LES COUPS D'OEIL DU JOUR             

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L'année Exmed 2008nnnnn

Voici les coups d'oeil du jour du deuxième trimestre 2008 déjà parus sur le site Exmed .

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1 avril 2008
Se soigner enrichit la France
En lisant ce titre, vous ne pouvez qu' évoquer un canular en forme de poisson d' Avril tant l' affirmation parait incroyable si l' on en croit les discours médiatiques. Vous vous rendez compte, depuis qu' on nous martèle sur tous les tons que nous, médecins comme patients, dépensons finalement beaucoup trop d' argent pour notre santé, creusant le si fameux trou de la sécurité sociale. Et que la seule solution pour éviter la catastrophe, c' est de dépenser moins. Il est alors bien difficile de concevoir notre système de santé autrement que comme une machine à dépenser beaucoup, beaucoup et de plus en plus d' argent. Cependant si on se donne la peine de lire le très sérieux et très officiel rapport de la commission pour la libération de la croissance française, sous la présidence de Jacques Attali, on se pose des questions. Oui, le domaine de la santé peut être un secteur très important de création de richesse pour la France. Page 70 de "300 décisions pour changer la France", le sous titre est sans ambiguïté : La santé, une chance pour la croissance. Vous souvenez-vous que nous avons jadis ouvert sur ce site un espace consacré à l' économie et à ses rapports possibles avec la médecine ? Sans beaucoup de succès, en vérité, mais voici que la roue tourne, enfin. Exmed est donc très motivé pour suivre de près cette démarche qui présente une énorme ouverture potentielle de nouveaux horizons. Nous y consacrerons nos deux prochaines LEM. Ce qui prouve bien à ceux qui douteraient encore du sérieux de ce Coup d' Oeil qu' ils font fausse route. Nous sommes désolés, et ravis, de déroger ainsi avec la coutume sympathique du premier jour du beau mois d' avril.
Dr F-M Michaut

2 avril 2008
Journée mondiale de l'autisme
Aujourd' hui, a lieu la première journée mondiale de sensibilisation mondiale à l' autisme, et le gouvernement dévoile son programme 2008-2010. Pour le diagnostic et l' accès à une prise en charge éducative efficace, la France serait en retard sur les pays anglo-saxons. Retard dû au fait que la prise en charge psychothérapeutique privilégie les théories psychanalytiques abandonnées outre-Atlantique depuis les années 1980. Force est de constater qu' elles n' ont jamais remporté un franc succès là-bas. L' approche psychanalytique s' est d' abord focalisée sur l' origine psychique, évoquant une supposée froideur maternelle altérant le lien affectif avec son bébé. Par la suite, le courant psychanalytique a intégré la dimension neurophysiologique et la génétique.
La vision anglo-saxonne fait des émules dans l' hexagone. Depuis 2005, s' est crée à Villeneuve d' Ascq (Nord) une structure expérimentale qui applique à 100 % en France la méthode ABA (Analyse appliquée du comportement). Innovante en France, elle est porteuse d' espoirs pour de nombreux parents, et est largement pratiquée aux États-Unis, en Norvège, en Espagne ou au Royaume Uni. La méthode ABA a été créée par Ivan Lovaas dans les années 60. Elle diffère de l' approche psychiatrique et traite l' autisme comme un trouble de la perception. Elle consiste en une analyse du comportement associée à une intervention intensive visant à obtenir une meilleure socialisation de l' autiste, encourageant les attitudes jugées adaptées partout, diminuer les conduites évaluées inadaptées par des stimulations très brèves qui s' enchaînent, des activités physiques, visuelles, physiques, sensorielles. Pour que la méthode ABA soit efficace, il faut qu' elle soit pratiquée intensivement à raison de 30 à 40 heures par semaine. Elle est pratiquée par une équipe éducative formée des professionnels et incluant les parents intervenant en même temps. Ainsi dans le centre du Nord, un enfant peut suivre l' entraînement ABA quatre jours par semaine, de 8h30 à 16 h, et le soir les parents prennent le relais des éducateurs.
Le Dr Vinca Rivière et le Pr Jean-Claude Darcheville (Lille III) ont créé en 2000 un «master pro» destiné à former des psychologues qualifiés ABA, et une association. Parents, psychologues, éducateurs assurent bénévolement la prise en charge des enfants autistes car c' est une méthode onéreuse, et qui n' est pas prise en charge par la sécurité sociale.
La méthode ABA n' est pas la seule méthode de prise en charge comportementale de l' autiste. Les plus répandues outre-Atlantique sont la méthode PECS validée dès l' âge de 18 mois, la Futureschool qui consiste à ouvrir les enfants au monde ordinaire, le programme TEACCH qui part de l' idée que l' autisme est un déficit neurologique, adapté au cas par cas. Si les parents sont intégrés au suivi de leur enfant, ils n' en sont pas pour autant des éducateurs comme dans le programme ABA. D' autres approches existent comme la rencontre avec des animaux (hippothérapie, et les dauphins en Floride). Sans compter une myriade de pseudo méthodes plus ou moins discutables comme la Communication Facilitée, qui en France a été épinglée dans les rapports 2005 et 2006 de la MIVILUDES.
Les détracteurs de la méthode ABA disent qu' elle s' appuie sur les travaux de Pavlov et de Skinner sur le conditionnement. En fait, elle tirerait ses sources de la psychologie expérimentale de l' apprentissage. Il existe plus de 500 publications sur la méthode ABA. Des études indépendantes (Smith 1996, Olley et Guttentag, 1999) concluent que la plupart des principales méthodes sont inefficaces, et des rapports comme celui de New York (1999) concluent que la méthode ABA est celle qui a le plus d' études biaisées.
Regard sceptique également pour le Dr Rapin, «Le choix d' une approche particulière intensive et éducative n' est pas une décision médicale, et tous les traitements actuels se valent.»
Nicole Bétrencourt
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Sources:-Journal du dimanche du 30 mars 2008
-Isabelle Rapin, MD discussant,
8-year -old boy with Autism, Jama.2001;285: 1749-1759
Interventions for Autism,Jama, vol.286 No 6, August 8, 2001
- Science and pseudoscience in clinical psychology, edited by Scott Lilienfeld and Co, chapter 13, p 363 to 395.
Sur la Communication Facilitée:
http://www.prevensectes.com/rev0707.htm#10
- Notes: L' autisme a été défini en 1943 par le psychiatre Léo Kanner, reprenant le terme d' autisme créé en 1911 par Eugène Bleuler. Les critères descriptifs de diagnostic sont définis dans le DSM IV de l' American Psychiatric Association (diagnostic criteria for 299.O), et le CIM 10.
La France est en retard selon L' AVIS N°102 du CCNE ( comité national d'éthique) .
L' étiologie de ce trouble psychique est complexe, mais l' utilisation des classifications internationales permet aux parents et aux éducateurs de se comprendre pour la prise en charge de l' autiste qui doivent insister sur les dysfonctionnements relatifs aux communications et aux interactions sociales dans l' autisme.
Ces anomalies sont difficilement détectables chez le jeune enfant. Les signes précoces peuvent être dépistés dès l' âge de 18 mois mais ce n' est que vers l' âge de trois ans qu' un diagnostic fiable d' autisme peut s' effectuer.
Ndlr in English: I.Rapin: « The choice and intensity of educational approaches is an educational, not medical decision».

3 avril 2008
Les auto-évaluations du patient
Se libérer du pouvoir du corps médical est une recherche permanente des patients (plus de liberté) mais également des autorités sanitaires (plus faible coût). Cette recherche d' autonomie concerne les petites maladies mais aussi les maladies chroniques les plus fréquentes (HTA, Asthme, Diabète ..) avec un fort soutien des laboratoires pharmaceutiques. Des écoles ( Asthme Diabète) sont là pour former les patients à l' observance des traitements et à l' autoévaluation. Des infirmières sont formées spécifiquement pour réaliser cette éducation. Tout cela part d' une intention louable si les résultats à moyen terme sont fiables, et si le patient améliore ses comportements. Malheureusement la pratique régulière d' une mesure apparemment simple (Tension ou Souffle) est en réalité difficile, la fiabilité du résultat est donc faible ou nulle.
Cette "politique" s' accompagne de la mise sur le marché de matériel de mesure de plus en plus simple, portable, numérisé (Internet). Cette vulgarisation des soins et le transfert d' une partie de la prise en charge médicale aux patients et aux paramédicaux nécessite que les médecins soient vigilants et critiques sur la validité des informations rapportées. Il faut aussi qu' ils se posent la question du pourquoi de cette dérive ? Et au bénéfice de qui ? Pour l' article cité en référence ce n' est pas le patient.
D' après Logan AG et coll.: Attitudes of primary care physicians and their patients about home blood pressure monitoring in Ontario. Journal of Hypertension 2008 ; 26 : 446-52.
Dr B.Blaive

4 au 6 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour:Quarantaine

7 avril 2008
L' inverse de ce qu' on nous a dit LEM 543
eDepuis des années, nous ne cessons d' entendre dire que le secteur de la santé ne peut être pour la collectivité qu' une source de dépenses, de plus en plus lourdes, qu' il faut absolument maîtriser au mieux. Alors voir apparaître le même monde de la santé comme une des sources majeures pouvant permettre à la France ( donc aux Français) de créer de la richesse, mérite qu' on prenne quelques instants pour essayer de comprendre cette surprenante volte-face de certaines de nos élites pensantes. Bien entendu, cela ne doit pas nous dispenser d' exercer aussi largement que possible notre esprit critique, mais on ne peut plus faire comme si cette idée n' avait pas été formulée et transmise aux plus hautes instances de la France. Suivons Bruno Blaive dans son investigation personnelle de la LEM 543 au titre paradoxal dans le catastrophisme ambiant : La santé, une chance pour la croissance. Bonne lecture, et osez réagir vous aussi, amis lecteurs.
Dr F-M Michaut


