un rôle important dans la régulation de l'activité motrice viscérale et dans l'expression émotionnelle.
Gageons que les nouvelles sur le front de la crise ne vont guère améliorer l’état de nos cerveaux. Très mauvais pour l’état futur des finances de notre mère Sécu.
Référence: Johansson L et coll.: Psychological stress increases risk of white matter lesions: a 32-year longitudinal population study of women. 4th congress of the international society for vascular behavioral and cognitive disorders (Singapour): 14-16 Janvier 2009
Dr F.Dencuff

18 mars 2009
Politique américaine de recherche publique
Encourager la recherche publique sur les cellules souches,
c’est ce que propose aux américains Barack Obama en signant le 9 mars un décret en ce sens. Selon La Croix (11 mars), le président laisse aux experts la charge de déterminer les bornes légales et éthiques de ce champ de recherche.
De quoi , dit-on, diminuer l’écart croissant avec les travaux qui se poursuivent activement en Chine et en Corée du sud.
La question de l’origine des fonds nécessaires à cette recherche, soit privée soit publique, n’est pas neutre du tout. Et les interrogations éthiques, et pas uniquement religieuses ou économiques, qui l’accompagnent ne peuvent être balayées d’un haussement d’épaules par les habitants de tous les pays de notre petite planète Terre.
Dr F-M Michaut

19 mars 2009
Journée d'action en question
Simple dialogue quelque part en France ce matin :

- Je vous appelle monsieur le préposé parce que j’ai besoin de vos services

- Je vous arrête tout de suite, nous sommes ici en journée d’action donc je ne travaille pas.

-Alors demain, votre action sera terminée ?

-Exact

-Donc , si je comprends bien, quand vous êtes en action vous ne travaillez pas, et lorsque vous n’êtes pas en action vous travaillez ?

- ...

Bien entendu cette fiction, parfaitement incorrecte tant politiquement que socialement et syndicalement, n’a strictement rien à voir avec une quelconque réalité.
Dr F-M Michaut

20 au 22 mars 2009
Le dessin de Cécile Bour: Simple éternuement

23 mars 2009
Quelques suites de la loi Léonetti LEM 593
La question des conditions qui entourent la mort mérite de faire l’objet d’une information régulière, tant elle est importante pour tout le monde. Nicole Bétrencourt, avec une solide documentation, y consacre la LEM 593. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

24 mars 2009
Fausse sécurité des normes
A grand renfort d’annonces, le public est informé lorsque le seuil de pollution de l’atmosphère des villes dépasse le seuil admis par les autorités sanitaires en ce qui concerne les particules fines.
On réduit alors les vitesses autorisées des véhicules automobiles, le nombre des contrôles effectué ne semblant alors pas particulièrement majoré. Et on attend la prochaine fois.
Que deviennent donc ces particules fines dans notre organisme ? Elles s’accumulent tranquillement et pour une longue période dans les cellules de nos alvéoles pulmonaires. Et cela, quel que soit leur taux atmosphérique au dessous ou au dessus du “seuil d’alerte”. Selon l’INSERM un cancer du poumon sur dix chez les citadins est déjà attribuable à ces particules fines.
Réduire à la source les émissions des moteurs thermiques deviendrait donc une priorité. Source : Le Parisien du 23 mars 2009.
Si, comme d’habitude cela ne reste pas un voeu, aussi pieux que purement verbal, quelques catégories jusque là bien mal aimées de citoyens comme les piétons, les cyclistes ou les usagers fidèles des transports en commun retrouveraient le double plaisir de bien respirer et de ne pas intoxiquer leur prochain.
Dr F-M Michaut

25 mars 2009
Faible fiabilité de normes de santé
A la suite du Coup d’Oeil << Fausse sécurité des normes >> paru ici hier 24 mars, un débat s’est engagé sur notre liste de discussion d’exmed.
Bruno Blaive nous fournit des informations du plus grand intérêt, tant pour le public que pour les professionnels de la santé et les gens des médias. Ecoutons-le.
Les normes érigées sont peu crédibles :
- parce qu’elle ont été <<tirées>> d’études statistiques ne tenant compte que de quelques paramètres, sur de faibles effectifs ou sur des périodes courtes
- parce que l’on passe sans sourciller, dans l’analyse de ces études, d’une relation dite statistiquement significative à une relation de causalité. Ce qui n’a rien à voir !
-parce qu’elles sont extrapolées de << modèles >> toujours faux, dans la mesure où il est difficile de les évaluer à l’échelle humaine ( 50 ou 1OO ans )
-parce que notre environnement lui-même, en effet, se modifie en permanence et que le modèle ne peut pas tenir compte de ce qui ne lui a pas été intégré au départ
-parce que notre organisme a la capacité de s’adapter en permanence et sur des périodes assez courtes, ce qui semble constamment être oublié.
Faut-il y voir un << manque de bon sens >>, car même dites << évaluées >> ces informations n’ont rien de pertinent ?
En fait, c’est toujours le ressort de la peur qui est utilisé. Émotion de la peur de ce qui est brutal et ne se voit pas. Ainsi l’oxyde de carbone (CO) tue brutalement chaque année 250 Français, les médias nous en parlent, mais, avec la cigarette et de façon chronique, ce sont 25 000 personnes qui meurent de complications cardio-vasculaires sans que nous en soyons particulièrement émus.
Voilà une partie, qu’il en excuse le rédacteur, des remarques scientifiques de Bruno Blaive, incontestablement expert en matière de pneumologie, qui permet au public de se poser quelques questions sur ces fameuses normes.
Concluons avec lui : << Alors, où sont les normes ? >>
Dr F-M Michaut