8 avril 2008
Syndicalement vôtre!
Désigner le mal c' est déjà le dénoncer. C' est pourquoi l' indignation n' est pas de mise. L' indignation est une posture morale, souvent commode, réservée au spectateur. [… ] Celui qui s' est couché devant le pouvoir totalitaire n' est plus capable d' un tel jugement. Ayant renoncé à sa liberté de penser et d' agir en conscience, le monde ne lui parait plus que selon le prisme déformant du discours dominant, de l' idéologie officielle, qu' il en soit conscient ou non. Les Complaisantes, Jonathan Littell et l' écriture du mal (p.8-10), Édouard Husson - Michel Terestchenko, François-Xavier De Guibert éditions
Curieuse entrée en matière ?
Pourtant la condamnation des syndicats médicaux pour entente illicite par le conseil de la concurrence montre à quel point notre société se réfugie lâchement dans l' indignation. Quel est donc le discours dominant sur le corps médical ? Un discours partagé entre suspicion et soumission. Partant de là, comment ne pas être indigné par tous ces médecins qui osent sacrifier le pouvoir d' achat de leurs patients sur l' autel de l' avidité.
Il faut bien admettre que nombre de médecins, par leur incapacité à agir ensemble pour le bien des patients, se retrouvent de fait désignés à la vindicte publique.
Plus inquiétant, la manipulation des « hautes autorités », y compris judiciaires. Sous le couvert d' une protection des patients se cache un lent travail de sape de notre système de protection sociale. C. Bronner, président du syndicat Espace généraliste (EG), fait une analyse pertinente de la situation. Dans notre système, ce sont les médecins du secteur 1, dit conventionné, qui coûtent le plus cher puisque leurs actes sont totalement remboursés et leurs charges en partie réglées par l' État ( en fait par l' assurance maladie obligatoire NDLR). Dans la situation de déficit public actuelle, quoi de plus naturel que de vouloir supprimer ce secteur ? Mais le dire clairement révolterait nos concitoyens qui n' auraient plus alors que le bon vouloir de leurs mutuelles pour parvenir à être remboursés de leurs frais médicaux. Plus facile de s' indigner, comme l' a fait l' association Familles Rurales, devant les dépassements « orchestrés » par les syndicats médicaux. Et bien sûr relayée par l' ensemble des médias avec un chiffre qui ne peut que nous révolter : « Le préjudice pour les patients est évalué à 180 millions »,…, la réaction de Familles rurales, qui note que « l' amende, dissuasive, est très en deçà du préjudice subi par les patients ».
A-t-on déjà vu un médecin exiger le payement d' une consultation en pointant une arme sur la tempe de son patient ? Comment peut-on alors victimiser ainsi des malades qui exigent le statut d' usagers ?
Lorsque les différents syndicats, présents dans toutes les entreprises, se mettent en grève, ne s' agit-il pas d' entente illicite au regard des préjudices subis par leurs clients ou fournisseurs ? Les usagers de la SNCF portent-ils plainte contre les syndicats pour préjudice lorsqu' ils ratent des rendez-vous, perdent des contrats … lors des innombrables grèves de cette entreprise monopolistique ?
Pas de chance, les toubibs ne peuvent pas arrêter le travail…alors ils « s' entendent » pour obtenir de justes rémunérations avec des moyens parfaitement légaux puisqu' inscrits dans la nomenclature.
Entente illicite dites-vous ? Comment qualifier alors la posture clairement affichée des nombreux ministres de la santé de vouloir mettre le coût de la santé en lieu et place des patients ? Mise en coupe réglée des cliniques avec l' objectif d' exercer un odieux chantage sur l' hôpital public : si vous ne diminuez pas vos coûts vous subirez le même sort que les vilains privés. Volonté de diviser pour mieux régner. Le vrai danger de toutes ces manipulations, c' est la qualité des soins. Au lieu du « travailler plus pour gagner plus » nous avons « soignez plus pour beaucoup moins ».
Autre sujet d' incompréhension, la transparence du Conseil de l' Ordre tant au sujet de l' affaire en cours que de la défense de la qualité des soins.
Enfin, le plus choquant dans cette mise en coupe réglée des soins reste pourtant le silence assourdissant des premiers intéressés : les patients. Indignés par l' attitude de nos syndicats mais incapables d' avoir une vision à long terme des dégâts entraînés par de telles politiques. Vous voulez être usagers d' un système ? Alors sachez que vous aussi serez rendus responsables par vos enfants de votre soumission à l' idéologie officielle.
Dr F.Dencuff

9 avril 2008
Encore des chiffres
Quelques titres relevés ces derniers jours :
-La région Rhône-Alpes encore grippée: 206 cas pour 100000 h, alors que le seuil épidémique est de 141/100000 !
- 2 décès mystérieux par infection respiratoire en Loire-atlantique dans un établissement public médico-social recrutant des handicapés mentaux... On vient d'apprendre qu'un pneumocoque serait en cause ! Serait-ce la 1ere fois dans l'histoire humaine qu'un méchant microbe manifesterait sa virulence, et là encore sur des sujets quelque peu débilités ?
-La maladie d´Alzheimer est pour 54 % des Français (contre 41 % en 2001) la maladie qu´ils redoutent le plus, derrière le cancer, cité par 72 % d´entre eux. C'est ce qu'indique un sondage réalisé pour le magazine le Pèlerin, par TNS-Sofres, publié dans l´édition du 6 mars. Il révèle par ailleurs que l´inquiétude augmente avec l´âge des personnes interrogées et que les femmes (60%) sont plus anxieuses que les hommes (47%). En troisième position des maladies les plus redoutées arrivent les maladies cardio-vasculaires (citées par 39 % des personnes interrogées). Les Français évoquent ensuite l´accident cérébral à 36 % et le sida à 27 % (contre 35% en 2001). Si c'est le Pèlerin qui le dit, on peut humer, même enrhumé, certaine odeur de sainteté…
-150 000 cartes de soins et d'urgence pour la lutte anti-Alzheimer
- Perdre tant de kg sans suivre de régime strict...
- 4 DSM ne suffisaient pas aux Américains? en route pour le 5e...
- Beaucoup d'enfants pour vivre vieux ! Un ancien patient, chantre à la cathédrale de Verdun, vieux garçon vivant encore avec sa maman, est mort à un âge canonique... longtemps après sa maman!
Il faut de l'outrance aujourd'hui: on se doit de tout comptabiliser, il faut inonder un vain peuple de chiffres, de pourcentages: ceux du chômage qui baisse ou augmente, du déficit de la SS (qui ne peut que grimper,lui), du déficit du pays, du P.I.B, du nombre toujours croissant des victimes d'Aloïs Alzheimer, des parkinsoniens, chiffre des valeurs normales des constantes biologiques à ne pas dépasser (sans tenir compte de l'âge, du poids, de la taille, des antécédents familiaux...), chiffres et noms des bienheureux plus riches français ( hélas, je n'en suis pas)...
Il faut OCCUPER les esprits engourdis, les faire s'exclamer ou s'esbaudir, savoir inquiéter, drainer leur intérêt vers des problèmes triviaux, il faut trouver anormale la mort par infections de vieilles personnes, on en arrivera même à ne plus tolérer l'inévitable terminus qui nous est programmer parce que nécessaire, il faut remplir les gazettes de nouvelles à sensation, répéter à l'envi que tel homme politique baisse dans les sondages, que son subordonné grimpe au contraire, quel drame, la valse des pourcentages de ceci ou cela, que l'on n'a aucune possibilité de vérifier à l'échelon local ou national, continue de nous faire tourner en bourrique, et tout est fait pour nous mener en bateau avec le risque de noyade intellectuelle: enthousiasmes excessifs, craintes exagérées, perte ou disparition de tout esprit critique.
Dr G. Nahmani

10 avril 2008
Pour une autre façon de travailler
Selon les Échos et la Tribune du 9 avril, voici la conclusion des états généraux de l'organisation de la santé formulée par Roseline Bachelot ( ministre de la santé). Devant la raréfaction inévitable du nombre des généralistes, il devient, dit le rapport de synthèse, impératif de mettre en place " une nouvelle répartition des tâches vers les professionnels de la santé existants ou vers de nouveaux métiers".
Penser que de tels types de travail en équipe puissent se mettre en place va totalement dans le sens des réflexions que nous menons à Exmed depuis longtemps.
Mais, pour cela, encore faut-il pouvoir parler le même langage, et nos sages de préconiser une étape indispensable : « Ce qui passe notamment par des «modifications profondes» des formations et un assouplissement du cadre juridique via une «actualisation plus simple et plus fréquente» de la liste des actes autorisés ».
Peut-on se contenter de cette noble déclaration d'intention ? Instruits par de multiples expériences de déceptions à la suite d' engagements publics, il n' est pas question de se suffire de ce texte.
Ce sont des outils de formation profondément repensés pour toutes les professions de la santé, actuelles et à venir, dont nous avons besoin.
Si vous voulez bien avoir la patience d' attendre jusqu' à la prochaine LEM 544, nous ferons une proposition très précise dans ce sens. Le réseau des réseaux assurant son rôle de messager sans frontières et sans filtre, ce sera ensuite aux décideurs d' en faire, ou non - c' est leur responsabilité - quelque chose.
Dr F-M Michaut

11 au 13 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour: dans la série des chirurgiens : le creuseur

14 avril 2008
Construire ... LEM 544
De grâce, ne nous laissons pas assourdir par les échos bavards de ceux qui semblent découvrir le mauvais état de santé de notre système de soin, et le coma quasi terminal de notre médecine générale en France.
C' est d' un grand projet dont nous avons besoin, pas de mesures ponctuelles. Ambition démesurée ? C' est certainement l' objection qui sera faite à notre LEM 544 : Des universités des métiers de la santé ? Mais, toute disproportion gardée, souvenons-nous d' un certain jour de décembre 1941. L' amiral Yamamoto vient détruire par surprise une grande partie de la flotte américaine à Pearl Harbor. Les États-Unis disposent alors d' une armée ridicule, à peu près l' équivalent de celle de ... la Roumanie. Cela n' empêche pas que le jour même, sans avoir pris le pouls de l' opinion publique, ils déclarent la guerre au Japon et à l' Allemagne nazie. Et le 6 juin 1944, c' est l' armée la plus puissante et la mieux armée du monde qui débarque en Normandie pour libérer l' Europe. Soigner au mieux les hommes est-il un objectif moins noble qu' écraser ses ennemis du moment sous les bombes ?
Dr F-M Michaut

15 avril 2008
Quand ils continuent à parler boutique
Pendant que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, continue à tenter de nous faire croire qu' elle ( ou son successeur) peut redresser la balance entre les recettes et les dépenses de l' assurance maladie en France dans deux ou trois ans ( émission Le grand jury R.T.L. du 13 avril), d' autres estiment que le problème essentiel de la santé est ailleurs. Tant que ne sera pas pris à bras le corps le sujet prioritaire d' une meilleure formation de tous les professionnels de la santé, les hémorragies de dépenses parfaitement évitables continueront tranquillement.
Bien entendu, on n' est pas dans du court terme, mais sans ce préalable qui nécessite courage, imagination et ténacité, on ne fait que pérenniser jusqu' à l' absurde le gaspillage de toutes nos ressources tant matérielles qu' humaines.
La plupart de nos experts ne vient qu' à cours terme. Nous nous payons de culot à Exmed de regarder plus loin, par exemple dans la LEM 544 de la semaine.
Dr F-M Michaut

16 avril 2008
Un enseignant pour 92 futurs généralistes
Ne nous laissons pas endormir par le slogan qui nous laisse entendre que nous aurions l'un des meilleurs systèmes de santé du monde. Il faut absolument que le public le sache, l'enseignement de la médecine générale en France est dans un état catastrophique. Le savez-vous, il n' existe pas un seul poste de généraliste titulaire universitaire à plein temps dans toutes nos facultés ? Seuls existent des postes dits d' enseignants associés, c' est à dire à mi-temps. Le syndicat national des enseignants en médecine générale sonne le tocsin. Vendredi dernier le très sérieux Conseil National des Universités a créé 8 postes d' enseignants associés à mi temps, alors qu' il en faudrait 50 par an pendant 3 ans.
La situation est simple à comprendre. Il existe 6000 internes en Diplôme d' Etudes Spécialisées de médecine générale. Pour assurer leur formation, la faculté dispose en tout et pour tout de 130 enseignants associés. On parvient ainsi à un ratio hallucinant d' un enseignant à plein temps pour 92 futurs généralistes. Source : contribution du Dr Jean-Pierre Allain sur notre liste Exmed-1.
On se pince pour savoir si on ne dort pas quand on entend des enseignants du primaire ou du secondaire se plaindre amèrement aux médias tous micros ouverts de la surcharge de leurs classes dangereuse pour la qualité de leur enseignement.
On se met franchement en colère quand on est au courant que toutes les autres spécialités que la médecine générale disposent de dix fois plus de professeurs par étudiant. Inadmissible injustice !
Sachez-le, citoyens, actuels ou futurs malades, on vous ment, on ne fait pas son travail de vous informer sur la réalité de notre système de santé. Nous n' avons droit qu' à des médecins de famille insuffisamment formés, qui doivent combler en se débrouillant par eux-mêmes ( donc non sans dangers pour leurs patients ) les lacunes énormes de leur formation professionnelle. Journalistes d' investigation en mal de sujets, que ne vous penchez-vous pas sur cette réalité indigne d' un pays de haute tradition médicale qu' a été le notre ?
Un argument de poids supplémentaire pour se pencher sérieusement sur ces universités des métiers de la santé que nous évoquons dans notre LEM 544. Le torchon brûle.
Dr F-M Michaut

17 avril 2008
Poésies de Jacques Grieu
Depuis des années, nous soutenons à Exmed que toute forme d' art et de beauté constitue une aide puissante pour mieux se porter, même quand la maladie ou le handicap sont déjà entrés dans nos vies.
Alors voir s' élargir le cercle des poètes exmédiens est toujours un événement heureux.
Et quand notre poète, comme Jacques Grieu, ne fait pas partie du monde des professionnels de la santé, nous avons la joie de constater que notre volonté affichée de dialogue entre soignants et soignés n' est pas un slogan vide de sens.
A vous de retrouver les poèmes que Jacques Grieu a bien voulu nous autoriser à publier. Heureuse lecture à vous, comme l' a été la notre.
Dr F-M Michaut

18 au 20 avril 2008
Le dessin de Cecile Bour: Simiesque

21 - 22 avril 2008
Bon diagnostic et traitement catastrophique LEM 545
Depuis 1968 le toujours plus d' administration, de contrôles et d' atteintes aux particularités et initiatives personnelles n' a cessé de s' imposer dans le domaine de la santé.
Dans la LEM 545, nous nous autorisons à donner de cette évolution une lecture quelque peu décalée, qui n' a d' autre ambition que de permettre à chacun de prendre un peu de distance et de libre-arbitre par rapport aux discours à la mode sur les événements de mai 68. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

23 avril 2008
Dépressions médicales
Lu dans France Cancer du 25/3/2008, revue de presse n° 403, sous la plume de Stéphane Vignot:
"  Nous exerçons une activité professionnelle parfois (souvent ?) source de stress. Avec un risque non nul de dépression et d'épuisement (le fameux burn out). Ce point paraît évident tant intuitivement que par les évaluations psychologiques qui ont pu être conduites dans des populations de médecins mais l'impact sur les pratiques médicales est par contre imprécis. 
La question qui est donc posée maintenant est celle de l'influence des symptômes de dépression ou de burn out sur le risque d'erreurs médicales. Cette analyse a été réalisée en suivant de façon prospective un groupe de 123 internes en pédiatrie dans 3 établissements américains, mais gageons que les observations rapportées pourront être étendues à d'autres spécialités "stressantes", dont l'oncologie. 
Premier constat : 20 % des participants présentent des critères de dépression d'après les résultats des évaluations psychologiques par questionnaires. Et 74 % ont des symptômes de burn out ! Voilà qui est déjà en soit une information troublante. La suite de l'analyse a cherché à établir un éventuel lien entre ces données et le taux d'erreurs médicales observées (erreurs de prescription ou d'administration, majeures ou mineures). Résultat : 6,2 fois plus de fautes chez les internes déprimés contre 0,25 par mois chez les internes non déprimés. ... Il existe donc bien un impact de l'état psychologique du prescripteur sur la sécurité des patients, ce qui n'est pas réellement une surprise. Reste maintenant à éviter tant que possible les situations de dépression professionnelle pour chacun .
 En somme : ménagez-vous les uns les autres.
 "
Se ménager et ménager les autres confrères ? Conseil aimable, certes, mais, est-ce réalisable pour les différents internes et aussi, ne les oublions surtout pas, les autres qui gravitent autour, infirmières, filles de salle, brancardiers, quand existent des astreintes répétées avec des horaires souvent déments, quand chacun doit composer plus ou moins harmonieusement avec les autres, en particulier les malades angoissés, pressés, exigeants, ne considérant que leur problème et non préoccupés par ceux des soignants, quand la hiérarchie impose des règles souvent difficiles à respecter…?
Résultat ? Fatigue, manque de sommeil, diminution de l'attention et donc de l'intérêt primordial que l'on doit porter aux patients, et on peut assurer pouvoir noter les mêmes conséquences, à un moindre degré, chez les généralistes, surtout de campagne au kilométrage exagéré...
Tâchons donc, médecins (de la liste Exmed) ou patients (de la même liste), d'imaginer et comprendre que le harcèlement professionnel puisse induire, outre des erreurs ou errements diagnostiques, des comportements déplaisants de la part du personnel soignant? Chacun de nous, fatigué, peut réagir autrement que ce qui est souhaitable. Cas extrême, un généraliste s'est récemment "kaputté " définitivement, s'accusant, fatigue probablement en cause, d'avoir mal considéré le cas d'un patient venant de décéder ! Essayons, essayez, quand c'est encore possible, de décompresser, d'aller conter fleurette aux belles et humbles fleurs des jardins plus qu'aux individus du sexe opposé, c'est mieux compris et moins préjudiciable. Quêter un zeste de beauté, vouloir rechercher une harmonie ( ça existe, même dans ce monde dément ) sont indispensables...pour notre équilibre.
Dr G.Nahmani

24 avril 2008
Allo à l' eau
Selon le Journal of the American Society of Nephrology, publiant une étude de deux chercheurs de l' université de Pennsylvanie ( Philadelphie ), il n' y aurait aucun bénéfice pour la santé et le bien-être de consommer sa rituelle bouteille d' eau quotidienne. Guy Vallancien, urologue parisien en vue, et patron moderniste qui avait confié à notre ami Jacques Blais (1) dans les dernières années de sa vie la mission de recevoir au téléphone les appels des patients de son service, enfonce le clou. Dans le Parisien du 22 avril, "Boire un litre et demi d' eau n' est qu' un argument marketing transformé en allégation santé". Combien de dizaines d' années faudra-t-il aux soignants pour cesser de martyriser les patients avec cette idée toute faite ? Et toute fausse aussi. " On entend souvent que boire 1,5 litre d' eau permettrait d' éliminer d' avantage de toxines. C' est archifaux. Les reins éliminent les toxines, consommer plus d' eau va générer plus d' urine, mais pas plus de toxines dans cette urine [...] On n' a jamais vu quelqu' un perdre du poids en buvant de l' eau. Il faut que les femmes arrêtent de se gâcher la vie en trimbalant partout leur bouteille en plastique [...] Nos besoins journaliers en eau sont apportés à 80% par notre alimentation ".
Finalement, notre brave vieille Dame Nature ( ou toute autre entité supra-humaine au goût de chacun) aurait plutôt bien fait son travail.
Ceux qui vont faire grise mine sont les industriels de la vente d' eau, si habiles à manipuler le hochet de la santé et de la forme.
Et puis, tous nos organisateurs patentés de nos lieux de travail vont eux aussi faire de longs séjours, chronomètre en main, dans les lieux d' aisance de leurs entreprises. Nul doute, ils vont nous calculer combien de temps perdent en toute perte ( sauf de poids ) tous leurs salariés moutonniers gorgés d' eau.
Un halo de mystère entoure décidément tous nos comportements, même les plus quotidiens.
Dr F-M Michaut, cliché de Jacques Blais
NDLR : Il y a quatre ans que Jacques Blais nous a quitté. Son œuvre vit encore, allez donc le rencontrer une fois encore sur le site.