26 mars 2009
Coûts de santé et grand âge
On nous dit partout que les coûts de frais de santé vont continuer à augmenter du fait du vieillissement constant de la population calculé par les démographes. On pense alors, y compris dans les sphères dirigeantes, que plus on vieillit, plus l’on consomme de soins de santé. D’où des annonces d’un avenir catastrophique.
Or une analyse plus fine montre que ce raisonnement est faux. Tout simplement parce que les dépenses ne dépendent pas de l’âge où l’on meurt, mais de l’âge auquel l’état de santé commence à se dégrader sérieusement. Et, cet âge de santé encore bonne, donc sans soins onéreux, il suffit de regarder autour de soi, continue de s’allonger. Au point qu’Hervé Le Bras, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques, ose affirmer : << la part des coûts de santé liés à l’âge devrait se stabiliser, voir diminuer un peu >> ( Science et vie, mars 2009).
Une fois de plus les chiffres, sous leur apparente objectivité, peuvent nous induire en erreur quand on oublie la variabilité humaine qu’ils recouvrent toujours dans les domaines qui nous occupent à exmed.
Dr F-M Michaut

27 au 29 mars 2009
Le dessin de Cécile Bour: Galéjade bien frappée

30 mars 2009
Pratiques à hauts risques LEM 594
Sous couvert toujours alléchant de médecine et de soins, que de propositions discutables en matière de santé sont faites au public !
Leur caractéristique commune est d’assurer des revenus financiers à leurs promoteurs.
Trop souvent, hélas, devant ce qui est présenté comme des innovations utiles, la communauté médicale demeure silencieuse.
Ce qui peut donner l’impression qu’il s’agit de sa part d’une approbation.
Il est grand temps de nommer un chat un chat et de faire connaître sa façon personnelle de percevoir ces << avancées >> qui tentent de trouver leur public aux frontières des compétences médicales.
Réflexe de défense corporatiste ? Non, car, quand il existe des risques, ce ne sont pas les médecins qui sont sérieusement en danger, mais les malades eux-mêmes.
Lire la LEM 594 Business et péri-médicaux.
Dr F-M Michaut


31 mars 2009
Apothicaires, ou médecins?
<< Droit de substitution, renouvellement d'ordonnances... Les pharmaciens veulent être des praticiens de santé >>. C'est sous ce titre que le Quotidien du Médecin du 25 mars aborde ce sujet d'actualité. Et de poursuivre: Depuis 1999 et l'octroi du droit de substitution, le rôle des officinaux n'a cessé de s'accroître. L'Ordre des médecins souhaite clarifier les missions de chacun pour << ne pas mettre en péril la santé publique >>. Simple réflexe corporatif ? Pas si sûr... Car longue est la liste des missions attribuées aux pharmaciens envisagée par le projet de loi de Roselyne Bachelot réformant le Code de la santé publique. Qu'on en juge:
    -contribuer aux soins de premier recours
    -participer à la coopération entre professionnels de santé
    -participer au service public de la permanence des soins
    -concourir aux actions de veille et de protection sanitaire organisées par les autorités de santé
    -participer à l'éducation thérapeutique et aux actions d'accompagnement de patients
    -assurer auprès de certains patients qui les désignent le rôle de pharmacien de coordination
    -à la demande ou avec l'accord du médecin, renouveler périodiquement des traitements chroniques, ajuster, au besoin, leur posologie, et effectuer des bilans de médications destinés à en optimiser les effets [...].
    On comprend que face à la montée de la concurrence de certaines grandes surfaces, les pharmaciens d'officines soient contraints d'échanger leur image de commerçants contre celle, plus noble, de conseillers de santé. De là à les autoriser à prendre en charge un certain nombre de pathologies sans passer par le médecin, il y a de quoi s'interroger sur les rôles respectifs de chacun. Ainsi de la possibilité de vendre sans ordonnance la "pilule du lendemain" à des jeunes filles mineures. Et que penser de la <<consultation pharmaceutique>> payée au tarif du "C" ? Un entretien à la sauvette derrière le comptoir, sans examen clinique... Et on envisagerait "en haut lieu" de faire des officines des pôles de santé, où travailleraient des diététiciens et des infirmiers qui pourraient notamment réaliser les injections dès le vaccin acheté. Commentaire ironique du Dr. André Deseur, porte-parole du Conseil National de l'Ordre des Médecins: << Tant qu'ils y sont, les pharmaciens devraient également employer un psychologue pour les patients hypochondriaques et un médecin salarié pour rédiger sur le champ les ordonnances qui pourraient faire défaut aux clients de la pharmacie >>. Et d'ajouter, plus sérieusement: << l'Ordre des médecins doit se rapprocher de l'Ordre des pharmaciens pour délimiter les compétences et les responsabilités de chacun ; les velléités commerciales ne doivent pas mettre en péril la santé publique >>.
    Allons-nous vers une redéfinition globale de l'exercice des métiers de la santé ? A Suivre...
Dr Ph. Deharvengt

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