25 au 27 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour: Propreté d'abord

28 avril 2008
Du savoir au pouvoir LEM 546
Pas besoin d'être un grand expert pour observer à quel point l'ignorance est un fléau redoutable pour notre condition humaine. Curieusement, on ne semble guère se poser de question sur le pouvoir, ou plus exactement sur les pouvoirs, que semble(nt) apporter, comme sur un plateau, la chance de pouvoir mener des études supérieures. Notre LEM 546 vous propose une réflexion à sa façon.
Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

29 avril 2008
Grand retour au stade anal
Le lavement du XXIè siècle a titré Le Parisien du 25 avril 2008
Aujourd'hui le "lavement de nos grands-mères", devenu "hydrothérapie du côlon" et pratiqué par des machines, est une nouvelle mode. Effectuée dans des cabinets de "praticiens en irrigation du côlon", non médecins, et dans certains centres de thalassothérapie, cette purge n'est plus un "simple nettoyage", mais une méthode contre le stress, apportant bien-être et "sensation de légèreté". Le Parisien, qui développe le sujet sur une pleine page, souligne que "les gastro-entérologues crient à l'imposture". Pour eux cette pratique est à bannir, dangereuse pour la santé. Ainsi, explique le Pr Guillaume Cadiot, "ces lavements à l'eau peuvent provoquer des ulcérations du rectum et entraîner des hémorragies graves, voire la mort".
C'est à tomber sur le c...!  
Chasse gardée ! Imagine-t-on les gastro-entérologues ne pas réagir devant la publicité prônant, en toute innocence, ces pratiques hydrothérapiques ? Et si certains envisagent, comme pour leurs véhiCULes chéris, ces vidanges pour les débarrasser de leur fameux stress, pourquoi les en dissuader ? Ce n'est pas pris en charge par la sécurité sociale et, si accident il y a, les gastro-entéro se frotteront les mains et béniront alors ces " Impostérieurs" .
Il y avait déjà les lavages d'oreilles à l'énéma, les bains d'yeux. Il y avait pour le gamin que j'étais jadis, la prise rituelle de " vermifuge lune". On voyait sur la boite le dessin d'une tête de bébé joufflu assis, faciès constipé, sur un pot de chambre, et l'exonération était suivie d'un lavage, broc tenu en l'air, avec force glouglous...Et, désormais, les purges, non plus staliniennes, mais pour nettoyer la tuyauterie en vue de la coloscopie vivement recommandée, on ne sait jamais ce que peut cacher un côlon...
Il y a, enfin aussi, dans presque tous les pays du globe, les lavages de cerveau pratiqués avec ferveur par des praticiens en uniforme, pour extraire les aveux supposés cachés.
Jusqu'où ira-t-on ? Jusqu'à la célèbre question des supplices médiévaux ?
Dr G. Nahmani

30 avril 2008
Annonce de récidive
Dans son édition du 16 avril le JIM se fait l' écho d' une enquête visant à repérer les facteurs de risques associés aux récidives des cancers du sein. Cette étude portait sur 227 femmes atteintes d' un cancer du sein de stade II/III traité chirurgicalement. Divisées en deux groupes par tirage au sort, l' un sous simple surveillance et l' autre avec la mise en place d'une stratégie interventionnelle d' ordre psychologique. Au terme d' un suivi de 10 années, 48 participantes ont récidivé.
Dans les 17 mois qui ont précédé la détection de la récidive, a été observée, en cas de récidive, une augmentation des taux de leucocytes, de polynucléaires neutrophiles, de lymphocytes et de cellules NK (natural killers), comparativement aux malades qui n' ont pas récidivé. Il en a été de même de la cortisolémie, cependant que, sur le plan clinique, les performances physiques se dégradaient, parallèlement à l' installation d' une asthénie et à la détérioration de la qualité de vie.
Les études ont aussi constatées une différence entre récidives locales et systémiques à distance : augmentation de la cytotoxicité des cellules NK, prolifération lymphocytaire, asthénie, syndrome algique ou polyalgique, détresse émotionnelle (dépression et/ou anxiété).
Il est évident que les résultats de cette étude doivent être complétés par des investigations plus vastes mais voilà reposé l' éternel problème de la poule et de l' œuf... qui de la dépression, du non désir de vie ou d' une atteinte du système immunitaire apparaît en premier ?
Pour suivre des patientes depuis presque 10 ans je peux attester que la présence d' une dépression latente et chronique est un facteur pronostic défavorable et diminue notablement les capacités de résistance au stress. Les récidives sont plus rapides et souvent systémiques.
Les tenants d' une réflexion globale sur les mécanismes bio-comportementaux ne peuvent que se réjouir de ce genre d' approche.
Dr F.Dencuff

1er au 4mai 2008
le dessin de Cécile Bour: Comme à la télé

5 mai 2008
Sujet tabou
Toutes les maladies dont on parle sont-elles vraiment des maladies, ce qui a pour conséquence que des soins seraient effectués, à grand frais, pour ne rien soigner du tout ? Voici un éclairage pour ceux qui n'ont pas, ou qui n'ont plus, envie de gober n'importe quoi quand on agite le grelot de notre prétendue santé. Lire la LEM 547 de Gabriel Nahmani Exégèses des non maladies des non malades. Tout un programme pédagogique, en vérité.
Dr F-M Michaut

6 mai 2008
Y a-t-il un professeur dans la classe?
L'enseignement virtuel se développe de plus en plus et touche déjà toutes les formes du savoir ou de la formation. La médecine n'y échappe pas d'autant que les étudiants dés la troisième année ne fréquentent plus la Faculté préférant travailler à domicile. De fait, de nombreuses formes d' E-learning sont déjà proposées, le professeur pouvant " retoucher" son cours de son domicile ou répondre directement aux questions d'un étudiant. L'université virtuelle des métiers de la santé que propose FMM (LEM 544) est donc d'actualité, mais quid des enseignants qui ne sont pas en toujours en odeur de sainteté en Exmédie ? (1)
L'Université de Massey (Nouvelle-Zélande) a mis au point après 7 ans de travail un professeur virtuel (Eve). Ce personnage fictif permet le "tutorat affectif" (Affective Tutoring System) des élèves et fonctionne à partir d'une base de données de 3000 vidéos réalisées au cours d'enseignements classiques avec trois professeurs. Le comportement des élèves (gestuelles, paroles, expressions) qui a été analysé permet au professeur virtuel (Eve) de réagir en conséquence (voix, geste, attitude). Son inventeur le docteur A Sarrafzadeh déclare: "Quand nous témoignons d'une émotion devant quelqu'un, nous nous attendons à ne pas être ignoré". Eve pourrait avoir des applications dans de très nombreux domaines notamment de la Santé à moins qu'elle ne se laisse tenter par une pomme !
Dr B. Blaive

(1)NDLR : Et bien, en vérité, il existe chez les habitués d' Exmed un certain nombre de professionnels aguerris qui ne demanderaient pas mieux que de contribuer à de telles universités des métiers de santé.
Il suffirait simplement de le leur demander.

7 mai 2008
Bourse et testostérone
Je vous l' accorde le jeu de mots était facile... Le JIM du 22/04 se fait l' écho d' une étude de l' université de Rockefeller (état de New York) portant sur l' analyse de bilans hormonaux poussés chez les traders londoniens.
Plus ils sont bons, plus leur taux de testostérone est élevé. Outre le fait que la profession est essentiellement masculine, nous pouvons nous demander si le jeu en bourse ne ressemblerait pas à une partie de bras de fer entre costauds tatoués. A bien y regarder, pourtant, leurs physiques n' ont rien de comparable avec Stallone.
Plus inquiétant, dans les périodes de crise, leur taux de cortisol grimpe en flèche et semble affecter la rationalité de leurs choix. Autrement dit, ils ont de très mauvaises stratégies d' ajustement au stress.
Bref, vous confiez vos petites (ou grosses) économies à des hommes fragiles et que la surcharge hormonale incite à agir sans réfléchir. Peut-être une explication à la débâcle de la Société Générale.
Dr F.Dencuff

8 mai 2008
Médecine marchande
Sur EXMED, nous nous efforçons de défendre une certaine idée de la Médecine, une idée loin de toute préoccupation mercantile, une Médecine indépendante de tout pouvoir, qu'il s'agisse du pouvoir politique, de l'argent, et même de la science. Nous voulons que la Médecine soit et reste un art, pas un métier. Il faut croire que nous ne sommes pas assez lus, ou pas compris.. Car, à l'évidence, nos idéaux ne sont pas partagés par tous.
    Ainsi de cet article du Quotidien du Médecin de ce 29 avril: Sous le titre <<La santé banalisée>>, il nous brosse un tableau de la médecine de demain (c'est à dessein que j'écris médecine avec un m minuscule). Extraits choisis: <<La fin d'une exception?. . . Jusquà présent secteur d'activité << à part >>, loin des règles du business, la santé semble menacée de perdre par pans entiers son caractère protégé, quasi sacré. Avec les dossiers des médicaments en vente libre, de l'assouplissement des règles de gestion de l'hôpital public, de la possible embauche de médecins en CDI, les tabous tombent les uns après les autres. De rapports d'experts en usages établis, de campagnes publicitaires en réformes statutaires, Hippocrate vacille sur son piédestal. Pour le meilleur, aux yeux de certains. Pour le pire, s'inquiètent les autres (dont je suis, NDLA). [...] Et encore: <<Le savoir médical, tombé dans le Net. . . Avec Internet, la science médicale a perdu en partie pour le profane son caractère ésotérique. L'exercice a les biais et les limites que l'on sait, il n'empêche: une autre voie est ouverte que celle de la parole du médecin en matière de diagnostic, pronostic, traitement. Les cardiologues n'ont plus le monopole du coeur, de même que les néphrologues n'ont plus le monopole du rein. . . [...] Hippocrate a perdu de son aura, mais le développement des sites qui le concernent est aussi la preuve qu'il passionne les foules.>>.
    Voici donc la médecine qu'on nous propose pour demain. Une médecine instrumentalisée, déshumanisée, mécanisée, robotisée.
    Amis exmédiens mes frères et soeurs, soyons encore plus vigilants: "ils" veulent tuer la Médecine, nous ne voulons pas qu'elle meure. Alors, comme disent les politiques au lendemain d'une défaite électorale, le combat continue, et grâce à notre travail obstiné, nous allons la gagner. Et le Net nous y aidera, comme nous nous efforçons de le faire ici.
Docteur Philippe Deharvengt, alias le Père Igor

9 au 12 mai 2008
Le dessin de Cécile Bour: Vu et lu en salle d'attente


13 mai 2008
Médecins, modifions nos realtions, Lem 548
C' est une non médecin qui , courageusement, prend la plume pour oser nous dire qu' il serait grand temps pour nous de prendre en compte les évolutions récentes de nos sociétés. Elle nous reproche de continuer à considérer les patients comme une sorte de matière molle devant s' incliner devant nos connaissances des maladies et de leurs traitements. Il ne s' agit pas de vouloir surcharger encore un peu plus une formation déjà pléthorique, mais de chercher comment mieux soigner en faisant l' effort de nous mettre en phase avec ceux qui font appel à nous.
Nous savons tous à quel point certains malades nous ont appris beaucoup sur notre métier. Alors, si nous acceptions de réviser un peu nos conceptions traditionnelles, il est à parier que nous serions au moins aussi gagnants que nos patients.
Des lieux de formation plus ouverts comme les universités des métiers de la santé que nous avons proposé il y a peu ( LEM 544) seraient particulièrement adaptés pour un tel objectif.
A vous de lire la LEM 548 Odette Taltavull : Sortir des vieux cadres de références.
Dr F-M Michaut

14 mai 2008
Coordination
Comme toujours le sens étymologique de certains termes en dit beaucoup plus que le sens ordinaire. Coordination vient du mot latin ordiri : commencer à tisser.
Dans les 16 propositions du rapport Larcher ( au ministre de la santé NDLR), beaucoup peuvent être résumées en s' appuyant sur la coordination. Coordination entre les professionnels de santé, coordination entre les établissements de santé, coordination entre les administratifs et les médecins, coordination des différentes filières d' enseignement, coordination des différentes équipes de recherche…
Tout cela paraît bel et bon... sauf que le monde de la santé est tout sauf un espace de coordination. Du moins au sens premier : tisser. Il est plutôt le lieu du co-ordonner. Chaque acteur veut sa part de pouvoir et de reconnaissance alors que le seul à pouvoir et devoir l' exiger reste le patient. Comment réussir à tisser du soin pour envelopper le patient dans une étoffe taillée à sa mesure et permettant une véritable sécurisation de son parcours ?
Il n' existe qu' une seule manière : renoncer à vouloir à tout prix le pouvoir, renoncer à nos zones de privilèges. En serons-nous capables ? Il nous faut l' espérer car tôt ou tard nous serons de l' autre côté de la barrière et nous souffrirons nous aussi d' un manque total de communication et donc de coordination.
Dr F.Dencuff

15 mai 2008
Tempête dans un verre d'eau (de vie)
Fait brut : un ministre souhaitant agir contre les accidents routiers associés à la prise d' alcool propose une mesure pratique. Je dis bien associés et non comme on le répète sans le moindre semblant de preuve scientifique, causés par l' alcool. Demander aux débitants de boisson et patrons de discothèques de mettre à la disposition de leurs clients des éthylotests. Immédiatement nait un France, aiguisée par une presse à l' affût, une polémique. Nous sommes sommés d' être pour ou d' être contre ce dispositif. Pour des motifs liés à la scientificité de ce type de dépistage, à l' accessibilité psychologique de l' usage du fameux ballon, au fait que l' usage simultané de hachisch ou de cocaïne, si banal, rend la conduite extrêmement dangereuse même avec une alcoolémie conforme à la loi ?
Vous n' y êtes pas du tout, l' intérêt des personnes est bien le dernier souci des polémiqueurs. Il s' agit simplement d' utiliser systématiquement tout ce qui peut irriter les citoyens pour amener de l' eau à son propre moulin politique. Ivresse du pouvoir, quand tu nous tiens...
Dr F-M Michaut

16 au 18 mai 2008
Le dessin de Cécile Bour : Le médecin légiste

19 mai 2008
Informations de santé tronquées LEM 549
Nicole Bétrencourt, psychologue clinicienne, nous invite à regarder d' un peu plus près sur ce qui se raconte dans la presse grand public sur les médicaments antidépresseurs. Le titre de la LEM 549 Efficacité des médicaments antidépresseurs pose clairement une question qui intéresse bigrement le public comme tous les soignants. Manipuler les études scientifiques - aussi rigoureuses soient-elles - n' est pas une chose facile. Tout amateurisme, tout travail trop vite bâclé dans la mise à la disposition du public des résultats de ces études est potentiellement très lourd de conséquences sur la santé, et même ici sur la vie, des malades.
A vous de lire l' enquête de notre limier et d' apprécier que parler sérieusement de médicaments n' est plus en 2008 du domaine exclusif ni des médecins ni des pharmaciens. Remarquable progrès.
Dr F-M Michaut

20 mai 2008
Ne pas confondre Exmed et Exmed
Bruno Blaive, l' un de nos fidèles exmédiens, nous a signalé la présence sur la Toile d' une association utilisant comme nous le sigle Exmed. Vérification faite, il s' agit d' un groupe réuni dans le but de faire des expéditions médicales, surtout en haute montagne.
Le plus gênant est que la création de ce groupe date d' avril 2007.
Il y avait donc déjà dix ans que nous étions connus et reconnus sur le réseau des réseaux sous le sigle EXMED, comme l' aurait indiqué la moindre recherche effectuée sur un moteur.
Nous en avons avisé courtoisement par mail le président, et nous n' avons pas obtenu jusqu' à ce jour la moindre réponse.
Alors, annonceurs, soutiens, institutions et sponsors, si vous êtes sollicités par un Exmed pour obtenir des subventions, n' oubliez pas de bien vérifier qui vous tend la main ainsi. Si l' adresse du site n' est pas exactement http://www.exmed.org - org comme organisation à but non lucratif pour être parfaitement clair - vous n' avez tout simplement pas affaire à nous !
Il va de soi que nous n' avons rien de commun avec les personnes de cette toute jeune association, qu' on se le dise dans les chaumières de la Toile.
Dr F-M Michaut

21 mai 2008
Dodo!
L' INPES ( institut national de prévention et d' éducation pour la santé dépendant uniquement du ministère ) a publié en mars dernier les résultats de l' enquête sur les représentations, les attitudes, les connaissances et les pratiques du sommeil des jeunes adultes en France. Cette enquête s' inscrit dans le cadre du Programme d' Actions sur le Sommeil initié par le Ministère de la santé en janvier 2007. L' État se penche donc maintenant sur nos nuits.
La majorité des personnes interrogées (entre 25 et 45 ans) reconnaissent que le sommeil est bon pour la santé mais 17% d' entre elles ont une dette de sommeil importante et 12% sont insomniaques.
Quelques règles simples ressortent de cette étude :
Calculer l' heure du coucher en fonction de celle du lever (pour profiter pleinement des 7h30 de sommeil déclarées suffisante par la majorité des sondés ).
Éviter de déréguler la durée de sommeil régulièrement le week-end ou pendant les vacances.
S' endormir avant minuit.
Éviter de regarder la télé ou de rester scotché à son ordinateur juste avant d' aller se coucher.
Bouquiner quelques minutes pour se détendre avant de s' endormir.
Éviter de prendre des excitants après 17 h
Près de 13% des personnes interrogées prennent des « produits pour aider à dormir » et 54% d' entre eux des psychotropes.
Beaucoup de personnes se plaignent d' être dérangées pendant leur sommeil et bien entendu les répercussions sur l' activité diurnes sont importantes : impact négatif sur le caractère, l' humeur, la capacité de concentration, les relations avec les autres.
Nous ne pouvons que nous réjouir de l' attention que nos grands administrateurs prennent de notre repos. Alors, à quand l' arrêt des programmes télé à 23h30, la condamnation de tous les harceleurs au travail, la vérification des surfaces de nos chambres pour ne pas être dérangés par nos ronfleurs préférés, la mise à l' index de tous les parents incapables de faire dormir leurs enfants à une heure correcte... ? Bref, mettre en lumière un problème de santé publique exigerait peut-être de prendre de réelles mesures pour le résoudre.
A moins qu' une société de zombies ne soit finalement - politiquement - préférable...oui mais des zombies avertis !
Dr F.Dencuff

23 au 25 mai 2008
Le dessin de Cécile Bour: Tout craché

26 mai 2008
Ordinaire vérité, LEM 550
Mais pourquoi donc les médecins généralistes ont-ils tellement tendance à vouloir fuir leur cabinet ? La pénurie actuelle révélée par la presse de candidats praticiens en banlieue parisienne a-t-elle la moindre chance d’être enrayée par le seul versement d’argent qui semble prévu par les autorités ? Et bien, Tony Lambert, jeune généraliste encore, va nous détailler sans la moindre exgération certains aspects de sa pratique. Ordinaire d’une journée ordinaire, notre LEM 550 mérite la lecture. Il ne s’agit, prise une par une, que de petites choses pas vraiment dramatiques, pouvez-vous dire. Mais, comme la goutte d’eau du célèbre supplice chinois tombant sur le front, la répétition quotidienne et incessante de ces attaques de la personnalité professionnelle a un effet destructeur certain sur la façon dont le médecin se sent perçu et finit même par se percevoir lui-même.
Le généraliste est une espèce fragile en voie d’extinction rapide. Continuer de tirer dessus à boulets rouges, qui que l’on soit, c’est se condamner soi-même à être mal soigné. Car la maladie nous touche tous un jour ou l’autre et, sans un guide compétent et cultivé pour nous aider à nous orienter dans un univers médical de plus en plus complexe, nous serons en très grand risque de nous trouver livrés aux charlatans qui fleurissent comme jamais dans notre monde de la santé.
Dr F-M Michaut

27 mai 2008
Les prisons françaises encore et encore...
    L'affaire est récurrente. Les prisons françaises "poubelles de la République", les particularités de la pratique médicale en milieu carcéral, sujets moult fois évoqués sur ce site par votre serviteur. Quinze années d'exercice médical en milieu carcéral, cela laisse forcément des souvenirs indélébiles. Qu'on veuille bien me pardonner, mais, encore une fois, l'actualité commande. L'actualité, aujourd'hui, est dans le Bulletin de l'Ordre des médecins n°5 de mai 2008. Et justement sous le titre "la grande misère de la médecine pénitentiaire".
    A la lecture de cet article, je constate avec amertume que peu de choses ont changé depuis mon départ à la retraite le 31 mars 2000. J'avais écrit la quasi totalité de ces vérités dans l'article ci-dessous: 
 http://www.souverains.qc.ca/laprison/medecin2.html
    Alors, quid novo sub sole ? Est-ce nouveau d'écrire: <<La prison demeure un lieu de non-respect de l'accès aux soins, de la protection de la santé et de la dignité de la personne détenue, notamment de la personne malade, handicapée ou en fin de vie>>? Et encore: <<La médecine pénitentiaire est organisée en deux secteurs indépendants, qui communiquent très peu entre eux. D'un côté la "santé physique", prise en charge par les 250 généralistes et spécialistes "équivalents temps plein" des unités de consultations de soins ambulatoires (UCSA). De l'autre, la "santé mentale", qui relève des services médico-psychologiques régionaux (SMPR) et <<tourne>> avec 175 psychiatres "équivalents temps plein". [...]>>. Tout cela, et seulement cela, pour une population carcérale d'environ 60000 détenus. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que le pauvre généraliste que j'étais se voyait souvent contraint d'assumer des urgences psychiatriques hors créneau horaire du SMPR . . .
    Ce qui est nouveau: Un essai de nouvelle approche de la prise en charge des récidives, en matière de crimes et délits sexuels. Mais cela n'est pas sans poser de très graves problèmes d'éthique médicale. <<L'injonction de soins difficilement applicable [...]. Les relations entre le personnel pénitentiaire et les médecins sont souvent tendues. Le respect du secret médical n'est pas toujours bien perçu par l'administration. [...].>>. L'obligation pour le praticien de signaler le refus de soin d'un détenu condamné à une injonction thérapeutique est incompatible avec la déontologie médicale.
    On en reparlera, je le crains.
Dr.Ph.Deharvengt, évadé de la Pénitentiaire

28 mai 2008
Les évolutions de la relation médecin-malade
Nous avons reçu à la rédaction un nouvel ouvrage qui semble aller dans le sens des préoccupations sur l' humanisme médical exprimées sur ce site. Son auteur , professeur de cancérologie à Bordeaux, n' est pas un inconnu pour nous. Bernard Hoerni, nous nous en souvenons, a bien voulu manifester son intérêt pour nos publications, et en particulier pour notre idée d' organiser de nouvelles universités régionales des métiers de la santé ouvertes à tous les soignants.
Le titre de l' ouvrage est tout simplement : La relation médecin-malade, avec comme sous-titre L' évolution des échanges patient-soignant. C' est une somme très documentée de 288 pages, avec de multiples références, pour montrer pourquoi et comment la relation thérapeutique est en profonde mutation.
Il est très significatif du faible intérêt général pour ce sujet central de la pratique médicale que l' auteur, pourtant fort connu de toute la profession et de tous les pouvoirs, ait été obligé de faire appel à un petit éditeur courageux pour que ce livre paraisse. Cet ouvrage "n' intéresse personne" en a-t-on dit ? Et bien on ne connaît pas partout les exmédiens, et tous ceux qui veulent bien leur accorder un certain crédit.
Vous trouverez cet ouvrage paru en avril 2008 aux Éditions Imothep Medecine Sciences http://www.imothep.com
Et nous consacrerons naturellement une analyse détaillée de ce livre dans une prochaine LEM.
Dr F-M Michaut
NDLR : Demain jeudi 29 mai , exceptionnellement, sera mis en ligne le dessin de fin de semaine habituel de Cécile Bour.

29 au 1er Juin 2008
Le dessin de Cécile Bour: le patient misanthrope

2 juin 2008
Plaidoyer pour l'imagination, Lem 551
On a vite fait de qualifier des maux d' imaginaires quand on met en doute leur réalité.
Alors comment s' étonner que la médecine, se voulant de plus en plus scientifique et technique, se méfie de cette imagination qualifiée jadis de "folle du logis"?
Bruno Blaive, avec sa LEM 551 L' imagination perdue, ou un exercice sans imagination nous démontre - avec un auteur fort oublié - à quel point nous faisons fausse route quand nous mettons à la porte cette auxuliaire indispensable d' un exercice médical de qualité.
Que nos lecteurs qui ne suivent pas très facilement cette mise au point qui va à l' encontre de ce qui se dit partout de la médecine en retiennent seulement une idée.
L' exercice médical est un monde très compliqué pour ceux qui le pratiquent. Toutes les simplifications qui sont largement répandues par des médias aux enquêtes superficielles sont fausses, et trompeuses pour les lecteurs pressés et avides de certitudes. Imagination et rigueur scientifique ne sont pas des ennemies, mais des alliées de toujours.
Dr F-M Michaut

3 juin 2008
Les jeunes avec les vieux
Nos anciens, l'air faussement patelin, nous affirmaient le contraire. Les jeunes avec les jeunes, les vieux avec les vieux. Des chercheurs en biologie de l'université de l'Iowa et du Winsconsin ( USA ) ont publié une étude ( Martine Perez, Figaro du 28 mai) sur les mouches drosophiles. Le fait de vivre en colonies avec des individus plus jeunes augmenterait leur longévité. Ce n'est ni leur dénomination d'amatrices de rosée ( au féminin) ni , ceci n'ayant rien à voir avec cela, d'être dites de vinaigre qui semblerait en cause.
Ce que nous ne savons pas cependant, c'est si les jeunes vivant avec des sujets plus âgés ont une modification, dans un sens ou dans un autre, de leur longévité.
Enfin, il est peut-être prudent d'attendre quelques études complémentaires avant de vouloir développer massivement des crêches-maisons de retraite.
Enfin, et n'en prenez pas la mouche pour autant, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des diptères de laboratoire.
Dr F-M Michaut

4 juin 2008
On en parle en Autriche
Depuis quelques semaines les médecins sont soumis à deux nouvelles obligations, qui font couler beaucoup de salive. En Autriche, l'assurance maladie assure directement le paiement des actes médicaux aux praticiens et des médicaments aux pharmaciens. Comme ailleurs, les autorités cherchent à juguler des dépenses en constante augmentation. Pour lutter contre des abus constatés, les médecins doivent signer à la fin de chaque consultation un certificat comportant le nom du patient attestant qu'il a effectué un acte le concernant. Ceci afin de prévenir la facturation de consultations fictives ou pour des personnes non autorisées.
Par ailleurs, les prescriptions doivent être maintenant effectuées en utilisant la dénomination commune internationale des médicaments ( différente de la dénomination commerciale ) , le pharmacien ayant toute latitude pour choisir à sa guise le laboratoire fabriquant adapté. Ceci est destiné à soustraire les praticiens de la pression commerciale des laboratoires pharmaceutiques.
Les débats sur la pertinence et l'efficacité de ce plan politique sont très vifs dans les milieux médicaux comme chez les citoyens.
Affaire à suivre:
Dr F-M Michaut

5 juin 2008
Enfin une expression médicale
Le journal L’Humanité d'hier ( in Mediscoop du 4 juin), évoquant le sujet santé et finance, titre : « Les médecins français interpellent le gouvernement »
Quatre syndicats de médecins libéraux ainsi que l'ordre national demandent au gouvernement de " protéger la santé des appétits financiers" en réponse à une demande de l'Europe de modifier la loi pour ouvrir aux financiers le capital des sociétés d'exercice libéral.
Dans un commuiqué unique, ce qui est vraiment exceptionnel, ces médecins osent enfin proclamer : " la santé ne doit pas devenir une marchandise livrée aux spéculations financières".
Saluons comme il se doit ce message qui reprend, avec beaucoup de pertinence, nous ne pouvons pas dire le contraire,celui que nous ne cessons de répéter depuis dix ans sur ce site. Puissions-nous tous être enfin entendus de ceux qui ne savent pas rêver d'autre chose que d'économie de marché et de loi de profit maximum pour nous autres, les si fragiles et si vulnérables humains.
Dr F-M Michaut

6 au 8 juin
Le dessin de Cécile Bour : Le patient ami des bêtes

9-10 juin 2008
Sous couvert d'urgence LEM 552
Depuis des décennies, les hôpitaux en France, avec la complicité souvent bien passive des médecins géneralistes, ont massivement mis la main sur le domaine bien particulier des urgences médicales.Une récente initiative d'un des praticiens les plus courtisés par les médias mérite qu'on prenne quelques instants pour se poser quelques questions sur l'évolution de nos pratiques médicales, et sur la nature des relations avec les usagers de notre système de soins. Francoise Dencuff attend - sans que cela constitue cependant une "urgence"- votre lecture et votre critique personnelle de sa LEM 552 Urgence!
Dr F-M Michaut

11 juin 2008
Patrimoine bactérien
Les produits ménagers ne cessent de vanter leurs propriétés bactéricides. Sans doute persuadés que les microbes sont mauvais pour la santé, les consommateurs se précipitent sur ces tueurs de bactéries. Science et Vie de mai 2008 n' y va pas par quatre chemins : « après le décryptage du génome [ humain, ndlr] , la science se lance un autre défi : établir notre profil bactérien, véritable carte d' identité biologique de l' humanité ».
Environ un millier d' espèces bactériennes se logent en nous. Et interagissent avec notre fonctionnement, pas seulement en cas de maladie. Car 95% de ces petites bêtes, encore mal connues, nous seraient bénéfiques.
Il y a là tout un champ de recherche important à explorer pour mieux comprendre la santé et la maladie. Le premier acte est de dresser en quatre ans le patrimoine génétique des 2,5 millions de gènes que comporteraient nos minuscules compagnes.
Pour voir beaucoup plus large, il faut parfois savoir regarder infiniment plus petit.
Dr F-M Michaut

12 juin 2008
Juteuse taurinomanie
Depuis janvier 2008, il est interdit de fumer dans les cafés et restaurants et les bureaux. Interdiction qui aurait eu en quelques semaines l' effet de diminuer miraculeusement les risques liés au tabac sur la santé.
La consommation d' alcool et de cannabis s' est banalisée parmi les jeunes. Il y aurait près de 23 000 décès liés à la consommation d' alcool. Pour enrayer ce fléau, la MILDT propose d' interdire la vente de bouteilles en boîte de nuit et les Happy Hours.
A côté d' excellentes initiatives de médecine préventive, il semblerait que les "Dieux du Principe de Précaution" soient tombés sur la tête.
Après les flonflons des bals populaires du 14 juillet, le 15 juillet prochain, une boisson non alcoolisée, réputée un feu d' artifices énergisant parmi les jeunes, interdite en France depuis une douzaine d' années, débarque dans l' hexagone. Son nom porteur de tous les fantasmes honore les dieux et déesses de l' olympe du marketing : Redbull (à traduire par le taureau rouge). Une légende urbaine dans le sud de la France raconte que ce soda contiendrait de l' extrait de testicule de taureau. C' est une fausse rumeur digne d' un hoax. Le taureau rouge est fabriqué en Autriche à Salzbourg. Il contient de la taurine et d' autres ingrédients comme un litre de caféine par canette à peu près, des vitamines psychostimulantes. Sa commercialisation en France en juillet a créé la polémique entre le ministère de l' économie et le ministère de la santé. L' institut de veille sanitaire (InVS) a reçu une mission de suivi pour recueillir les risques liés à la prise de cette boisson énergisante aux fins d' étayer le dossier technique jusque là très mince sur le plan scientifique. Il y aurait de fortes « suspicions de décès liés à la consommation de cette boisson en Suède et en Irlande, ainsi que des cas de neurotoxicité ».
Redbull, en vente libre en Belgique, est souvent mélangé à de la vodka ou d' autres alcools forts. La taurine, substance produite naturellement dans le corps, ingérée à grandes doses peut produire une accélération du rythme cardiaque, et une augmentation de la tension artérielle. La taurine en vente libre est connue comme un produit dopant dans les milieux du cyclisme, et est parfois administrée à des enfants débutant en compétition pour les booster. Quant à la caféine, le DSM IV définit le cortège des nombreux troubles liés à l' intoxication à la caféine notamment des troubles anxieux, des troubles du sommeil, de la fébrilité, des pensées et un discours incohérents, une agitation psychomotrice. Le cocktail autrichien modifie l' activité cérébrale, et est susceptible d' induire des états maniaques (troubles de l' humeur sévères) relevant de la psychiatrie. Lors d' une émission radio de RTL, le Dr Philippe Batel, alcoologue, a mis en garde les auditeurs en informant que « cette boisson masque la fatigue » et que la taurine présente de réels dangers cardio-vasculaires répertoriés dans des études. Il se montre sceptique sur le bien-fondé d' une telle autorisation de commercialisation, et a cité l' avis défavorable de l' AFSSA émis en 2006.
La morale de cette autorisation de mise en vente sur le marché semble gouvernée par le principe économique. La France aurait voulu éviter un procès avec la société autrichienne, ayant pu être condamner à verser à la société autrichienne la somme de 300 millions d' euros.
En effet, le fortuné P.D.G autrichien, Dietrich Mateschitz, aurait pris ombrage du refus obstiné de notre pays, et aurait déposé une plainte contre lui car sa boisson - censée augmenter les performances et l' intelligence - est commercialisée dans 25 pays sur les 27 que compte l' union européenne.
Depuis la levée d' interdiction, la société autrichienne se montre pleine d' égards pour la santé des Français. Elle s' est engagée à mettre une étiquette de mise en garde qui déconseillera la boisson aux enfants et aux femmes enceintes. Un moindre mal quand on sait que la cible commerciale de Redbull est celle des adolescents.
Le Redbull contenant de la taurine semblerait être le chef de file d' une génération de philtres hyper-énergisants à la mesure des hyper-profits faits sur le dos de la santé des consommateurs. Une publicité d' un grand torréfacteur industriel pour « qui le café c' est de l' or noir » vante la future commercialisation d' un café contenant de la taurine. La photo de son packaging laisse présager qu' il sera à filtrer dans une cafetière !
Nicole Bétrencourt

13 au 15 juin 2008
Le dessin de Cécile Bour: Greffe de charisme

16 juin 2008
Normalisation sanitaire écrasante LEM 553
Nouvelle religion que celle qui nous serait imposée, avec comme devoir majeur celui d' accéder à un état de santé de plus en plus parfait ? Françoise Dencuff conduit son investigation très personnelle sur les mécanismes qui peuvent sous-tendre cette sorte de dictature discrète dont les médecins, et tous les soignants dans leur sillage, sont de très actifs complices. Ne pas nous laisser manipuler dans ce genre d' entreprise, non dénuée d' arrières pensées très lucratives, voilà ce que nous suggère la LEM 553 au discret parfum maritime : Corps-mort. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut


17 juin 2008
Du Gendarme au Médecin…malgré lui
Ah ! Mr de Funès, je devrais vous en vouloir. Ce titre était le mien, ne vous en déplaise. Mais à la lecture, je dois bien avouer que votre humour décapant et féroce est bien plus efficace que ma volonté de dénonciation.
Rien ne vaut la dégustation de quelques passages de votre prose :
La simplicité des études médicales était la conséquence de la guerre sans merci que les nouveaux énarques avaient déclarée aux médecins, lesquels leur raflaient des sièges de députés un peu trop facilement à leur goût. Leur art de vivre, leur culture, l’estime que leur portait le peuple les indisposaient au plus haut point. Les technocrates, en vue de les faire tomber de leur piédestal, mirent au point un plan astucieux : si on quadruplait le nombre des docteurs, leurs revenus diminueraient d’autant, et ils perdraient alors de leur superbe. […] La dilution de l’espèce médicale aurait eu encore de belles années devant elle sans l’apparition d’un dérapage extravagant des dépenses de santé.
Les énarques inversèrent alors leur stratégie : s’inspirant des vétérinaires, ils construisirent un barrage quasi infranchissable pour le passage de première en deuxième années […] Nous apprécions aujourd’hui, dans toute leur splendeur, les effets de cette politique ingénieuse. Ainsi le médecin généraliste est devenu un simple robot de compagnie à visage humain. Il passe son temps à monter et à descendre les escaliers. Rien ne lui est épargné : les cocufiages, les récits de doigts baladeurs… Et quand il ne prête qu’une oreille lointaine à ces déballages, on l’accuse d’inhumanité. Une situation tellement déplorable qu’on vient de mettre sur pied un plan de réintroduction de médecins de campagne, copié sur celui des ours slovènes…
Je passerai sur la description des fonctions du Conseil de l’Ordre mais ne résiste pas à celle de la formation :
La corporation médicale prétend que le modèle aéronautique est inapplicable chez elle, tout simplement parce que ceux qui se considèrent comme l’élite – les professeurs – n’accepteraient sous aucun prétexte les conseils d’un médecin du privé. Aussi, et surtout, parce que les commissions diverses, les syndicats et le conseil de l’ordre sont majoritairement aux mains de courtisans d’avantage préoccupés par les dîners en ville que par leurs malades. […] La formation continue des médecins revient sur le tapis depuis des lustres, mais rien de bien convaincant. L’une des dernières trouvailles en date serait copiée sur le système du permis à point. D’éminents praticiens distribueraient de bons points, gagnés par des activités ludiques aux vertus pédagogiques : Je me suis abonné à six revues médicales – deux points, je suis parti pour l’ile Maurice assister à un congrès – vingt points…
Un petit dernier pour vous donner envie : comment devenir un médecin médiatique.
Un médecin doué peut à lui seul remplacer une équipe de foot, s’il sait exploiter l’agonie, la douleur et le drame. […] La tumeur maligne – surtout si elle est cérébrale et touche un enfant – est très porteuse. C’est un incomparable vecteur d’émotions, donc d’audimat, donc de recettes. Cependant les chaînes n’engagent pas le premier venu : il faut avoir le bon profil. […] Il ne doit pas afficher d’optimisme outrancier : seules la terreur paie, qu’il en soit convaincu. Personne ne lui reprochera jamais des statistiques alarmistes […] Pour s’imposer dans l’univers télévisuel, il est vivement recommandé que le nouveau venu se mette en ménage avec une personnalité en vue…
Vous l’aurez compris personne n’est épargné même pas les patients. Précision utile, Mr Patrick de Funès a résilié son inscription au conseil de l’ordre avant la publication. Le rire est parfois fort proche de la rage et des larmes tant les situations évoquées nous rappellent de « bons souvenirs ».
Si le cœur vous en dit la suite dans : Médecin malgré moi de Patrick de Funès au Cherche Midi.
Dr F.Dencuff


18 juin 2008
De la tête aux pieds . . .
   <<Où l'on incite vos patients à aller à l'hôpital...[...]... et où on les incite également à se déchausser dans votre cabinet ! >>
    C'est dans "le Point" du 11 juin, cité par "Jim" du 12 juin. Grosso modo, on nous dit que si nous avons "mal à la tête", il faut consulter au centre d'urgence des céphalées de l'hôpital Lariboisière. Ce centre, ouvert en 2000, draine des céphalagiques de tout l'Hexagone: on y recense 38% de Parisiens, 53,8% de Franciliens, et 7,4% de Provinciaux. Et le "pic" hebdomadaire de fréquentation se situe le lundi.
    Par ailleurs, il est rappelé dans le même hebdomadaire que très peu de professionnels de santé demandent à leurs patients de se déchausser, seuls les pédicures-podologues le font, et découvrent des lésions parfois désastreuses, essentiellement chez les diabétiques.
 
    Voilà deux constatations qui portent à s'interroger sur le rôle accordé aujourd'hui au médecin généraliste. La prise en charge d'un "mal de tête" relèverait-elle de la seule compétence d'un service hospitalier spécialisé? Et l'examen attentif du pied ne fait-il plus partie de la prise en charge du diabétique par le médecin traitant? Le pauvre médecin de famille doit-il désormais limiter son activité à prescrire un arrêt de travail pour permettre à son patient d'aller montrer sa tête à l'hôpital le lundi et son pied au pédicure-podologue le jeudi, ce qui fera un arrêt d'une semaine?  
 
NDLA : Si vous êtes diabétique et que vous avez mal à la tête, lavez-vous les pieds, allez consulter votre médecin et ôtez votre chapeau pour le saluer. "Parce qu'il le vaut bien" ! . . .
 
Dr Ph.Deharvengt, le Père Igor

19 juin 2008
Incurie ordinaire
Il est parfois fort instructif de lire les rapports de la Cour des Comptes. Le rapport public sur la mise en œuvre du Plan Cancer est édifiant. ( Source http://www.ccomptes.fr/ )
Outre bien entendu les rappels constants au poids financier du cancer (perte de production en activités rémunérées marchandes de 0,5 Md' € par an par arrêt de travail) et l' objectif quantitatif (réduire la mortalité par cancer de 20% en 5 ans … difficilement évaluable à la clôture du Plan), nos grands comptables rappellent les objectifs budgétaires :
pour la prévention et le dépistage : plus 70% en 5 ans,
pour les soins : « mesures nouvelles » de 100 Md' € en 2003 à 500 Md' € en 2007.
Ces fameuses mesures ont bénéficié aux établissements sans que leur répartition ait été précisée. Pas d' objectif financier pour la recherche. Ce plan devait être financé par la hausse des droits sur le tabac…aucune mise en œuvre. Le ministère de la santé a reconnu lors de ces réunions «l' imprécision totale» des données financières. Quatre ans plus tard, l' INCa notait à juste titre qu' au plan financier l' impact réel du plan reste flou.
Aucun tableau de bord ni de méthodes constantes et fiables d' évaluation des dépenses. Elles ont souvent été inférieures aux crédits délégués et parfois comptées en double dans les comptes rendus du plan cancer et ceux du plan hôpital 2007. Et la DHOS ( direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins) a attribué au 3 mars 2008, 7 M d' € au titre du plan cancer…qui a pris fin en décembre 2007. C' est l' INCa ( institut national du cancer ) qui avait la responsabilité du suivi…il s' en est exonéré et la tutelle ne lui a rien demandé.
Comble de l' absurde il est probable que des mesures du plan ont contribué à accroître des charges, en augmentant les consultations et les actes, et qu' il a inversement engendré des économies à moyen ou long terme; mais cela n' a aucunement été évalué.
Bref non seulement l' argent dégagé par l' augmentation des droits sur le tabac est passé… ailleurs mais la plupart des sommes allouées au plan cancer ont surtout servies de provisions dans les comptes des établissements hospitaliers allégeant de fait leurs difficultés de trésorerie avec parfois la complicité bienveillante des ARH ( agences régionales de l'hospitalisation ).
Concernant l' efficacité de la MILC (mission interministérielle de lutte contre le cancer) le commentaire est éloquent : Ce fut davantage un relais politique du ministre chargé de la santé, à haute visibilité, qu' une instance opérationnelle. L' élan interministériel qu' elle entretint ne lui survécut pas…Mais bonne nouvelle elle n' a dépensé que le 1/3 des 3 Md' € alloués sur trois ans. Pourtant ce ne sont pas les dérives qui manquent : Une agence de communication se fit payer plus de 140 000€ sans marché ni examen des prix unitaires. Cela incluait 2 750€ pour le portrait photographique de la déléguée…etc.
Quant à l' INCa, opérateur de l' État qui conduit et anime tout ou partie d' une politique publique…il n' existe toujours pas de contrat avec lui. L' INCa a pris ses distances avec le plan cancer et fait maintenant cavalier seul et ses comptes ne sont pas publiés…
Dans sa conclusion la Cour des Comptes relève les avancées concernant la pluridisciplinarité et les procédures d' agréments mais insiste sur l' absence d' évaluation globale, auquel il est prévu que le Haut conseil de la santé publique remédie en 2008. Une des dernières phrases est édifiante : Plus généralement, de ces limites et carences dans l' ingénierie de la conception et de la mise en œuvre du plan cancer, l' État devrait tirer des leçons, en termes de modernisation de son fonctionnement et de gouvernance des plans de santé publique.
Dont acte !?
Dr F.Dencuff

20 au 22 juin 2008
Le dessin de Cécile Bour: Synthèse d'une thèse

23 juin 2008
La science de la rencontre thérapeuthique, Lem 554
Il fallait bien un jour s' atteler à cet énorme chantier. Non, il ne suffit pas du tout de maîtriser le contenu scientifique et technique d' un métier des soins de santé pour apporter aux patients une aide de qualité quand la maladie entre dans notre vie. Non, cela ne vient pas tout seul en suivant le seul exemple des plus anciens, avec l' expérience, comme on dit. Non, il ne suffit pas d' un peu de générosité et de beaucoup de bon sens pour être un bon médecin, ou tout autre professionnel de la santé.
Oui, il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Alors quand un livre paraît pour nous apporter des éléments précis pour mieux comprendre, expliquer, transmettre et améliorer la relation soigné-soignant, nous ne pouvons pas le passer sous silence ici.
Embarquez avec nous pour la LEM 554 "Cultivons notre soignitude", vous ne regretterez pas la croisière vers ce continent pas assez connu.
Dr F-M Michaut

24 juin 2008
Et l'imprégnation de nos cousins
Qui ne connaît pas les célèbres oies de Konrad Lorentz le suivant partout, qui a été le père de l' éthologie moderne ( science des comportements animaux) ? Certes son origine autrichienne et les sympathies qu' on l' a accusé d' avoir entretenu dans sa jeunesse avec le parti nazi font qu' il est peu cité. Il a démontré qu' à un certain moment du développement du tout jeune animal, l' adulte de référence ( de même espèce ou non) qui se trouve le plus proche de lui se trouve investi d' un lien aussi fort que durable.
Mais quand on apprend ( Le Parisien du 20 juin) que deux chaînes de télévision Baby TV et Baby First se sont spécialisées dans les programmes pour les enfants de moins de trois ans en affirmant offrir un contenu adapté aux bébés, quasiment un outil éducatif, comment ne pas trembler ?
Certes le ministère de la santé et plusieurs psychiatres de l' enfant montent judicieusement au créneau, mais est-ce suffisant ?
Nous sommes en présence de comportements dictés par le seul appât du gain, tant les jeunes parents avides de bien faire, comme ceux qui sont excédés par les pleurs et autres manifestations bruyantes de leur progéniture constituent un public fragile et vulnérable.
Nous n' osons pas imaginer l' avenir des petits d' hommes privés par une machine à sous du seul ciment qui leur permet de mener à son terme leur formation d' êtres humains : la relation immédiate constante avec d' autres personnes. De terribles mots comme celui de crime contre l' humanité surgissent dans nos esprits.
Dr F-M Michaut

25 juin 2008
Un peu de clarification SVP
Selon Mediscoop du 20 juin citant le quotidien Libération
« Les médecins hospitaliers inquiets de se voir privatisés »
Sous le slogan « Sauver l'hôpital public ! », une pétition circule qui compte « déjà plus de 200 noms, en majorité ceux des médecins de l' Assistance Publique de Paris, en guerre contre «l' hôpital entreprise» .
Il y est dit : « L' hôpital public a subi plusieurs attaques : pénurie de personnel médical, manque d' infirmières, sous-financement délibéré par la tarification dite à l' activité, limitation abusive de l' enveloppe budgétaire nationale ».
« Résultat : le déficit programmé des hôpitaux dépasse, comme prévu, les 350 millions d' euros », notent les signataires.
Ces derniers ajoutent : « Certes, les hôpitaux doivent améliorer leur organisation et leur efficience, mais les réformes en cours vont entraîner une privatisation progressive de l' hôpital public ».
Toute opinion est respectable dans la mesure où elle ne tombe pas dans la contradiction. Car si nos confrères redoutent autant que cela la privatisation des hôpitaux publics, qu' ils nous expliquent alors pourquoi ils n' ont pas la moindre intention de renoncer à leur droit de se constituer une clientèle privée, dûment et durement taxée de dépassement d' honoraires payés de la main à la main par les patients du secteur public, de montants parfois disproportionnés ?
Allez, un petit séjour du côté de notre charte d' Hippocrate LEM 532 ne serait pas inutile pour tout le monde.
Dr F-M Michaut

26 juin 2008
Hypo-remboursements de médicaments
Une fois de plus notre brave Sécu nationale est contrainte de nous annoncer un xième plan destiné à réduire son déficit financier.
Cette fois ci, on s' en prend aux malades reconnus comme atteints d' une affection de longue durée, dûment encadrée et contrôlée par les médecins conseils de l' assurance obligatoire. Il s' agit, nous indique la presse, de ne plus rembourser intégralement tous les produits pharmaceutiques.
Levée de bouclier des associations de malades, mais aussi de ceux qui font remarquer que 8 millions de Français n' ont pas les moyens de s' offrir une mutuelle et sont en grande difficulté pour se soigner quand le taux du ticket modérateur est aussi élevé.
Une fois de plus, on se précipite sur la solution la plus immédiate sans se demander pourquoi les médecins en France prescrivent tant de médicaments, par exemple en comparant la situation avec nos voisins européens. Il est profondément anormal que tout acte médical chez nous se clôture par la prescription d' une liste de médicaments ou de nouveaux examens paracliniques à effectuer. Il n' est pas digne de notre tradition de grande médecine, presque toute la presse médicale soit chez nous soumise à l' industrie du médicament qui la finance. Il n' est pas acceptable que l' ensemble des formations médicales soit sous la coupe de la même industrie.
Notre enseignement qui se moque comme d' une guigne de tout apprentissage sérieux de la relation médecin-malade ouvre un tapis royal aux seuls intérêts du monde pharmaceutique. Qui nous le dit, qui s' en émeut ?
Former enfin des médecins qui auront appris, ou peuvent encore apprendre s' ils sont en activité, en quoi consiste vraiment leur métier et les façons dont il ne doit plus jamais être pratiqué, voilà ce que la Sécurité sociale devrait exiger au nom de leurs assurés de nos gouvernements bien trop occupés par le très court terme.
Dr F-M Michaut

27 au 29 juin 2008
Le dessin de Cécile Bour: Quand sa mort n'existe pas

30 juin 2008
Le sens de nos soins de santé LEM 555
Ce n' est pas pour rien que Françoise Dencuff confie au messager Internet ce Plaidoyer
pour qu' il finisse par pénétrer les multiples barrières qui enferment les sphères présidentielles de tous les bruits extérieurs.
Nous avons tous constaté à quel point l' incapacité de comprendre la véritable dimension humaine et bien quotidienne a constitué régulièrement une pierre d' achoppement pour toutes les entreprises politiques. La récupération du slogan de la santé dans le champ des promesses gouvernementales, sans véritable analyse de son contenu réel - dont la dimension échappe à toutes nos élites technocratiques - ne fait encore qu' aggraver les choses. Et, au bout du compte, tous, citoyens, malades, professionnels de la santé, administrateurs institutionnels et hommes politiques se trouvent perdants, déçus et amers.
Un tel défi vaut bien, messieurs les puissants, de consacrer quelques minutes à lire cette LEM 555 et à s' en imprégner. Et ne sautez pas immédiatement à la fin, vous n' y trouverez ni remède miracle, ni proposition d' action, ni demande d' argent. Exmed est assez indépendant de tout pouvoir pour s' offrir ce luxe exceptionnel.
Dr F-M Michaut

Accéder au troisième trimestre 2008

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